Floirac : une maison louée sur Airbnb dégradée et pillée après une fête clandestine

Mauvaise surprise samedi 27 mars pour ce propriétaire de la rive droite de Bordeaux qui a retrouvé sa maison vandalisée. Il l'avait loué la veille à deux étudiantes via la plateforme Airbnb. Des objets ont même été volés. 

Alexandre dans son salon qui a été saccagé par "les locataires" Airbnb dans la nuit de vendredi 26 mars à samedi 27 mars. Floirac, Gironde.
Alexandre dans son salon qui a été saccagé par "les locataires" Airbnb dans la nuit de vendredi 26 mars à samedi 27 mars. Floirac, Gironde. © Sylvie Tuscq-Mounet

Alexandre est dégoûté et en colère. Vendredi 26 mars, ce jeune propriétaire d'une maison à Floirac, dans la banlieue de Bordeaux, a loué son habitation pour une nuit sur Airbnb à deux jeunes étudiantes venues soi-disant passer des examens à Bordeaux. Il ne s'est pas méfié.

La location Airbnb tourne au saccage et au vol

Dans la soirée, il est prévenu par des voisins qu'il y a une fête chez lui. A minuit, il prévient la police et se rend lui-même sur place pour constater le tapage. Il décide de relever les plaques d'immatriculation des locataires. La police verbalisera deux personnes à l'extérieur du domicile mais ne rentrera pas à l'intérieur car il y a un contrat de location.

Le lendemain, Alexandre retrouve sa maison dans un sale état : dans la cuisine, la plaque en vitrocéramique est fendue, plusieurs mobiliers cassés dans le salon dont un canapé éventré et une cloison enfoncée avec un tabouret, taches de vin sur les murs, table de jardin brisée, et des bouteilles d'alcool en pagaille ainsi que des capsules de Co2. De l'électroménager a été volé ainsi que la télévision. Le propriétaire a passé sa journée à nettoyer et à photographier les dégâts. Alexandre a évacué les meubles cassés dans les poubelles mais "les fêtards sont revenus y mettre le feu dans la nuit de samedi à dimanche, le menaçant même de représailles", a-t-il déclaré inquiet à France 3 Aquitaine.

J'ai retrouvé la maison sans dessus dessous. Je tombe des nues, j'avais l'impression d'être sur une autre planète.

Alexandre, propriétaire

De son côté, Airbnb a tenu à réagir aux faits qui se sont produits à Floirac et suite à notre reportage. Dans un communiqué, la plateforme écrit : « Nous avons une tolérance zéro pour ce type de comportement. Nous avons suspendu le compte du voyageur de notre plateforme. Nous apportons notre soutien à l’hôte et nous tenons à la disposition des forces de l’ordre pour les assister dans leur enquête. Les fêtes sont interdites sur Airbnb et nous avons récemment renforcé nos politiques en ce sens, en interdisant les rassemblements non-autorisés. Plus de 900 annonces ont été suspendues ou supprimées depuis. Nous prenons des mesures contre toute personne qui enfreindrait nos politiques. » . Airbnb précise par ailleurs que nouvelles règles ont été mises en place pour s'assurer de la fiabilité des loueurs appelés "les voyageurs". "Pour offrir des garanties aux hôtes, les personnes âgées de moins de 25 ans doivent avoir obtenu au moins trois avis positifs pour louer un local d'habitation". Et assure avoir "auparavant déjà renforcé notre politique interdisant les événements en désactivant temporairement le filtre de recherche « adapté aux événements » et avons également renforcé nos procédures afin d’interdire les rassemblements qui enfreindraient les réglementations sanitaires locales."

Comment se faire indemniser ?

Qui va payer les dégâts ? Alexandre entend se retourner vers la plateforme de location en ligne qui dispose d'une garantie en cas de dégradation des biens. Le malheureux propriétaire va déposer plainte lundi. Selon Maître Simon Taqoudju avocat à Bordeaux que nous avons interrogé, "il y a une recrudescence des faits de ce type en France" avec la multiplication des locations par des plateformes en ligne comme Airbnb. Or, la jurisprudence est "en attente". Que faire dans le cas d'Alexandre ? Du point de vue pénal, il existe bien des articles qui peuvent s'appliquer selon la gravité des dégâts commis, et selon s'il y a des circonstances aggravantes comme la préméditation, les peines peuvent aller de trois à sept ans d'emprisonnement pour les auteurs. A ce stade, il y deux cas de figures. Le premier : c'est la responsabilité civile qui peut être engagée en vertu du manquement au contrat signé entre le prestataire Airbnb et le particulier. C'est au prestataire de lancer la procédure et elle peut déboucher sur la responsabilité civile et le jeu des assurances pour dédommager Alexandre. Le second cas de figure est donc le volet pénal qui vient réparer les actes de vandalisme et de dégradation commis dans une maison d'habitation. C'est le dépôt de plainte qui doit déboucher sur une enquête de police. A l'issue de celle-ci, la parquet décidera des suites à donner à cette affaire selon si les auteurs sont identifiés et selon la gravité des faits établis par les enquêteurs.

Pour l'heure, Alexandre a lancé une cagnotte Leetchi pour remplacer son mobilier et son électroménager. La facture est importante.

Les dégâts dans le salon d'Alexandre sont nombreux.
Les dégâts dans le salon d'Alexandre sont nombreux. © DR
Les locataires ont saccagées la maison louée sur Airbnb pour une nuit.
Les locataires ont saccagées la maison louée sur Airbnb pour une nuit. © DR
La plaque en vitrocéramique brisée.
La plaque en vitrocéramique brisée. © DR

VIDEO Voir notre reportage sur la maison vandalisée après une location Airbnb, inventaire des dégâts avec le propriétaire ► 

Floirac : une maison louée sur Airbnb dégradée et pillée après une fête clandestine

 

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