Intoxications aux champignons : l'Agence régionale de santé rappelle les mesures de précautions

Cèpes, girolles, la période est propice à la cueillette, mais soyez prudents : les intoxications sont en augmentation ces dernières semaines en Nouvelle-Aquitaine. / © DR
Cèpes, girolles, la période est propice à la cueillette, mais soyez prudents : les intoxications sont en augmentation ces dernières semaines en Nouvelle-Aquitaine. / © DR

La semaine dernière, une femme est décédée dans les Deux-Sèvres et deux personnes ont été hospitalisées dans un état grave, toutes victimes d'une intoxication. Depuis deux semaines, les conditions météorologiques sont très favorables au ramassage des champignons. Soyez donc prudents.

Par C.O

 

La période est très propice à la cueillette

La semaine dernière, profitant des vacances de la Toussaint vous avez été nombreux en Nouvelle-Aquitaine à vous rendre dans les bois, que ce soit en Dordogne ou dans le Médoc par exemple.
 


Sur les réseaux sociaux, les photos de vos trouvailles ont fleuri : girolles, cèpes, chanterelles...  Les recettes s'affichent aussi sur Twitter . Et cette période d'abondance n'est pas terminée comme en témoigne ce tweet annonçant l'arrivée d'une deuxième pousse dans le Périgord et un marché de Mussidan aujourd'hui dont les étals devraient être fournis en cèpes :
 

Evidemment en achetant vos champignons sur les marchés, vous ne prenez aucun risque. En revanche, si vous allez les chercher vous-même dans la forêt soyez prudents. 
 

Augmentation des intoxications

Samedi dernier une femme de 49 ans est morte dans les Deux-Sèvres, et deux personnes ont été hospitalisées dans un état grave. Elles ont été victimes d'une intoxication après avoir mangé des champignons vénéneux, vraisemblablement des amanites phalloïdes.

Quelques jours plus tôt l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait publié une mise en garde, après une "forte augmentation" des intoxications aux champignons: 493 cas (dont un grave) signalés en deux semaines en octobre aux centres antipoison, contre un total variant entre 4 et 90 cas par semaine pour les trois mois précédents, relate l'AFP.
 

Les mises en garde de l’Agence régionale de santé

Face à cette augmentation des intoxications ces dernières semaines, l'ARS a diffusé un communiqué rappelant les mesures de prévention :

Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement : certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles.

►Au moindre doute sur l’état ou l’identification de l’un des champignons récoltés, ne consommez pas la récolte avant de l’avoir faite contrôler par un spécialiste en la matière (les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés).


"Les conséquences sur la santé de ce type d’intoxications sont graves (troubles digestifs sévères, atteintes du foie pouvant nécessiter une greffe), voire mortelles", explique l'ARS Nouvelle-Aquitaine. "La plupart d’entre elles conduit à une hospitalisation, souvent en réanimation".

Les symptômes commencent généralement à apparaître dans les 12 heures après la consommation et l’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement.

"En cas de symptômes, il est utile de noter les heures du ou des derniers repas, l’heure de survenue des premiers signes et de conserver les restes de la cueillette pour identification".
 

Des expositions mycologiques pour prendre le temps d'apprendre

« Ça, c’est curieux ça, ça ressemble beaucoup au bolet du pin » dit un Périgourdin, « je suis persuadée que nous en avons mangé », surenchérit sa compagne. Ensemble ils s’interrogent devant un Suillus Granulatis, un bolet granulé non comestible.
 
Des expositions mycologiques existent, comme ici à Notre-Dame-de-Sanilhac en Dordogne, pour vous aider à distinguer les champignons toxiques. / © Philippe Niccolaï
Des expositions mycologiques existent, comme ici à Notre-Dame-de-Sanilhac en Dordogne, pour vous aider à distinguer les champignons toxiques. / © Philippe Niccolaï


La nuance est parfois subtile. Elle se joue souvent à un détail, un détail qui peut parfois être fatal. Pour éviter toute erreur, des expositions mycologiques existent. Elles peuvent permettre à certains incertains de ne pas commettre d'impair. Parmi les espèces les plus redoutées, l’amanite phalloïde :

Avec un chapeau qui est souvent verdâtre ou jaune et surtout il y a ce sac membraneux que l’on voit bien à la base du pied là, il y a aussi un anneau et des lames blanches,  c’est un champignon mortel qui attaque le foie de façon irrémédiable, il n’y a pas de traitement efficace à l’heure actuelle donc il faut vraiment faire attention.
Guillaume Eyssartier - mycologue spécialisé en biologie végétale 


Il existerait plus de 25 000 livres consacrés aux différentes espèces de champignons. N’hésitez pas à vous munir de l’un d’entre eux si vous partez cueillir des champignons dans les bois.
 
Il existerait plus de 25 000 livres consacrés aux différentes espèces de champignons. / © Philippe Niccolaï
Il existerait plus de 25 000 livres consacrés aux différentes espèces de champignons. / © Philippe Niccolaï
 

 

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