Les coursiers à vélo vont manifester dans les rues de Bordeaux ce samedi

Ce samedi 5 décembre, les coursiers à vélo manifesteront dans les rues de Bordeaux à 18h30 pour dénoncer, une nouvelle fois, leurs conditions de travail.
 
Une quarantaine de livreurs étaient réunis devant un fast food bordelais ce vendredi soir
Une quarantaine de livreurs étaient réunis devant un fast food bordelais ce vendredi soir © Camille Becchetti
Il attend plus d'une centaine de manifestants. Jérémy Wick, membre du syndicat des coursiers à vélo de la Gironde, espère bien voir les livreurs de l'ensemble de la métropole converger dès 18 h 30, place de la Victoire. 
Ce 5 décembre, les coursiers de Bordeaux, d'Angers, Nantes, Toulouse, ou encore Lyon se mobilisent pour défendre leurs droits, demander de meilleures conditions de travail et une rémunération plus importante. 

"Nous ne connaissons même pas le prix du kilomètre"

"Les conditions ne cessent de se dégrader, assure Jérémy Wick. Sa rémunération est fixée par la plateforme et implique une tarification au kilomètre. Nous ne connaissons même pas le prix du kilomètre, ni comment nous sommes payés. Il n'y a aucune transparence". 
Il dénonce des conditions de rémunération fixées par les plateformes qui évoluent au fil des mois, sans que les livreurs, pourtant auto entrepreneurs, ne puissent s'y opposer.

Avant, je me fixais un objectif de faire 100 euros, par exemple. Je mettais 4 ou 5 heures pour remplir mon objectif. Aujourd'hui, je vois des livreurs travailler 10 heures pour rentrer 100 euros brut !

Jérémy Wick, livreur à vélo



Conséquence de ces tarifs : une précarisation des livreurs. Le 2 décembre, les députés La France Insoumise sont allés à la rencontre de Jérémy Wick, pour évoquer leurs conditions de travail. Une scène a particulièrement marqué le trentenaire.
 

Nous sommes passés devant un camion des restos du cœur. En 10 minutes, j'ai vu des collègues venir se chercher à manger. Voir ça… c'est quelque chose que je n'oublierai pas.

Jérémy Wick



En plus de cette précarité, s'ajoutent une absence de dialogue social, des relations parfois tendues avec les restaurateurs, et des temps d'attente trop long devant les restaurants. "Je peux perdre trois heures par jour", assure le livreur.
 

Requalification

Entre 500 et 1 000 coursiers travaillent pour Deliveroo sur la région de Bordeaux. Une vingtaine d'entre eux veut désormais demander devant la justice une requalification de leurs contrats. Les dossiers doivent être déposés mardi 8 décembre devant le conseil des prud'hommes de Paris par Maître Gentilhomme.
"On a bon espoir. La Cour de Cassation avait déjà déclaré que c'était du salarié déguisé (dans un arrêt rendu le 28 novembre 2018, ndlr). " A Genève, Uber eats a dû salarier 500 livreurs… Les plateformes ont bien profité de ce nouveau marché pour contourner la loi, mais on espère bien que les choses vont changer"
 
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