Bordeaux : les salariés de Getrag rassemblés devant l'usine de Banquefort pour demander des garanties

Environ 200 personnes se sont rassemblées devant l'usine Getrag Ford Transmission (GFT) à Blanquefort. Les  salariés, qui craignent des licenciements et s'inquiètent du désengagement de Ford, demandent des garanties à Magna, leur actionnaire
Les salariés se sont réunis à Blanquefort ( archives 10 septembre 2020 )
Les salariés se sont réunis à Blanquefort ( archives 10 septembre 2020 ) © Cendrine Albo - France 3 Aquitaine
Ils veulent savoir de quoi sera fait leur avenir. Ce jeudi, quelques 200 salariés de l'usine Getrag à Blanquefort, se sont mis en grève afin d'organiser un grand rassemblement devant l'usine. 

L'appel était lancé pour mercredi soir 22 heures, afin de permettre aux équipes de nuit de participer au rassemblement. L'objectif de cette grève, initiée par l'intersyndicale CGT – FO et CFTC : obtenir des garanties de leur actionnaire, et des engagements sur la durée. "Nous avons eu des réunions avec Magna, explique Vincent Teyssonneau, élu CGT au CSE de Getrag Ford Transmissions.
Ford restera leur unique client jusqu'en 2023. Mais après, ils n'ont pas de projet", déplore-t-il. 

L'Américain Ford est toujours co-propriétaire du site Getrag de Blanquefort, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses, à 50% avec le Canadien Magna de Getrag Ford Transmission. 
Le 27 août, Magna annonçait devenir sa volonté de devenir propriétaire de 100 % de GFT Bordeaux, Ford se désengageant. "Tout était prévu depuis le début, c'est un échange entre Ford et Magna, un échange entre amis", estime Vincent Teyssonneau.

Rien n'est acté officiellement, la consultation est toujours en cours et des réunions entre les élus du CSE et la direction de Magna, ont lieu tous les dix jours. Pour autant, les salariés, ou ex-salariés, ne sont guère optimistes. L'exemple du site voisin de Ford Aquitaine industries, fermé avec des centaines de licenciements, n'est pas des plus rassurants. 
  

"Le scénario était établi"

"Malheureusement ce scénario catastrophe était quasiment établi, souligne Philippe Poutou, élu au conseil de Bordeaux métropole et ex-salarié de Ford Blanquefort. Maintenant il va falloir voir l'attitude des pouvoirs publics et changer certainement nos comportements par rapport à la multinationale Ford. 

Nous on pense que la volonté c'est de liquider le site. Evidemment, il va y avoir des manœuvres, des mensonges, une succession de déclarations contradictoires qui vont nous faire croire qu'il y a un espoir"
 

Ca ne sert à rien de faire les oiseaux de mauvais augure. Mais il vaut mieux regarder les choses en face. Il y a un scénario et c'est celui de destruction totale du site. 

Philippe Poutou, conseiller Bordeaux métropole

 

Engagement durable

Les salariés grévistes demandent à Ford de s'engager sur des commandes pour dix ans, veulent que l'entreprise s'engage à consigner 200 millions d'euros en cas de non-respect de son engagement. 

Ils ont reçu le soutien des élus de la ville de Blanquefort, inquiets et impliqués dans l'avenir du site depuis plusieurs années. 

Des élus inquiets

"L'entreprise Getrag est extrêmement importante pour l'économie et pour la vie de notre commune. Nous sommes solidaires avec les salariés qui sont en train de démarrer une lutte qui va être compliquée", a expliqué Bruno Faréniaux, premier adjoint au maire de Blanquefort.

Nous sommes extrêmement inquiets parce que le scénario de Getrag ressemble étrangement à ce que nous avons connu avec Ford Aquitaine Industries (FAI), et nous voulons être dès le départ dans le combat. 

Bruno Faréniaux, premier adjoint au maire de Blanquefort



Les salariés qui fabriquent des boites de vitesse à transmission manuelle, principalement à l'usage de véhicules diesel, espèrent encore voir Magna investir , afin de fournir une offre plus adaptée au marché. 
"Nous si on nous propose de construire des ailes de voiture, des rétroviseurs, des volants, on est prêt à le faire", assure Vincent Teyssonneau
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