"Tout s’est écroulé, c’est inhabitable !" : le désespoir des sinistrés, dix jours après l’orage dévastateur

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Écrit par B. Gabel avec C. Albo

Des centaines de maisons restent inhabitables en Gironde, après l’orage de grêle dévastateur dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 juin. Beaucoup de riverains se retrouvent sans solution de logement, comme au Taillan-Médoc, près de Bordeaux.

"À 83 ans, jamais on n’aurait pensé vivre un truc comme ça !" Francine et Jean-Claude ont du mal à s’en remettre. Ce couple de retraités venait de refaire leur maison à neuf, les travaux avaient pris fin il y a six mois. "Le plafond est tombé, le sol est complètement cloqué, les cloisons aussi… Tout est plein d’eau !", observe désespérément Francine.

Comme eux, de nombreux riverains se retrouvent délogés de chez eux, après l’orage de grêle dans la nuit du 20 au 21 juin dernier. "On dort chez notre fille mais c’est compliqué, ça ne va pas pouvoir durer longtemps", expliquent-ils. Malgré l’état de leur maison, ils pensent "ne pas avoir d’autres choix que de revenir ici". Car ils l’assurent, à part des lits de camp, la mairie n’a pas de solutions à leur proposer pour le moment.

"On vit d’heure en heure"

Quelques rues plus loin, même galère pour Pascal. Sa maison est méconnaissable. "Ça a commencé par le salon et puis l’eau s’est infiltré partout", raconte-t-il. "Le soir-même, tout s’est écroulé dans la partie cuisine et salle à manger ! C’est inhabitable." Car dès qu'il pleut, l'eau s'infiltre de nouveau malgré les bâches.

L'urgence de trouver un toit est encore plus grande pour certains, comme pour Stéphanie, qui doit suivre une chimiothérapie à domicile. "Tout est saturé, il n'y a rien !", lance la mère de famille. "On vit même plus au jour le jour, on vit d’heure en heure", complète son mari, Fabrice.

150 logements inhabitables

Pourtant, les équipes de la mairie sont sur le pont depuis les intempéries. Elle recense les besoins et les propositions de relogement grâce à une ligne téléphonique directe (06.50.40.23.81) ainsi qu’une adresse mail (relogement@taillan-medoc.fr).

"Nous avons recensé une centaine de maisons inhabitables, dont la moitié a des besoins de relogement", explique Germains Isern, directeur de cabinet. Face à la pénurie de logements, la mairie mobilise les bailleurs sociaux de toutes les communes de Bordeaux Métropole, car les espoirs sont minces de trouver dans le secteur du Taillan-Médoc.

"Les communes alentours sont sinistrées et elles ne peuvent malheureusement pas absorber toutes les demandes de logements, donc certains sinistrés vont sans doute devoir se reloger sur Bordeaux Métropole, peut-être dans la couronne un peu plus élargie, sur le bassin et dans le Médoc."

Malheureusement, des vies vont devoir s'adapter quelques mois.

Germains Isern, directeur de cabinet de la Ville du Taillan-Médoc

800 euros pour se reloger

La mairie conseille également aux sinistrés de se tourner vers leurs assurances qui proposent l’aide au relogement d’urgence : nuits d'hôtels ou indemnités pendant plusieurs mois.

C’est ce qu’a fait Monsieur Lopez, qui vit dans la commune depuis 2010. "On nous donne 800 euros !", regrette-t-il. Un montant loin d'être suffisant d'après les quelques annonces de logement disponible aux alentours. "On a trouvé un petit deux-pièces pour 1.150 euros par mois. C'est trop cher, on ne peut pas se le permettre !"

La commune propose une réunion d'information générale sur l'assurance grêle à ses habitants le mardi 5 juillet.

Voir le reportage de France 3 Aquitaine

durée de la vidéo : 02min 10
Intempéries : vivre sans toit ©C. Albo et N. Pressigout