Épidémie : le trafic aérien en perdition, témoignages de voyageurs à Bordeaux

90% des vols devraient être annulés dès la semaine prochaine. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine
90% des vols devraient être annulés dès la semaine prochaine. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine

Chaque jour depuis le début du confinement, mardi 17 mars, plus de la moitié des vols sont annulés à l'aéroport de Bordeaux Mérignac. A partir de la semaine prochaine, ce sera 90%. Les derniers voyageurs organisent leur retour, souvent compliqué.

Par Iban Carpentier

Devant le guichet d'informations du Hall B de l'aéroport de Mérignac, quelques voyageurs semblent un peu perdus. Personne au comptoir, ni dans les allées : depuis mardi 17 mars, le personnel n'a été réduit qu'au strict minimum, privilégiant au maximum le télétravail, pour tous les postes administratifs. Seuls le terminal Billy, accueillant la compagnie Easyjet, l'une des rares à assurer encore quelques vols, et le terminal A restent en exploitation. Cafés, restaurants, tabac/presse, boulangerie : tous les commerces sont fermés.
Le Hall B de l'aéroport de Bordeaux Mérignac a arrêté toute exploitation depuis mardi 17 mars. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine
Le Hall B de l'aéroport de Bordeaux Mérignac a arrêté toute exploitation depuis mardi 17 mars. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine

Des rapatriements de plus en plus rares

Un avion arrive de Paris aux alentours de midi, avec un peu de retard. L'heure du confinement officiel vient de sonner, les passagers fraîchement débarqués pressent le pas, la plupart équipés de masques. La fin des vacances n'a pas été de tout repos :

A l'aéroport d'Orly à Paris, c'était la désorganisation totale. Nous avons dû faire la queue à l'embarquement, tous à touche touche. Dans l'avion qui n'était pas tout à fait rempli, c'était le jeu des chaises musicales. Plusieurs personnes ont demandé à changer de place car leur voisin de siège toussait. (Un Bordelais de retour de vacances en Guadeloupe).

Les annulations des réservations dues à l'épidémie de Covid-19 force les compagnies à clouer leurs avions au sol. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine
Les annulations des réservations dues à l'épidémie de Covid-19 force les compagnies à clouer leurs avions au sol. / © Iban Carpentier, France 3 Aquitaine
A mesure que les pays ferment leurs liaisons avec la France, il ne reste plus beaucoup de temps aux voyageurs pour rentrer chez eux, s'ils ne souhaitent pas rester là où ils sont. Alex et sa fille de deux ans et demi arrivent d'Amsterdam. La famille réside en Hollande, mais a décidé de se confiner chez les grands-parents, dans une grande maison avec un grand jardin au fin fond de la Dordogne. Mais le papa est absent :

Il est resté là-bas pour pouvoir gérer la fermeture de notre commerce. C'était bizarre de lui dire au revoir, nous ne savons pas du tout quand, comment, ni même s'il pourra nous rejoindre. (Alex, de retour de Hollande).

Les ambassades françaises à l'étranger conseillent aux ressortissants de prendre les premiers avions, dans la mesure où ils ne sont pas déjà annulés. Mais dès la semaine prochaine, Air France n'assurera plus qu'un vol aller-retour avec Paris Orly. Les compagnies EasyJet et Ryanair prévoient des trajets au cas par cas pour maintenir quelques possibilités, mais la communication de l'aéroport annonce déjà 90% d'annulation de vols dès lundi.

L'avion de la dernière chance


Devant les panneaux d'annonce, la famille Djerad attend le dernier départ pour Alger depuis Mérignac. Sofiane, étudiant à Bordeaux raccompagne ses parents qui rentrent au pays. La compagnie Air Algérie arrête complètement ses vols avec la France à partir du 18 mars, c'est leur dernière chance de rentrer. Ils étaient venus pour une semaine, ils repartent après seulement deux jours de retrouvailles.

Cela me rassure. Mes parents font partie des populations à risque, je pense qu'ils seront plus en sécurité en Algérie. Le coronavirus n'est pas encore très présent là-bas. Moi je reste ici, je pense que ça ira. (Djerad, étudiant à Bordeaux).

Un crève cœur pour le couple, forcé de laisser leur fils, confiné en France où l'épidémie ne fait que commencer.
 
Épidémie : le trafic aérien en perdition
Le mardi 17 mars 2020, jour où commence le confinement, l'activité de l'aéroport de Bordeaux est en chute libre. - Iban Carpentier - Iban Carpentier

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