Covid-19 : très forte hausse du nombre de cas en Gironde, la situation jugée "sérieuse" et "préoccupante"

L'épidémie de Covid-19 continue de s'étendre en Gironde. Dans le département, qui reste classé en "zone rouge", tous les indicateurs de ces derniers jours sont à la hausse. C'est sur la métropole bordelaise que le virus est le plus actif.
 
Une conférence de presse sur l'évolution de l'épidémie de Covid 19 en Gironde s'est tenue au CHU Pellegrin ce mercredi 9 septembre
Une conférence de presse sur l'évolution de l'épidémie de Covid 19 en Gironde s'est tenue au CHU Pellegrin ce mercredi 9 septembre © MK/France 3 Aquitaine
Retour de vacances, relâchement des gestes barrières… Plusieurs facteurs ont fait de la Gironde l'un des départements français où le coronavirus est le plus actif.
Si la première vague a relativement épargné le département et la région, depuis une semaine, tous les indicateurs de circulation du virus sont à la hausse.

"Tous les signaux sont au rouge"

"Si on prend en compte le nombre d'appels au Samu, les admissions aux urgences et le nombre d'hospitalisations liées au Covid, tous les signaux sont au rouge", souligne Yann Bubien, le directeur du CHU, lors d'une conférence de presse réunissant les principaux acteurs régionaux de la Santé publique ce mercredi 9 septembre.

À ce jour, 68 patients sont hospitalisés au CHU pour la Covid-19, dont 21 en réanimation. C'est donc sur Bordeaux que se trouve la grande majorité des patients gravement atteints : sur l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine, on compte 27 patients en réanimation, tous âgés de plus de 50 ans.

Une hausse du nombre de cas constatée ces derniers jours, et qui continue de croître. "On se sait pas jusqu'où ça va aller", abonde Hélène Junqua, directrice générale adjointe de l'Agence régionale de Santé, qui, schéma à l'appui, parle de "courbe exponentielle".

D’où vient cet afflux du nombre de personnes contaminées ?

La majorité des personnes testées positives ont entre 18 et 40 ans. Des jeunes, qui, lors de soirées ou d'événements festifs, ont tendance à relâcher les gestes barrières. À Bordeaux, le taux d'incidence chez ces derniers est de 470 pour 100 000 habitants. "Ce n'est pas possible, alerte le professeur Denis Malvy, on ne peut pas laisser ce réservoir, cette bulle monstrueuse, ainsi se constituer".

Si les plus jeunes présentent une forme modérée de la maladie, voire sont asymptomatiques, ils peuvent le transmettre, rappelle le responsable de l'unité maladies tropicales au CHU. Denis Malvy craint surtout les semaines à venir, lorsque les contacts avec des personnes plus vulnérables seront établis.

On ne peut pas laisser ce réservoir se constituer. Nous savons que nous ne pouvons pas faire en sorte que la circulation virale reste cantonnée au 18-40 ans (…) Le Sars-coV-2 peut être un virus saisonnier.
La chute des températures marquerait alors l'apparition de cette fameuse "deuxième vague", qui est hautement probable.

Professeur Didier Malvy sur l'évolution de l'épidémie de Covid-19 à Bordeaux

 

Comment contrer cette accélération ?

En Nouvelle-Aquitaine, 85 clusters ou foyers de contamination ont été identifiés, dont 44 en Gironde. Dans la ligne de mire : les fêtes familiales ou entre amis, mais aussi les rencontres et entraînements sportifs. Autant d'occasions où le port du masque, le lavage des mains ou le respect des distanciations physiques passent à la trappe.

La mairie de Bordeaux a déjà instauré des zones où le port du masque est obligatoire, notamment dans les rues fréquentées du centre-ville. Cinq bars ont également fait l'objet de fermeture, pour non respect des gestes barrières. D'autres suivront, prévient la préfète qui se refuse à "condamner l'ensemble d'une profession" et préfère cibler les quelques établissements.

Des actions de communication à destination des plus jeunes vont être mises en place. Autour des stades, des périmètres où le port du masque sera imposé sont à l'étude. Pour autant, un reconfinement partiel n'est à ce stade, pas à l'ordre du jour, a assuré la préfète.
Quant aux tests, ils sont victimes de leur succès et seront désormais orientés vers les patients prioritaires, à savoir ceux présentant des syptômes, travaillant au contact de personnes vulnérables ou devant produire une attestation avant un déplacement à l'étranger.   

Quid des services hospitaliers ?

"La situation est  préoccupante", ont souligné à  deux reprises le maire de Bordeaux et  le docteur Didier Gruson, chef du service de réanimation à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux. Des lits dédiés à l'unité Covid ont rouvert, les visites des proches des patients sont limitées.
Lueur d'espoir dans ce sombre tableau : l'hôpital a acquis de l'expérience au cours de ces derniers mois. "Nous sommes préparés. Nous avons plus de moyens qu'au printemps, a tempéré le professeur Malvy.
Nous avons des masques, nous avons des tests, nous avons des connaissances. Nous savons mieux soigner les patients."

"Nous avons connu une surcharge à partir du milieu de semaine dernière, a renchérit Didier Gruson. Nous avons même eu un décès.  Mais nous ne manquons de rien, et nous pouvons travailler sereinement. Pour l'instant."
 
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