Fin des cours au lycée : les parents d’élèves en colère pour " la reconquête du mois de juin"

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La « reconquête du mois de juin » est une obligation pour la fédération départementale des parents d’élèves de Gironde. Chaque année, elle met l’accent sur cette fin des cours début juin. Cette année cela paraît encore plus aberrant.

Difficile de joindre les proviseurs en ce moment, ils sont tous en conseil de classe. Car comme chaque année, la fin se précipite pour certains et devient de plus en plus intense pour d’autres. En cause, le baccalauréat et avec lui tous ses maux: 

Libérez l’espace 

"Quand on est centre d’examen du baccalauréat, on doit avoir des locaux vides" nous explique-t-on au Lycée Grand Lebrun de Bordeaux. Et si on demande où sont passés les élèves, on nous répond  "les classes de seconde sont en stage en ce moment même pour deux semaines ". Car les choses ici sont organisées "On doit plus avoir de lycéens dans le bâtiment, du coup autant récupérer ce temps pour autre chose". 

Car très souvent, on est plutôt soumis à de vives émotions: l’angoisse pour les terminales qui doivent passer leur examen et l’ennui pour les 1ères et 2nde, qui eux doivent laisser vacantes leurs salles de classes et quitter précipitamment leur établissement scolaire. 

Un schéma qui se reproduit à l’infini et tous les ans pour la responsable de la fédération des parents d’élèves de Gironde. Et si nous évoquons les semaines de stage des lycéens de Grand Lebrun, elle nous répond tout de suite « Oui mais ça c’est le privé ». 

« C’est le marronnier du mois de juin »

Quand nous contactons Stéphanie Anfray, Présidente de la FCPE de Gironde, elle est en train de collecter des livres auprès des secondes au lycée des Graves de Gradignan. L’évènement dit tout de ce qui se passe ici en ce début juin.

Dès ce soir, les élèves n’auront plus de manuels, regarderont peut-être des films en cours, tandis que vendredi ils quitteront leur lycée pour la dernière fois de cette année. 

 

Alors que pour la FCPE, la réforme aurait pu être l’occasion du changement. "On est toujours dans la problématique de la reconquête du mois de juin", nous dit Stéphanie Anfray. "Depuis que je suis à la tête de la fédération, donc 9 ans, on se bat pour ça". 

Pour les élèves du lycée, c’est de pire en pire. On a beau avoir eu une réforme des lycées, on en reste toujours là.

Stéphanie Anfray, Présidente de la FCPE Gironde

Source France 3 Aquitaine

L'occasion ratée de la réforme 

Avec la réforme du baccalauréat, les premières et terminales doivent désormais passer leurs matières d'option en premier.

Celles-ci ont les plus forts coefficients, tandis que 40% du reste de la note repose sur le contrôle continu. Autant dire que les épreuves de philosophie prévues la semaine prochaine et du grand oral ne représentent pas un réel enjeu et sont de ce fait largement déconsidérées par les élèves, selon la Présidente de la FCPE qui se demande comment maintenir la motivation 

Elle tire le signal d’alarme sur des épreuves en mai ou en mars: 

"Cette année, les lycéens ont passé leurs épreuves de spécialité le 11 mai, et encore la pandémie a repoussé les épreuves qui étaient prévues le 11 mars" raconte  Stéphanie Anfray. Des épreuves en décalé qui ont des répercussions importantes sur la motivation des troupes, en berne, car au delà d'avoir passé les matières importantes pour les bacheliers, les autres eux n'avaient pas leurs professeurs occupés à corriger les copies pendant près de 3 jours, remarque la fédération. 

Ce que nous demandons, c’est qu’on ait un calendrier d’épreuves qui soit le plus tard possible au mois de juin pour que l’année soit la plus complète. Il faut repousser les épreuves du bac et du brevet.

Stéphanie Anfray, Présidente de la FCPE de Gironde

Source France 3 Aquitaine

Pour les collégiens, les épreuves étant reculées depuis 2 ans, ils prolongent leurs cours d’une semaine. Mais de leur côté se pose souvent le problème de la cantine 

"On se bat aussi pour que la cantine aussi soit maintenue dans les collèges". s'émeut la représentante des parents d'élèves.Il y a tellement peu d’élèves qu’ils font le choix de faire sauter la restauration".