Bordeaux : la saison des croisières 2021 en suspens à cause du covid

Avec la pandémie, les croisières qui s'étalent d'avril à novembre dans le port de Bordeaux, sont sur "pause". Sur les 67 escales prévues initialement, 20 ont déjà été annulées. Les professionnels "naviguent à vue".

Deux paquebots amarrés dans le port de la Lune à Bordeaux
Deux paquebots amarrés dans le port de la Lune à Bordeaux © GEORGES GOBET / AFP

La saison 2021 doit commencer en Avril. "Nous n'avons pas une grande visibilité pour l'instant", commente Laurence Bouchardie, en charge des croisières au Grand Port Maritime de Bordeaux. 

Certaines compagnies ont déjà annulé

Les réservations des croisiéristes se font un à deux ans à l'avance, un délai nécessaire à toute la logistique et la vente des billets. "Fin 2020, au plus haut de la prévision, il y avait 67 croisères prévues en 2021 dans le port de la lune. Mi-janvier, nous sommes à 47 escales réservées avec commercialisation des billets par les compagnies", explique Laurence Bouchardie. Ces 20 annulations sont toutes liées au contexte sanitaire. "Certains navires ont été vendus à cause de la crise économique et sanitaire, les navires en construction ont pris du retard dans la livraison ou bien sont à l'arrêt, et certaines compagnies ont décidé d'annuler", poursuit la responsable des croisières qui s'attend à d'autres annulations.

En 2020, toutes les croisières avaient été annulées sauf celles au départ de Bordeaux de la Compagnie du Ponant basée à Marseille qui a fait le choix de mettre "de petits navires" au départ de France pour une clientèle française et européenne. Ainsi, Bordeaux a bénéficié l'été dernier de 12 escales du bateau "Bougainville", rempli à moitié en raison des jauges sanitaires, pour un total de 8 000 passagers. En temps normal, le port de Bordeaux accueille une soixantaine de paquebots soit 40 000 passagers en escale locale.

Le paquebot Bougainville à quai à Bordeaux, juillet 2020.
Le paquebot Bougainville à quai à Bordeaux, juillet 2020. © Bordeaux Cruise

Reprise avec des "petits paquebots"

Plus de 70 % des passagers qui font escale à Bordeaux sont américains ou britanniques. A ce jour, les frontières avec les USA et le Royaume-Uni, deux pays très touchés par la pandémie, sont fermées. "Les opérateurs s'attendent à une reprise après l'été, en seconde partie de saison. Traditionnellement, nous avons de gros pics de croisières : le premier au printemps entre avril et juin, le second en septembre et mi-octobre". 

Ce sera encore compliqué au premier semestre pour les croisières.

Laurence Bouchardie, Grand Port Maritime de Bordeaux

Les opérateurs misent sur une reprise du flux durant l'été ou en septembre avec des navires de petite taille comme ceux qui viennent à Bordeaux. "C'est un atout pour la ville qui peut espérer redémarrer son tourisme fluvial cette année mais l'on sera loin du programme initial", selon Laurence Bouchardie. Seuls les petites unités peuvent accoster dans le port de la lune en raison des contraintes liées notamment au pont Chaban-Delmas et au faible tirant d'eau. "Les gros paquebots eux accostent au Verdon. Grâce à ces contraintes, Bordeaux attire des croisières plus luxueuses et une clientèle plus aisée, très attirée par le "petit Paris", une image qu'aime cultiver la ville", selon Christophe Tissinier qui organise les prestations à terre pour les croisiéristes.

Les donneurs d'ordre nous demandent que le calendrier initial puisse se faire dès que les conditions seront à nouveau réunies. Mais pour le moment, on navigue à vue.

Christophe Tissinier, directeur de Bordeaux Excellence

Un cap incertain en 2021 

L'industrie internationale de la croisière (une trentaine de compagnies dans le monde) est "suspendue aux décisions sanitaires des pays et tout le monde vit avec un horizon de deux à trois mois. On espère une reprise durant l'été avec les effets du vaccin", commente Christophe Tissinier qui est en contact avec les croisiéristes. Reste à savoir si la confiance des touristes reviendra en même temps.

L'activité portuaire du Grand Port Maritime de Bordeaux (qui a aussi une escale au Verdon), c'est 1200 navires par an dont des bateaux de croisière, mais aussi des pétroliers ou des céréaliers. Le tarif est variable selon la taille des bateaux. C'est sans compter les retombées économiques pour le commerce, les hôtels et restaurants de la capitale régionale très prisée par les touristes étrangers. Selon Christophe Tissinier, "le manque à gagner s'élève à trois millions d'euros en 2019 pour les prestations de croisière à Bordeaux, autant de chiffre d'affaires en moins qui se fait par ruissellement" pour les musées ( Cité mondiale du vin et les Bassins de lumière), les guides, les châteaux historiques et viticoles, les autocaristes, les traiteurs, etc...

Ce que l'on disait des croisières à Bordeaux avant la crise > 

 

 

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