Faux pass sanitaires au Vaccinodrome de Bordeaux-Lac : une employée condamnée à dix-huit mois avec sursis

Ce mercredi 22 septembre, une jeune femme qui travaillait comme agent contractuel au vaccinodrome de Bordeaux-lac a été reconnue coupable d'avoir établi de faux pass sanitaires pour ses proches. Elle a été condamnée a dix-huit mois de prison avec sursis.

Dix-huit mois de prison avec sursis, interdiction d'exercer dans la fonction publique pendant cinq ans et deux ans d'inéligibilité. Le tribunal n'a pas suivi le procureur, qui, plus tôt dans la journée, avait requis de la prison ferme à l'encontre de Samia G.  Cette étudiante de 19 ans, employée au vaccinodrome de Bordeaux-Lac, a été reconnue coupable d'avoir fabriqué de faux pass sanitaires pour ses proches.

C'est un médecin pompier du centre de vaccination de Bordeaux qui avait lancé l'alerte, ce dimanche 19 septembre. Alors que le centre est vide de tout patient, il constate des connexions à la plateforme qui permet d'éditer des pass. Dans une poubelle, il retrouve également des certificats déchirés, établis au nom de personnes qui n'avaient pourtant pas de rendez-vous ce jour-là. 

Une plainte est alors immédiatement déposée, et l'enquête confiée à la police judiciaire, indique le parquet de Bordeaux.

Elle édite des pass pour ses proches 

Le lendemain matin, lundi 20 septembre, deux jeunes femmes, agentes contractuelles au vaccinodrome, sont placées en garde à vue, "des chefs d’escroqueries et de modifications des données résultant d’une atteinte à un système de traitement automatisé de données".
L'une des deux sera vite mise hors de cause, tandis que la seconde, Samia G., âgée de 19 ans, reconnaît avoir établi 24 faux pass pour 16 bénéficiaires, sa famille et ses proches.

Une deuxième personne impliquée  ? 

"Elle reconnait par ailleurs avoir transmis à 4 bénéficiaires 5 faux pass, non générés par elle, mais par un autre agent contractuel dont elle taisait le nom" ajoute le parquet de Bordeaux. Au total, 28 faux pass auraient donc été générés, selon les élements de l'enquête. 

Selon ses déclarations, elle indique ne pas avoir été rémunérée pour ces pass, se contentant de "dépanner son entourage". Lors de l'audience, la jeune femme a maintenu son refus de communiquer le nom de son collègue impliqué, que l'enquête n'a pas pu permettre d'identifier. Le doute subsiste sur le fait qu'il y ait réellement deux personnes en cause, ou bien que Samia G. ait elle-même généré les 28 pass en question. 

Le procureur avait requis 18 mois de prison dont 12 assortis d'un sursis, ainsi que 3.000 euros d'amende, cinq ans d'interdiction d'emploi dans la fonction publique, et un placement sous mandat de dépôt. 

Cinq affaires de faux pass à Bordeaux 

D'après le parquet, il s'agit de la cinquième affaire de ce type à Bordeaux et ses environs. Trois enquêtes ont été confiées à la police judiciaire, et deux à la gendarmerie. Deux autres jeunes vacataires au mégacentre de vaccination de Bordeaux-Lac, âgées de 18 et 20 ans, seront jugées en correctionnelle en janvier à Bordeaux après avoir été interpellées en août pour avoir établi et délivré de faux certificats de vaccination, avec un bénéfice global dépassant le millier d'euros.
 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vaccins - covid-19 santé société faits divers justice