Covid-19 à Bordeaux : convaincre les jeunes sur les quais où les masques tombent le soir

Difficile de faire passer le message des mesures barrières auprès des jeunes. Pourtant, selon l'ARS, la majorité des nouveaux cas positifs de Coronavirus en Gironde concerne des personnes âgées entre 15 et 44 ans. L'enjeu est primordial pour lutter contre la propagation du virus.

Les quais de Bordeaux attirent beaucoup en soirée, surtout des jeunes qui y font la fête. La nuit tombée, les masques se font rares.
Les quais de Bordeaux attirent beaucoup en soirée, surtout des jeunes qui y font la fête. La nuit tombée, les masques se font rares. © Julie Chapman
Les jeunes testés postififs à la Covid-19 sont souvent asymptomatiques. Du coup, ils ne comprennent pas toujours l'importance des gestes barrières, constate l'ARS Nouvelle-Aquitaine. Leur mobilisation est pourtant primordiale, de l'ordre de la santé publique.

► Beaucoup de jeunes sur les quais de Bordeaux le soir, peu de masques

Jeudi 20 août, la température est encore de 33 dégrés à 21 heures sur les quais bordelais. De nombreuses familles sont venues chercher un peu de fraîcheur au niveau du miroir d'eau. Un peu plus loin, installés sous les platanes en bord de Garonne, des petits groupes de jeunes (moins de dix personnes) commencent à faire la fête, un verre à la main. En début de soirée, les distances sociales préconisées sont à peu près respectées, la plupart des personnes portent un masque. Et puis, c'est le relâchement. Les masques sont retirés, alcool aidant, les gestes barrières se font de plus en plus rares au fur et à mesure que les heures passent. Les gens dansent et font la fête comme si rien était...

Jade Galland, une vingtaine d'années et maraudeuse pour l'ANPAA (association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie), parcourt les quais à la rencontre de jeunes comme elle.

Je fais de la prévention auprès des jeunes. Alcool,tabac, drogue et en ce moment, j'essaie d'axer sur le problème du Covid-19 parce que cela impacte les moments festifs comme il y a sur les quais de Bordeaux.

Jade Galland, maraudeuse de l'ANPAA

Ambiance sur les quais où les masques tombent le soir....
 

►Comment faire passer le message des gestes barrières auprès des jeunes ?

"Parler jeune" pour toucher les jeunes. C'est le parti pris d'Olivier Serre, directeur de l'ARS de Gironde.

Avec les jeunes, il faut faire passer le message des 3 M : un Mètre de distance, se laver les Mains et le Masque.

Olivier Serre, directeur ARS Gironde

Le directeur de l'ARS de la Gironde a pu constater par rapport à l'évolution de l'épidémie dans le département que la moitié des cas positifs concerne des jeunes âgés de 15 à 44 ans. "La plupart d'entre eux sont asymptomatiques, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas de symptômes, et donc ils ne comprennent pas que l'on puisse s'inquiéter des conditions dans lesquelles ils ne respectent pas les gestes barrières."

Autre difficulté : le budget masque coûte cher. Les jeunes n'ont pas forcément les moyens d'acheter un stock de masques suffisant et donc ils portent le même pendant plusieurs jours. L’Association français de normalisation (AFNOR) recommande de ne pas utiliser un masque plus de quatre heures. Une fois passé ce délai, il perd en efficacité et ne fait plus obstacle aux particules virales. De plus, l’AFNOR préconise de laver le masque en tissu "après chaque utilisation en machine, à une température de 60° et dans un cycle d’eau d’au moins trente minutes" de manière à détruire le virus. Il faut ensuite le faire sécher en moins de deux heures, pour éviter que les bactéries et le virus ne prolifèrent.
 
Vidéo Santé publique France sur les bons gestes barrières contre le virus


►Recrutement d'ambassadeurs COVID-19 sur les lieux ou événements touristiques

Le virus gagne encore du terrain, en particulier chez les 15-44 ans. La classe d’âge la plus touchée reste les 15-44 ans avec un taux d’incidence de 5/100 000 en semaine 31 (contre 1,4 chez les 75 ans et plus).

Une baisse de vigilance du respect des mesures barrières en particulier lors de soirées, d’événements collectifs et/ou festifs privés a été à l’origine de nouvelles de chaînes de contamination du coronavirus.

En complément des opérations de dépistage, l’ARS souhaite amplifier la promotion des gestes barrières auprès du grand public en particulier dans un contexte festif. « Comment faire la fête sans inviter le coronavirus ? ». L'agence régionale de santé est donc à la recherche d'ambassadeurs pour faire passer le message
 

L’Organisation mondiale de la Santé s’inquiète de l’évolution du coronavirus auprès des plus jeunes. Lors d’une conférence de presse, le directeur de l’OMS dans le Pacifique occidental a expliqué : "L’épidémie est en train de changer. Les personnes d’une vingtaine, trentaine et quarantaine d’années sont de plus en plus à l’origine de la menace". Des publics qui ne respectent pas nécessairement toutes les consignes sanitaires, car ils se sentent moins vulnérables.
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