Bordeaux : un millier de personnes ont dit “non” aux violences sexistes et sexuelles

© N.Pinard
© N.Pinard

Comme s'il ne fallait plus jamais se taire, une minute de hurlements a été instaurée après celle de silence en signe de colère face aux 137 féminicide en 2019. Parmi les manifestants de nombreuses jeunes filles déterminées à faire entendre leurs voix en espérant une révolution des moeurs.

Par CB et AFP

Comme dans une trentaines de villes en France (Lille, Marseille,  Toulouse, Rennes ou Strasbourg), des milliers de personnes, hommes femmes anonymes ou responsables d'associations sont descendues dans la rue, à Bordeaux, pour dire non à l'horreur qui touche plusieurs fois par semaines les femmes, les enfants victimes de leur conjoint/ père ou ex-conjoint.

Ils veulent dire "STOP" aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides qui ne sont pas une vue de l'esprit :
  • une femme en meurt tous les deux jours

  • une femme se fait violer en France toutes les 7 minutes

Pour crier notre révolte contre ces violences qui sont évitables et contre lesquelles le gouvernement ne fait rien, ne met pas un centime. On réclame un milliard !

Ou encore cette grand-mère venue défiler sous la pluie :

Je viens pour mes petites filles...
J'ai peur tous les jours, pour elles...


Regardez le reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon et Guillaume Decaix.
 
Un millier de personnes rassemblées pour dire "non" aux violences faites aux femmes

 


Ce samedi, parfois sous la pluie battante, ils ont participé aussi à cette minute de hurlements suivant celle de silence en hommage aux victimes : les mortes, et les autres...

Car si 137 (ou 116 selon les décomptes) sont mortes sous les coups de leur (ex)conjoint, beaucoup trop sont aussi blessées, torturées, méprisées, avilies, violées, marquées voire handicapées à vie... dans le silence.

Après le silence, les hurlements...

Alors que le parcours comme le rendez-vous était similaire à celui du mouvement des "gilets jaunes", certains se sont mêlés, comme deux causes parallèles, d'autres se sont sentis solidaires du mouvement anti-violences faites aux femmes...

Des jeunes filles

Des femmes de tous âges, des hommes aussi et surtout beaucoup de jeunes filles avec des slogans positifs demandant de de l'affection (sous-entendus pas des coups) pour des femmes fortes pour nos mortes...
 
© M.Jouet
© M.Jouet

A deux jours du "Grenelle"

    Cette mobilisation, véritable marée violette (aux couleurs des luttes féministes) à Paris et en régions, survient juste avant la clôture lundi du "Grenelle contre les violences conjugales", lancé début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau.
Le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, devrait y annoncer des mesures très attendues par les associations. 
      

Un décompte qui ne s'arrête jamais

Depuis le début de l'année 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP.

Sur toute l'année 2018, le chiffre avait atteint 121 femmes victimes, selon le ministère de l'Intérieur. 
 
213.000 femmes majeures sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part leur conjoint ou ex-conjoint, soit près de 1% des femmes âgées de 18 à 75 ans, selon des données officielles.
  
 
  

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