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Bordeaux : un samedi avec les Street médics dans le cortège des gilets jaunes

L'équipe de 40 street Médics du samedi 9 février. / © Hélène Chauwin
L'équipe de 40 street Médics du samedi 9 février. / © Hélène Chauwin

Ils sont aides-soignants, infirmiers, médecins ou sapeurs-pompiers. Tous ont au miminum le diplôme de secouriste. Chaque samedi, ils sont une quarantaine de volontaires  pour apporter les premiers soins aux blessés en attendant les secours lors des manifestations.

Par America Lopez

Ils sont habillés d'un T-shirt blanc avec le logo STREET MEDICS et portent un casque blanc. Ces secouristes improvisés de l'urgence sont équipés pour dispenser les premiers soins.


Soigner en toute neutralité

Dans leur sac, pansements, compresses, désinfectant et Maalox, un médicament normalement pour les maux d'estomac mais très efficace pour nettoyer les yeux si la victime est exposée à des gaz lacrymogènes. 

On est apolitique, on est là pour aider les forces de l'ordre comme les gilets jaunes, commente Mathieu, ancien militaire, bénévole street médic tous les samedis ou presque. 


Leur mission ? Soigner en toute neutralité, quand les manifestants  ont été exposés à des gaz lacrymogènes ou quand il faut désinfecter les petits bobos. 

Les Street médics effectuent les premières interventions mais si les blessures sont trop graves, ils appellent les pompiers qui prennent le relais. 


En première ligne, les Street médics prennent des risques


A chaque manifestation, ils évoluent en deux lignes. La première, constituée de cinq équipes volantes,  en tête de cortége, la seconde plus en retrait pour soigner en sécurité. 

Aurel est aide-soignante et elle vient de Royan. Chaque samedi, elle se met en danger, elle le sait : 

On est complétement en danger. On connaît les risques quand on vient, on le sait c'est pour ça qu'on est équipés. On n'est pas à l'abri de projectile, d'un flash ball. La lacrymo, c'est quotidien. Quand on a vu toutes les blessures qu'il y a eu, si on est pas là c'est compliqué pour les gens.


17H. Comme tous les samedis, la tension monte d'un cran. Une première voiture est incendiée, des projectiles lancés.

Mathieu et son équipe suivent le mouvement de la foule qui part au contact des CRS. Des projectiles fusent : cailloux, pavés d'un côté, balles défensives de l'autre. 

Quelques blessés à la jambe et au pied sont rapidement examinés à l'abri sur le trottoir. 
Mathieu et son équipe se retrouvent dans une rue adjacence, mains en l'air pour signifier leur neutralité.  

La rue retrouve son calme. Mathieu fait un premier bilan :

On a quelques blessés à la cuisse et aux pieds. Rien de grave. Une charge de casseurs. Ils ont cassé des voitures. Les forces de l'ordre ont riposté au LBD. Rien de grave.

 
Ils doivent pourtant déjà repartir. On a besoin d'eux un peu plus loin. Mathieu reçoit les informations via son talkie walkie. Il est en relation avec les autres chefs de groupe. 

S'ils sont soigneurs avant tout, certains reconnaissent comprendre le mouvement des gilets jaunes.



 ► Voir notre reportage en immersion sur l'équipe des 40 Street Médics de Bordeaux présents dans le cortège tous les samedis de manifestation :
Bordeaux : un samedi avec les Street Médics dans le cortège des gilets jaunes

Retouvez les Street Médics de Bordeaux sur leur page Facebook en cliquant ici


D'où viennent les Street médics ?


Le mouvement des Street Médics est naît aux États-Unis avec le mouvement afro-américain des droits civiques et le mouvement anti-guerre dans les années 1960.

Ils conçoivent la médecine comme de l'auto-défense, et apportent un soutien médical à l'American Indian Movement, aux Vietnam Veterans Against the War , au Black Panther Party et à d'autres formations révolutionnaires des années 1960 et 1970.

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