"Il nous reste la colère". La lutte des Ford de Blanquefort au cinéma dans un film documentaire

Publié le
Écrit par Hélène Chauwin .

Philippe Poutou repart en campagne ! Le conseiller municipal d'opposition bordelais et ex candidat NPA à la présidentielle était l'invité de Bleu Gironde ce mercredi. Il assure la promotion du film documentaire « Il nous reste la colère », en salle depuis ce 7 décembre 2022, et qui revient sur la lutte des « Ford » pour sauver leur usine de Blanquefort près de Bordeaux.

« Ça évoque des bons moments malgré tout » résume Philippe Poutou au micro de notre équipe."Ça", c'est le film "Il nous reste la colère", qui retrace la dernière année de combat de ceux qu'on a appelés les "Ford". Un groupe d'ouvriers et de syndicalistes emmené par Philippe Poutou qui a cru gagner en 2011, quand l'usine de Blanquefort et ses presque Mille emplois étaient sauvés. Une victoire très vite remise en cause par de nouvelles craintes de fermeture, confirmées en 2020, avec l’arrêt définitif des chaînes de montage. 

C’est une défaite. On n’a pas pu empêcher la fermeture de l’usine. On n’a pas pu sauver nos emplois. Mais c’est aussi l’histoire d’une lutte qui dure treize ans, d’une équipe, de liens humains. 

Philippe Poutou

Les Ford suivis pendant quatre ans

Cette histoire, les deux réalisateurs Jamila Jendari, Nicolas Beirnaert ont commencé très tôt à s'y intéresser. Pendant les manifestations contre la loi Travail dite El Khomri, Jamila Jendari, gréviste, a  filmé les cortèges. Elle observe un changement, une répression plus forte mais aussi une méfiance vis-à-vis des organisations syndicales.  Avec Nicolas, elle finit par croiser les Ford et les suit pendant quatre ans, en particulier la dernière année. 

Leur documentaire s'attache à Philippe Poutou, charismatique leader du mouvement mais aussi à Gilles, le secrétaire du Comité d'Entreprise, à Vincent et Thierry. Il raconte leur lutte entre énergie et humour, espoirs et doutes.

Car eux ont choisi de ne pas baisser les bras, de refuser la fermeture et de chercher un repreneur. 

Les réalisateurs voulaient explorer le monde du syndicalisme et l'image qu'on s'en faisait. Ils ambitionnaient de se distinguer de "l'imagerie véhiculée à la télé"

On voulait poser un regard sur le syndicalisme, voir ce qui se passait, ce qui ne marchait plus aussi, parce qu’on voyait bien qu’il y avait des tensions, des difficultés.

Jamila Jendari

Une colère contenue

Ils témoignent d'une colère froide.  "C’est la colère issue des refus et des turpitudes administratives, des réunions à n’en plus finir, du découragement qui s’en suit pour les collègues et qui se retrouve dans la société. C’est une colère qui n’est pas explosive mais contenue, ravalée parce qu’il n’y a pas de rapport de force qui lui permettrait de réellement s’exprimer" développent-ils. 

Le documentaire est projeté dans 18 salles en France. Jusqu'au 11 décembre à l'Utopia de Bordeaux , du 14 au 20 décembre aux Colonnes de Blanquefort

{} ©France télévisions
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité