Procès des agresseurs présumés de Bernard Magrez : "Ceux qui sont entrés savaient tout sur moi"

Le procès des six responsables présumés s'ouvre ce 27 avril devant le tribunal correctionnel. Le richissime homme d'affaires bordelais et son épouse avaient subi une agression particulièrement éprouvante à leur domicile dans la nuit du 11 au 12 janvier 2018.

Me Christian Blazy et Bernard Magrez , mardi 27 avril 2021, au procès de ses agresseurs au tribunal de Bordeaux.
Me Christian Blazy et Bernard Magrez , mardi 27 avril 2021, au procès de ses agresseurs au tribunal de Bordeaux. © G.Coulon

A la barre cette semaine, six hommes. Parmi eux, cinq entre 29 et 46 ans, sont poursuivis pour vol en bande organisée avec arme mais également pour séquestration. Le sixième (48 ans) est lui poursuivi pour complicité, pour avoir fait le guet durant le cambriolage de ses accolytes. Un cambriolage qui s'avère être un "saucissonnage" comme on dit dans le jargon policier ,quand on s'attaque à des propriétaires aisés et surtout présents au domicile 

Après les avoir interrogés et molestés, avoir fouillé la maison, les malfaiteurs avaient finalement pris la fuite à bord du véhicule personnel de Bernard Magrez, emportant notamment une collection de montres de luxe, de l'argent, des cartes bancaires et des bijoux. Un butin qui n'a, d'ailleurs, toujours pas été retrouvé.

Présent à l'audience

Le calvaire reste très vif dans le souvenir de Bernard Magrez, 85 ans, qui a souhaité faire face aux agresseurs malgré le traumatisme encore trois ans après. Son épouse, elle, ne l'accompagne pas dans la salle d'audience. 

Pierre Blazy avait décrit cette agression effrayante du couple durant laquelle ils avaient tous deux été ligotés, séquestrés et menacés d'une arme sur la tempe. On les menace également de couper des doigts, des mains pour faire parler sa femme.

"Ils savaient tout sur moi"

Ce mardi matin, Bernard Magrez s'est montré déterminé à connaître la vérité : "Ceux qui sont entrés savaient tout sur moi", "ils ont pris ma voiture : ils savaient où étaient les clefs...", "le problème c'est de savoir qui me trahit dans ma maison". Mais il semble également combattif : "Ça ne me gène pas de les voir... J'ai 85 ans, j'en ai vu dans ma vie. Par définition, je ne crains rien". 

C'est Me Pierre Blazy et Me Christian Blazy qui représentent le couple Magrez pour ce procès qui devrait durer toute la semaine.

Pour Me Pierre Blazy : "ce que nous espérons, c'est que ces gens reconnaissent (...) C'est surtout ça qui nous traumatise : ne pas savoir exactement comment l'affaire est partie, ne pas savoir quels sont les commanditaires. C'est ça qui nous interroge dans ce dossier".

Mes Pierre Blazy et Christian Blazy, avocats du couple Magrez.
Mes Pierre Blazy et Christian Blazy, avocats du couple Magrez. © G. Coulon

Du côté de la défense, Maître Philippe Nougaret, l'avocat des prévenus explique qu'ils risquent 10 ans de réclusion. 20, en cas de récidive.

Ecoutez le rappel des faits par Gilles Coulon et Pascal Lécuyer.

durée de la vidéo: 01 min 30
Procès des agresseurs présumés de Bernard Magrez : rappel des faits

Un gros coup

L'homme d'affaires "aux 42 châteaux" est bien connu pour ses différentes activités. Sa fortune est basée sur ses propriétés viticoles partout dans le monde et il est notamment le propriétaire du Château Pape Clément. Autodidacte, il a bien d'autres cordes à son arc comme le mécénat artistique et diverses implications financières dans des oeuvres caritatives.

 

 Madame Magrez s'est retrouvée nez-à-nez avec ses agresseurs qui avaient forcé un volé électrique et la menaçaient d'une arme.
Madame Magrez s'est retrouvée nez-à-nez avec ses agresseurs qui avaient forcé un volé électrique et la menaçaient d'une arme.

Ce serait d'ailleurs à l'occasion d'un don à l'institut anti-cancéreux Bergonié que l'un des prévenus aurait identifié Bernard Magrez comme une proie potentielle et aurait eu l'idée de ce "gros coup".

Pourtant cet homme, le seul a avoir reconnu les faits dans un premier temps, s'est rétracté. Et aucun des six, ayant été interpellés en 2019, ne reconnaît aujourd'hui les faits, au moment d'être entendus dans le box des accusés.

Bernard Magrez, dans les jardins de son Institut, dédié à l'art contemporain, au street-art qu'il affectionne particulièrement.
Bernard Magrez, dans les jardins de son Institut, dédié à l'art contemporain, au street-art qu'il affectionne particulièrement.

Les débats devraient se poursuivre jusqu'au verdict, prévu vendredi 30 avril.

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