Ligue 2 : le match Bordeaux-Rodez arrêté après l'agression d'un joueur ruthénois, scénario catastrophe pour les Girondins

Les Bordelais ont vu leurs derniers espoirs de remonter en Ligue 1 s'envoler avec l'interruption de leur match contre Rodez, vendredi soir au Matmut Atlantique.

Un sabordage. Disputée dans une ambiance de fête pendant 25 minutes, la rencontre entre Bordeaux et Rodez a viré à la catastrophe pour les Girondins, vendredi 2 juin pour le compte de la 38e journée. Un supporter positionné dans le Virage Sud du Matmut Atlantique a en effet pénétré sur la pelouse pour frapper le joueur ruthénois Lucas Buades, qui célébrait son but (22e). Le match a immédiatement été interrompu et n’a pas repris après une longue attente, minant les dernières chances des Girondins de remonter en Ligue 1.

Buades a été victime d’une commotion cérébrale, selon le diagnostic établi par le médecin de Rodez et le médecin urgentiste de garde. "Il a été touché au cou et n'était pas bien dans le vestiaire", a détaillé son entraîneur Didier Santini en conférence de presse. Il a été évacué à l'hôpital. De son côté, le club bordelais a porté plainte contre le supporter en question, a annoncé son président Gérard Lopez.

Après 45 minutes de flottement, l’arbitre de la rencontre Nicolas Rainville a sifflé la fin de la partie en conférence de presse, aux alentours de 22 heures. "En collaboration avec le délégué et la Ligue de football professionnelle (LFP), on a respecté le protocole", a-t-il soufflé. Une décision saluée par Didier Santini. "Et si on mettait un deuxième but, il se passait quoi ?", a réagi l'entraîneur ruthénois, qui a fustigé un geste "stupide".

La commission de discipline se réunira lundi

Comme l’a rappelé M.Rainville, la commission de discipline devra statuer sur l’issue de la rencontre. Celle-ci se réunira dès lundi, a annoncé la LFP sur Twitter. Mais les Girondins s’exposent clairement à une défaite sur tapis vert et à un retrait de point. "J'aimerais que ça se joue sportivement, a déclaré Gérard Lopez. On sera lundi en commission et on fera valoir nos droits, y compris en appel." 

L'issue est d'autant plus rageante qu'avant de virer au psychodrame, la soirée bordelaise avait tout pour être historique. Avant que l’un des leurs ne dérape, les supporters se sont d’ailleurs hissés au diapason de l’enjeu. Un bon millier d’entre eux s’est ainsi réuni pour accueillir les joueurs deux heures avant le coup d’envoi, craquant de nombreuses torches et fumigènes pour l’occasion. Une fois massés dans le stade, ils n'ont cessé de chanter, dans une ambiance rarement vue au Matmut Atlantique.

Pendant ce temps-là, Metz a gagné

Sans doute galvanisés par l'enjeu, les Girondins se sont procuré pléthore de situations dans le premier quart d'heure, mais ont pêché à la finition. Rodez, qui jouait sa survie en Ligue 2, a profité des espaces laissés par des Bordelais euphoriques mais déséquilibrés pour marquer, sur un contre, le seul but de la rencontre. Malgré ce but encaissé, Bordeaux n'a pu concrétiser sa supériorité pendant 22 minutes à cause de la bêtise d'un individu.

Les conséquences sont terribles. Même si le match reprend, les Girondins devront non seulement renverser la situation, mais aussi s'imposer avec cinq buts d'écart pour rattraper leur retard à la différence de buts sur Metz, deuxième du championnat et vainqueur de Bastia (3-2) dans le même temps. Si le match est perdu sur tapis vert, Bordeaux s'expose à des sanctions et pourrait jouer ses prochains matches à domicile - en Ligue 2, donc - à huis clos. Une double peine.