Ford lâche définitivement le site de Blanquefort encore en activité

Après la fin de l'usine Ford Blanquefort, l'Américain était encore propriétaire à 50% avec le Canadien Magna de Getrag Ford Transmissions. Ils viennent d'annoncer la fin de cette coentreprise et vont se partager les quatre sites de pièces automobile. Celui de Blanquefort revient à 100% au Canadien.
Magna est l’actionnaire unique de l’usine depuis le 1er mars 2021.
Magna est l’actionnaire unique de l’usine depuis le 1er mars 2021. © S.Delalot
A l'occasion d'un CSE européen jeudi, les deux groupes qui se partageaient à égalité ces usines de boîtes de vitesses manuelles, ont annoncé "la dissolution de leur joint-venture".

"Pour nous, Ford quitte le navire"

Magna sera donc propriétaire à 100% du site de Blanquefort (800 salariés) qui "ne s'appellera plus GFT" et sera une entité juridique française, selon la CFDT, ajoutant qu'il n'avait pas été question, lors de ce CSE, ni de projets à venir ni d'éventuelles suppressions d'emplois.

La peur de revoir le scenario de Ford FAI

Les salariés comme les élus locaux s'étaient inquiétés ces derniers mois de l'avenir du site girondin après l'arrêt de la production, le 24 juillet 2019, de l'usine emblématique voisine FAI (Ford Aquitaine industries) de Blanquefort (850 salariés). Après cette annonce, "dire que l'on n'est pas inquiet serait mentir", selon un élu CFDT.

Selon un autre élu Force ouvrière, Régis Labasse: "Ford va continuer d'acheter nos boîtes de vitesse mais combien de temps ?" Il faut dire que "le marché automobile ne cesse de se casser la figure, et puis passe à l'électrique, les hybrides..."
Quant au Canadien, on le dit sans argent et sans projet... du moins pour l'instant. Avec pour quelques temps encore, le fantôme de l'ancien partenaire américain qui continue de tenir l'avenir du site entre ses mains.

Pour les 870 salariés du site, l'image de Magna n'a rien à voir avec celle de Ford qui "mettait de l'argent"... "Là, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés...  Les contrats commerciaux avec Ford devraient être établis, et même les contrats des salariés pourraient être renégociés: "ils ont 18 mois..."

La CGT de son côté se dit également "extrêmement inquiète, Ford lâche ses parts mais reste notre unique client".  Si Ford "nous lâche, c'est la fermeture assurée du site de Blanquefort, malgré tous les efforts et sacrifices que nous pourrions consentir", précise un communiqué des élus CGT ajoutant : "sachant que nos volumes chutent fin 2023, nous attendons donc de Magna de nouveaux projets et de nouveaux Clients dès 2021".

Les collectivités locales attentives à ce nouvel épisode?


Dans un communiqué, la région Nouvelle Aquitaine fait savoir que "les collectivités territoriales, Région Nouvelle-Aquitaine, Département de la Gironde,  Bordeaux Métropole, villes de Blanquefort et de Bordeaux sauront s'impliquer dans une démarche ouverte et constructive sur l'avenir et le développement du site". 

Sans doute échaudés par l'épisode 1 de Ford FAI, "les élus souhaitent enfin s'engager dans un dialogue avec les dirigeants du groupe pour travailler à la diversification des marchés de l'entreprise de Blanquefort.
Et précisent qu'ils seront "exigeants en matière d'investissement, de mobilité ou de formation" et "vigilants aux côtés des salariés et de leurs familles sur les conséquences industrielles et sociales de ce changement d'actionnaire d'une usine qui emploie plus de 800 salariés en Gironde".

   
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
ford blanquefort économie entreprises social