Grêle en Gironde : 150 jours après, les propriétaires luttent encore pour un toit

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Écrit par Julie Chapman avec Marie Neuville

En juin, la Gironde est frappée par des orages de grêles d’une rare violence. 150 jours plus tard, des centaines d’habitants luttent encore pour réparer leur maison.

Les stigmates sont toujours visibles dans les rues de Saint-Médard-en-Jalles. Des bâches bleues, qui avaient, en juin, recouvert les toitures endommagées, mais aussi les impacts et les infiltrations qui se sont petit à petit installées dans les maisons sinistrées.

► Reportage de Marie Neuville et Christèle Arfel

durée de la vidéo : 01min 29
A Saint-Médard, 150 jours après l'orage de grêle, les stigmates sont toujours visibles. ©France 3 Aquitaine

De l'eau dans le salon

Cette soirée du 20 juin 2022, Annie Chinchon s’en souvient encore. J’ai entendu un grand boum, je me suis levée et j’ai vu des blocs de glace dehors”, raconte la retraitée. 

Sa mère, qui a fêté cette année ses cent ans, dormait dans la chambre à côté. “L’eau lui tombait dessus. Dans toutes les pièces, il y avait dix centimètres d’eau.

Cinq mois plus tard, la retraitée n’est pas encore complètement sortie d’affaire. Son toit, de 400 m2 est encore troué de part en part. 

Ça fait quinze jours que l’eau rentre à cause de la pluie. La gouttière en zinc a été abîmée par la grêle donc on a des infiltrations dans le mur qui gouttent dans le salon.

Annie Chinchon, habitante de Saint-Médard-en-Jalles

Impuissante, elle a dû se résoudre à condamner certaines pièces : son plafond, moisi par les infiltrations, menace de s’effondrer. “J’ai fait venir deux fois des experts, mais il y a eu un litige sur la surface à indemniser. Puis il a fallu trouver un artisan, trouver des tuiles... Ce qui est très compliqué en ce moment", indique la retraitée.

Pas de reconnaissance de l'Etat

Comme elle, ils sont des centaines dans les communes girondines touchées à se battre pour réparer leurs toitures. Pour beaucoup, le combat reste très difficile : malgré les demandes des communes, la préfecture et l’Etat ont refusé de reconnaître l’épisode de fortes grêles en tant que catastrophes naturelles.

La seule reconnaissance a été pour les inondations et coulées de boue. Ce sont des motifs qui ne nous concernent quasiment pas et donc, les propriétaires n’ont pas du tout été aidés dans leurs démarches avec les assurances.

Karine Guérin, adjointe au maire chargée de la vie associative, de la jeunesse et des sports

Pas d’autre choix pour les propriétaires : ils se sont réunis pour faire front commun, aidés par l’ADIL, l’association d’aide aux démarches liées au logement. “Ça leur permet d’avoir plus d’impact et notamment d’accélérer leur prise en charge auprès des assurances”, explique Karine Guérin.

Jeudi 24 novembre, la mairie de Saint-Médard-en-Jalles organise une réunion publique avec les personnes sinistrées, accompagnés d’experts juridiques. Elle sera l’occasion d’un nouveau recensement, des habitants qui n’ont toujours pas de toit neuf au-dessus de leur tête.

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