Manifestations des soignants en Aquitaine : "nous n'avons pas été entendus"

En ce 14 juillet les soignants ont reçu l'hommage de la Nation. Un hommage qui ne fait pas l'unanimité au lendemain de la signature des accords du Ségur de la Santé. La CGT et Sud avaient appelé à manifester pour réclamer d'avantage de moyens. A Bordeaux, 200 personnes ont répondu à cet appel.

A Bordeaux, deux cents personnes ont manifesté place de la Bourse.
A Bordeaux, deux cents personnes ont manifesté place de la Bourse. © Pascal Zuddas
En ce 14 juillet les soignants ont reçu l'hommage de la Nation. Un hommage qui ne fait pas l'unanimité au lendemain des accords de la signature des accords du Ségur de la Santé. La CGT et Sud avaient appelé à manifester pour réclamer d'avantage de moyens. A Bordeaux, 200 personnes ont répondu à cet appel et se sont réunies place de la Bourse.
Jugés « historiques » par le premier ministre, les accords du Ségur de la santé divise les soignants. Trois syndicats l’ont signé par trois syndicats (FO, CFDT et l’UNSA). Un plan de 8 milliards d’euros a été acté après plus de six semaines de négociations. La CGT et Sud, ne comptent pas en rester là.

183 euros de revalorisation des salaires au lieu des 300 euros demandés

Les deux syndicats avaient donc appelé à manifester aujourd’hui. Ce 14 juillet était symbolique puisqu’un hommage de la Nation leur a été rendu. « Nous ne voulons pas de médailles », pouvait-on lire sur certaines pancartes dans la foule bordelaise.  « Nous n’avons pas été entendus sur notre souffrance au travail pendant cette pandémie », rage Laurence Lagoubie Secrétaire CGT Santé et action sociale en Gironde. « 183 euros de revalorisation des salaires c’est très loin du rattrapage de salaire. Nous ce qu’on demandait c’était 300 euros pour revenir dans la grille européenne de nos salaires ».
Même son de cloches à Bayonne ou du côté de Pau où une centaine de personnes a manifesté. « On redemandait des revalorisations salariales à un niveau au minimum de 300 euros, c’est notre dû, c’est le rattrapage de notre salaire qui a été gelé, pendant plus de 10 ans », explique Cathy Le Pauvre, secrétaire CGT à l’hôpital de Pau.

"l’hôpital public n’est pas attractif, donc nous ne pouvons plus recruter"

« Il a été obtenu 15 000 postes ce qui fait 8 postes par établissement, donc rien », poursuite la Paloise. « A Libourne il faudrait 20 infirmières par mois » détaille Laurence Lagoubie aide soignante dans cet hôpital. « Le souci c’est que l’hôpital publique n’est pas attractif, donc nous ne pouvons plus recruter. Il faut rendre notre métier attractif. Au delà du salaire, il y a les conditions de travail qui ne sont pas prévues et ne seront pas améliorées avec ce protocole. Il y a aussi des zones d’ombre concernant la fermeture de lits, la fermeture d’hôpitaux. Nous n’avons pas de ligne de conduite ».

Concernant les restructurations c’est aussi l’inquiétude qui domine chez Cathy Le pauvre : « Les restructurations, la T2A (tarification à l’acte ndlr)… il n’y a aucun engagement qui a été pris de ce côté là au niveau du gouvernement donc non on est pas satisfaits. On est pas signataires de cet accord qui nous paraît totalement injuste, mensonger, du mépris pour les soignants ». « On n’a que des miettes », s’indigne Laurence Lagoubie.




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