Eric Ciotti "favorable" à une alliance avec le RN : "il ne va pas emporter le parti dans ses délires !" Les Républicains exigent sa destitution

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Invité du 13 heures de TF1 ce mardi 11 juin, le patron des Républicains, Eric Ciotti, s'est dit favorable à une alliance avec le Rassemblement national. Au sein du parti, les voix divergentes se font entendre et exigent son départ imminent.

Devant son poste de télévision, l'ancien maire de Bordeaux et chef de file des Républicains à la région, Nicolas Florian, se dit encore "éberlué". Quelques minutes plus tôt, Eric Ciotti prenait la parole sur TF1 pour annoncer une possible alliance avec le Rassemblement national. "Il y a un bloc des droites, un bloc national, nous avons besoin d'une alliance en restant nous-mêmes", affirmait le patron de la droite.

Une décision prise unilatéralement, vécue comme une trahison au sein même du parti. "Quand je pense qu'il a eu des discussions avec madame Le Pen sans nous en parler... Je demande sa destitution", insiste Nicolas Florian.

"Une double faute"

Déjà, avant la prise de parole d'Eric Ciotti, les voix dissonantes émergeaient sur les réseaux sociaux. Sur X (ex Twitter), Nicolas Florian exigeait une "clarification" face aux "compromissions" de sa famille politique. Mais depuis, les explications du patron de la droite sont loin de faire l'unanimité.

"C'est une double faute, morale et politique, tance l'ancien maire de Bordeaux. Monsieur Ciotti se croit autorisé à prendre des décisions à la place des autres. Contrairement à ce qu'il peut dire, LR refuse toute idée d'alliance avec le RN et je fais partie de ceux qui s'y refusent. Il ne va pas emporter le parti dans ses délires".

Du côté des Pyrénées-Atlantiques, le sénateur Max Brisson se dit lui aussi complètement consterné. "Il n'engage que lui, il n'a prévenu aucune instance, il se discrédite complètement." Même son de cloche chez la sénatrice de Gironde, Florence Lassarade. "Il n’est pas du tout question d’alliance. Nous ne sommes pas du tout sur la même ligne que Ciotti", tient-elle à préciser.

Sauver sa circonscription

La sénatrice qualifie de “demi surprise” cette annonce du patron des LR, également député des Alpes-Maritimes, qui, selon elle, répond à une ambition personnelle.  “Eric Ciotti ne pense qu’à la mairie de Nice [actuellement dirigée par le maire Horizon Christian Estrosi, NDLR]. Il ne joue que dans cette optique-là”.

Il veut sauver sa circonscription dans les Alpes-Maritimes. Il n'y a qu'une seule chose à faire, partir et nous laisser avancer.

Max Brisson

sénateur des Pyrénées-Atlantiques, président LR64

L’ensemble des sénateurs LR s’est déjà totalement désolidarisé du chef de fil de leur parti.  Le projet du Rassemblement national “n’est pas de nature à redresser la France, loin s’en faut” et “la démagogie n’a jamais permis de conduire un pays”, écrivent-ils dans un communiqué. “Pour les sénateurs, il n’engage que lui”, poursuit Florence Lassarade. 

Sur X (ex Twitter), le président du Sénat, Gérard Larcher, estime "qu’il ne peut plus présider [le] mouvement et doit se démettre de son mandat de président des Républicains".

Début de campagne perturbée

Lors de son interview sur TF1, Eric Ciotti avait affirmé que les candidats de son parti qui rejoindraient l’alliance avec le RN resteraient estampillés Les Républicains. Pas de quoi inquiéter la sénatrice girondine.  “Nous allons présenter nos candidats partout, sur toutes les circonscriptions, répond  Florence Lassarade, également membre de la Commission nationale d’investiture. Des candidats qui restent fidèles à nos valeurs”.

Du côté des Pyrénées-Atlantiques, le sénateur Max Brisson appelle tous les candidats de son département "à prendre leur distance absolue et à considérer qu'Eric Ciotti, qui s'est couché, n'appartient plus à leur famille politique". "Je suis rassuré que les candidats dans les Pyrénées-Atlantiques le soient sur des valeurs d'indépendance", abonde-t-il. 

Si on ne vire pas Ciotti, il y aura une explosion de LR. Ce n'est pas encore le faire part de décès, mais ce n'est pas loin.

Nicolas Florian

chef de file des Républicains à la Région Nouvelle Aquitaine

Le chef de file des Républicains à la Région, Nicolas Florian, se dit plus inquiet. "La campagne n'a pas encore commencé, vous savez, tout le monde a été cueilli à froid, regrette-t-il. On se pose des questions de savoir où est-ce qu'on aura des candidats."

Le patron de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau devrait réaffirmer ses positions dans une conférence de presse ce mardi après-midi. 

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