Des masques en vente dans les pharmacies, bureaux de tabacs et grandes surfaces entre 2 et 15 euros

Le ministère de la santé a donné son feu vert aux pharmaciens pour la vente de masques en tissu comme ils le réclamaient. Ces masques devront permettre de renforcer les mesures barrières à partir du 11 mai. Pour éviter une deuxième vague d'épidémie. 

© ftvinfo
Il va falloir songer à s'y mettre, oui, oui, à porter un masque.

Avec des élastiques accrochés aux oreilles ou passés derrière la tête. Au diable le confort et l'élégance - quoique certains modèles peuvent donner un certain style - la priorité absolue est d'éviter une deuxième vague de contamination massive au moment du déconfinement.

Pharmacies sollicitées


Les pharmaciens réclamaient depuis début avril l'autorisation de vendre ces masques à usage non sanitaire à la population. Alors qu'ils ne pouvaient détenir et vendre jusque là que "des équipements de protection individuelle respiratoire" destiné au personnel soignant.

"Ces masques non sanitaires à visée collective, spécialement développés dans le cadre de l’épidémie actuelle, offrent, en complément des gestes barrière, une protection adaptée, en dehors du domaine médical. Et nous devons pouvoir répondre aux attentes de la population" plaidaient-ils.

Ils viennent d'obtenir gain de cause puisque le ministre de la santé Olivier Véran a publié samedi soir un arrêté au journal officiel autorisant les officines à vendre des masques textiles. 

Dans une pharmacie de l'agglomération bordelaise, des clients ont déjà appelé pour demander quand ils pourront venir en acheter. "On est en train de les commander" leur répond-on.

"Nous avons pris grand soin de passer des commandes à des fournisseurs que nous connaissons, des fournisseurs sérieux pour éviter de vendre tout et n'importe quoi" assure la propriétaire de l'officine, interrogée dans le reportage qui suit.
 
Des masques en vente dans les pharmacies, bureaux de tabacs et grandes surfaces entre 2 et 15 euros


Les pharmaciens sauront donner des conseils sur "la bonne utilisation de ces masques alternatifs" affirme Pierre Béguerie, l'un des représentants de l'ordre national de la profession. "Ils pourront expliquer le niveau de protection de chaque modèle" et proposer "des masques répondant à des normes de fabrication et d’efficacité". 
 

Des masques de différentes qualités 


Car tous les masques proposés n'auront ni le même prix, ni la même qualité. En fonction du tissu utilisé notamment. 

Certains seront à usage unique ou lavables deux ou trois fois et coûteront entre deux et cinq euros. D'autres résisteront à plus de cinquante lavages et seront vendus entre dix et quinze euros.

Les pharmaciens devraient pouvoir proposer à leurs clients ces masques en tissu dans le courant de la semaine, une fois les commandes passées.

On en trouvera aussi dans les bureaux de tabac et les grandes surfaces.

Cette multiplication des points de vente doit permettre de répondre à une demande qui risque fort d'exploser. En sachant qu'un masque doit être changé toutes les quatre heures...faites le calcul, il en faudra des millions.
 

Y en aura t-il assez ?


La filière textile française s'organise pour en fournir un maximum d'ici au 11 mai.

Lors de la première vague de déconfinement, 376 millions de masques seraient nécessaires pour protéger les secteurs prioritaires (education, commerces, artisanat..).

Un chiffre qui grimpe à 600 million pour une utilisation généralisée...

"La totalité des besoins" pourrait ne pas être couverte du moins pour le début du déconfinement selon une note du ministère de l'Économie révélée ce matin par le Journal du Dimanche. Elle stipule que "la production nationale hebdomadaire et les importations sont encore insuffisantes à ce stade".

Faudra t-il en fabriquer soi-même ? La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie l'encourage. Elle a d'ailleurs permis la réouverture des commerces de tissus dans cette perspective.
 

L'Afnor, l'association française de normalisation, a mis en ligne un guide permettant de confectionner chez soi ces masques barrières. 

Il indique précisément quelles sont les exigences minimales requises et explique quels tissus utiliser, quelles dimensions couper et quelles formes choisir.
 

Ces masques doivent filtrer 70% des particules et être lavables à 60° en machine s'ils sont de classe 2 c'est-à-dire destinés à un usage grand public.

S'ils sont voués à des être portés par des personnes en contact permanent avec des clients ils devront être de classe 1 et filtrer 90% des particules.
 
 

Apprendre à les utiliser 


Avoir un masque est une chose, bien l'utiliser en est une autre.

Nous devrons apprendre comment le porter pour qu'il soit réellement efficace. L'Afnor détaille tous les conseils d'usage, d'entretien et de stockage sur son site. 

Le masque doit être "ajusté étroitement sur le nez, la bouche, les joues et le menton" pour "assurer une étanchéité suffisante". 

Une fois qu'il est en place, "il ne faut plus le toucher" ou alors "se laver les mains à chaque fois qu'on le touche".

Il ne faut pas non plus le faire glisser "sur le menton ou le front en position d'attente avant ou après utilisation".

L'Afnor recommande de "le laver chaque fois qu'il est souillé ou mouillé ou mal positionné". Et dans tous les cas de ne pas le porter plus de quatre heures d'affilée. De prévoir également une pochette hermétique où le ranger.

L'association rappelle que congeler ces masques en tissu est inutile car cela ne permet pas de supprimer le virus.

Ces masques sont destinés à limiter la propagation de ses propres particules de salives dans l'atmosphère mais ne protègent pas d'une éventuelle contamination.  

Les gestes barrières associés restent donc indispensables : se laver régulièrement les mains, éternuer dans son coude et garder une distance minimum entre les personnes. 











 
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