Parole de confinés. Entre sport, réseaux sociaux et sortie éphémère, ces Bordelais nous racontent leur quotidien

© Olga Serjantu / Unsplash
© Olga Serjantu / Unsplash

Entre vacances et travail, les étudiants bordelais jonglent depuis lundi pour gérer au mieux leur confinement. À Mérignac ou Bordeaux, chacun sa méthode pour fuir l’ennui.

Par Julie Chapman

Depuis lundi, Alice Bacot tourne en rond dans son appartement bordelais. "J’ai de la chance, j’ai un grand appart, mais ni balcon, ni jardin", regrette l’étudiante.
 

"À quoi ça sert d'avoir un rythme ?"


Pour Alice Bacot, les cours, très pratiques, sont suspendus pendant le confinement. Alors, pour occuper son temps, elle multiplie les activités.

 "Je me suis mise à colorier des mandalas, chose que je ne faisais jamais. Je fais du ménage, je mets de la musique et regarde beaucoup beaucoup de replays", confie la jeune fille. 

Si elle confie grignoter "parce qu’il n’y a que ça à faire", elle s’oblige à faire un peu de sport chaque jour. 

En manque de l’extérieur comme beaucoup de confinés, elle limite ses sorties à son pas de porte, de temps en temps pour "prendre un peu l’air". 

"Hier je suis sortie devant chez moi, des policiers sont venus me demander ce que je faisais. Ils étaient très gentils mais m’ont conseillé de ne pas tarder", se rappelle Alice Bacot. 
 
Paroles de confinés. Sans jardin ni terrasse, Alice Bacot évite de penser au lendemain

Pour la jeune fille, l’ennui est son pire ennemi. "Le plus dure, c’est en fin d’après-midi, quand j’ai tout fait, que la journée se termine et que je réalise que demain sera pareil", sourit-t-elle, amèrement. 

Alors pour elle, point de règles. "À quoi ca sert d’avoir un rythme de vie si on reste encore confinés pendant des semaines ?", questionne Alice Bacot.

Des couchers tardifs donc, et des grasses matinées, pour essayer de faire passer le temps plus vite et avec lui, les lenteurs du confinement. 
 

La baguette de la joie


Loic et Juliette Moussier ont quant à eux préféré retourner chez leur parents. Pour Juliette Moussier, il s'agit d'un grand retour. Etudiante en kinésithérapie en Espagne, elle s'est empressé de rentrer en France, avant le confinement des deux pays.

"On les aide au maximum, on fait la cuisine par exemple", cite Loïc Moussier, lycéen bordelais. Mais ils avouent subir la tension actuelle.

"Tout le monde est un peu tendu à la maison. Mon père travaillant dans le domaine médical on essaie d'être le plus prudent possible mais tout le monde parle sans cesse du coronavirus, il y a un côté étouffant quand même", confie Juliette Moussier. Solution radicale, Juliette Moussier a désinstallé Facebook et Instagram de son portable, pour ne plus voir les nombreuses notifications. 

Et si pour Juliette Moussier, les cours continuent, le frère et la soeur ne lésinent pas sur les occupations.

"J’en profite pour monter mes vidéos des voyages que j’ai réalisé en début d’année, on profite du jardin aussi", raconte Juliette Moussier. 
Du sport, les deux jeunes ne peuvent pas s'en passer. "On fait du sport dans le jardin, on rallonge nos trajets pour marcher un peu plus. On veut continuer à garder une activité physique", explique Loïc Moussier. 

Alors pour garder le rythme, les deux jeunes mettent un réveil et tente de rester dynamique toute la journée. "On aime beaucoup bouger. Aujourd'hui, je suis allée chercher une baguette de pain et je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de faire une chose aussi banale", s'amuse Juliette Moussier. D'une pierre de coup, elle y a retrouvé sa meilleure amie, confinée à une rue de chez elle. Le temps d'échanger quelques nouvelles, avant un "check de coude". 
 
Parole de confinés. Plutôt actifs, Juliette et Loïc Moussier multiplient les activités
 

"Fuir les réseaux sociaux"

Mathilde est confinée à Mérignac depuis mardi. Seule dans son appartement de 40m2, elle s’est imposé un rythme quasi-millimétré pour "éviter l’ennui"."Je mets un réveil tous les matins, et je me prépare, comme si je sortais", détaille la jeune femme.

Le matin, elle s’occupe d’elle et de ses plantes. "J’essaie de prendre du temps pour moi, et de travailler ma main verte, j'ai beaucoup de plantes donc j'ai de quoi faire", sourit Mathilde. 
L’après-midi, elle fait du sport, "entre 30 minutes et une heure".

"Ca faisait longtemps que je n’en avais pas fait. Mais là, je n’ai plus d’excuse, alors je descends les marches de mon immeuble et je fais de la musculation sur ma terrasse", énumère la jeune femme. 

Ses parents et son frère ont décidé de se retrouver pour le confinement, une décision que n’a pas souhaité prendre Mathilde. "Ils sont tous en télétravail, moi non. Et ça fait longtemps que nous n’habitons plus ensemble, je préférais le calme de chez moi"

Elle explique pourtant se sentir parfois seule. "J’ai dû leur demander de m’appeler une fois par jour, pour prendre des nouvelles. Eux sont en communauté, ils ne comprenaient pas bien ma situation", précise la jeune femme.
Paroles de confinés. Mathilde suit un programme millimétré pour fuir l'ennui

Alors, pour ne pas perdre le contact, Mathilde communique via les réseau sociaux. "J’ai appelé ma grand-mère de 80 ans par FaceTime hier, pour prendre des nouvelles", lance-t-elle. Pourtant, elle essaie de rester le plus loin possible des réseaux sociaux, comme Facebook.

"C’est des espaces hyper anxiogène, avec toutes les publications et les messages que l’on reçoit. J’essaie de garder des distances, sinon, je tombe dans la dépression totale", avance Mathilde.

Dans quelques jours, elle fêtera son vingt-septième anniversaire. "Mon frère est né quelques semaines avant moi. On
​​​​​​avait l’habitude de faire de grandes réunions de famille pour l’occasion"
, se souvient Mathilde. Une réunion qui s’annonce virtuelle : elle envisage de faire un conversation skype, avec toute la famille, pour fêter ce moment, un peu particulier.

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