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Bordeaux : reconnue coupable du meurtre de son nouveau-né, une infirmière condamnée à trois ans de prison ferme

 L' avocat général Xavier Chavigné / © France 3 Aquitaine
L' avocat général Xavier Chavigné / © France 3 Aquitaine

La cour d'Assises de la Gironde a condamné une infirmière de 50 ans à trois ans de prison ferme. Elle a été reconnue coupable du meurtre de son nouveau-né, dont le corps avait été retrouvé dans une corbeille à linge du domicile familial de Saint-Jean-d'Illac.
 

Par MK avec Elise Galand

Patricia C. a été reconnue coupable de meurtre sur mineur de moins de quinze ans. La justice n'a pas voulu aller dans le sens des différents experts qui se sont succédés à la barre pendant ces derniers jours.
Tous avaient pourtant défendu l'altération profonde et aiguë du discernement de l'accusée au moment des faits, et estimaient que cette dernière avait souffert d'un déni de grossesse.
 

"Elle ne pouvait pas ne pas savoir"

La cour d'Assises de Gironde l'a condamnée à trois ans de prison ferme ce mardi. Plus tôt dans la matinée, l'avocat général avait requis cinq ans de prison, balayant les observations des spécialistes.

"Le déni de grossesse ne doit pas être un déni de Justice, a-t-il asséné. Sa qualité d'infirmière spécialisée en néonatologie me fait dire qu'elle ne pouvait pas ne pas savoir qu'elle était enceinte et en train d'accoucher".

 

Elle connaissait les gestes pour venir au secours de cet enfant, qui n'était pas mort-né mais bien vivant. Elle ne pouvait l'ignorer.

 

Déficience respiratoire

Le 16 octobre 2012, cette mère de six enfants, alors âgée de 44 ans, accouche seule, dans les toilettes de son domicile, d'une petite fille. L'enfant est née viable. Son corps sans vie a pourtant été retrouvé dans la corbeille à linge familiale.

L'autopsie révélera une mort  liée à une déficience respiratoire, qui selon l'avocat général, s'explique par un manque de soins de la mère.


Pour Me Isabelle Desmoulins, avocate de la partie civile et notamment des enfants de l'accusée, ce verdict n'"a aucun sens". "Il y a un déni de ce que peut être un déni de grossesse".

 

Emprisonner cette femme ne rime à rien, si ce n'est faire peser sur sa famille une émotion et un drame de plus

 

Mère célibataire

L'accusée, qui comparaissait libre après six mois de détention provisoire, a divorcé depuis les faits. Elle éleve seule ses six enfants, dont quatre sont mineurs. Elle doit dormir en prison dès ce soir, avant un éventuel aménagement de peine qui ne pourra intervenir avant plusieurs mois.
 

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