Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : plus de patients hospitalisés qu'en avril, mais moins de malades en réanimation

Selon les chiffres communiqués par Santé-Publique-France pour la semaine du 26 octobre au 1er novembre, la circulation du covid-19 "s'accélère intensément"  en Nouvelle-Aquitaine. Le nombre de nouveaux cas confirmés bondit de 33%, avec 17.481 personnes testées positives en plus. 
Photo d'illustration. En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de cas confirmés passe de 13.145 dans la semaine du 19 au 25 octobre, à 17.481 du 26 octobre au 1er novembre, soit une hausse de 33%.
Photo d'illustration. En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de cas confirmés passe de 13.145 dans la semaine du 19 au 25 octobre, à 17.481 du 26 octobre au 1er novembre, soit une hausse de 33%. © ERIC PIERMONT / AFP
Tous les indicateurs sont en hausse. Nombre de cas confirmés, taux de positivité et taux d'incidence ont nettement augmenté en Nouvelle-Aquitaine dans la semaine du 26 octobre au 1er novembre.

"La circulation virale s'est intensifiée" résume Laurent Filleul, épidémiologiste et responsable de la cellule régionale de Santé-Publique-France.

Le nombre de nouveaux cas confirmés bondit 

"Malgré l'absence de consolidation (les chiffres pourraient être revus à la hausse ndlr) on voit que le nombre de cas positifs bondit en deux semaines, avec plus de 17.000 nouveaux cas confirmés en semaine 44, contre 7.000 en semaine 42", souligne Laurent Filleul.  

© Santé Publique France

Le taux d'incidence a aussi augmenté à l'échelle de toute la région, passant de 219,1 cas pour 100 000 habitants du 19 au 25 octobre, pour atteindre les 291,4 cas pour 100 000 habitants du 26 octobre au 1er novembre. 

Il est aussi en forte progression pour les personnes âgées de plus de 65 ans, et atteint désormais 243 cas pour 100 000 habitants. 

La situation est aussi très disparate selon les départements, avec des "taux d’incidence variant de 129 / 100 000 hab. en Charente-Maritime à 521,7 / 100 000 hab. dans les Pyrénées-Atlantiques."  

Plus de patients hospitalisés qu'en avril, mais moins de réanimation 

"Par rapport au pic d'avril dernier, il y a plus de personnes hospitalisées en Nouvelle-Aquitaine", note Laurent Filleul.

Le 3 novembre, 1235 personnes étaient hospitalisées en Nouvelle-Aquitaine pour cause de Covid, contre 866  le 14 avril, au plus fort de la première vague.
 

Le point positif, c'est qu'il y a moins de patients en réanimation qu'en avril, (187 actuellement contre 251 le 14 avril), ce qui peut s'expliquer par l'amélioration de la prise en charge, grâce à l’oxygénothérapie, les corticoïdes...

Laurent Filleul, épidémiologiste à Santé-Publique-France



D'autre part, le taux de positivité est en progression en Nouvelle-Aquitaine avec 15,4%, mais reste inférieur au taux national qui dépasse les 20%. 

"Pour l'instant, le système de santé est capable de faire face en Nouvelle-Aquitaine, ce qui pemet de faire jouer la solidarité nationale". Ainsi, la région continue d'accueillir des patients venus des régions les plus touchées.

Pas de surmortalité depuis le début de l'épidémie

Depuis le début de l'épidémie, 822 certificats de décès électroniques comportant la mention "Covid", ont été engistrés en Nouvelle-Aquitaine, mais la majorité des médecins n'utilisent pas encore ces certificats, ce qui ne permet pas encore de connaître le nombre exact de personnes décédées à cause de la maladie dans la région. 

En revanche, "aucun excès de mortalité toutes causes n’a été observé depuis le début de l’épidémie de COVID-19" précise Sante-Publique-France. Si le nombre de morts n'a pas augmenté, c'est que le confinement a permis la diminution d'autres causes de mortalité. 

"Lors du premier confinement, nous avions constaté une baisse des accidents de la route et des entrées aux urgences pour la traumatologie" explique Laurent Filleul. 

À quand les effets du confinement ? 

"Il faudra atteindre au moins 15 jours à 3 semaines pour constater les effets du reconfinement", estime l'épidémiologiste. "Il faudra observer les indicateurs à partir du 15 novembre au plus tôt". 

Un décalage qui s'explique par la période d'incubation de la maladie, ainsi que celle de la dégradation de la santé des malades avant qu'ils ne soient hospitalisés.
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