Passe vaccinal, fin de l'extension des terrasses : à Bordeaux, cafetiers et restaurateurs cumulent les contraintes sanitaires

Publié le
Écrit par Hélène Chauwin avec l'AFP et Elsa Arnould

Contraints d’adopter des règles de distanciation physique, incités dès demain, à contrôler le passe vaccinal et l'identité de leurs clients, les bars et restaurants bordelais doivent aussi renoncer à l'extension de leurs terrasses.

Le Conseil constitutionnel a validé ce vendredi la plupart des dispositions du projet de loi controversé instaurant le passe vaccinal, y compris les possibles vérifications d'identité par les cafetiers ou restaurateurs, au nom de l'objectif de "protection de la santé" face à l'épidémie de Covid-19. "Une tempête dans un verre d'eau" estimait sur franceinfo Jean Terlon, vice-président de l’UMIH-restauration, la branche de restauration de l’Union des métiers et des industrie de l’hôtellerie : 

"Le contrôle d’identité ne sera pas appliqué car, un, il n’est pas obligatoire, et deuxièmement on n’est pas formés à juger de la validité de ce passe" mais aussi "parce qu'on n'a pas le temps et on a déjà suffisamment de problèmes dans la restauration aujourd'hui", avait-il  réagi  au lendemain de l’adoption définitive du projet de loi sur le passe vaccinal.

L'UMIH, première organisation professionnelle des cafés, hôtels, restaurants, discothèques s'était réjouie du calendrier d'allègement des mesures sanitaires annoncé par le premier ministre. 

Pourtant, le passe vaccinal est mal vécu et pourrait être "un problème supplémentaire" aux difficultés de recrutement dans le secteur qui a "déjà tellement perdu" de personnels estime Jean Terlon. 

Dans un communiqué, publié le 10 janvier, l'HUMIH révélait les résultats de deux enquêtes réalisées en décembre 2021 et janvier 2022 par les quatre organisations professionnelles représentatives du secteur le GNI, le GNC, le SNRTC et l’UMIH. L'organisation professionnelle s'inquiétait d'"une chute inquiétante de l’activité des hôtels, cafés, restaurants et traiteurs organisateurs de réceptions".

"79% des restaurateurs disent perdre au moins 30% de leur chiffre d’affaires" en décembre 21.  Et en ce début 2022,  "85% des restaurateurs reconnaissent une baisse de leur activité du fait des contraintes sanitaires, une baisse qui atteint au moins 30% du chiffre d’affaires pour 81% d’entre eux.

Même constat chez les cafetiers :  "93 % disent subir une baisse d’activité du fait des mesures sanitaires prises par le gouvernement et notamment de l’interdiction de consommer debout au bar. 84 % des cafetiers reconnaissent que la baisse d’activité atteint au moins 30 % par rapport à 2019 à la même époque." peut-on lire dans le communiqué 

A Bordeaux, ils doivent aussi renoncer à la création ou l'extension de leur terrasse. Un coup de pouce dont ils bénéficiaient depuis juin 2020, levé le 31 décembre dernier par la municipalité. 

Installé Place Pey Berland, au pied de la cathédrale, Trong Tuan a vu sa terrasse réduite au minimum : 

"On avait une ligne de cinq [tables] ici et on nous avait accordé deux rangées de cinq supplémentaires. Depuis le 31 décembre cette partie là a complétement disparu" déplore-t-il 

Comme son restaurant, 500 établissements bordelais ont bénéficié d'une extension ou d'une création de terrasse depuis la fin du premier confinement, en juin 2020.
Une mesure supprimée par la municipalité, notamment face aux plaintes de certains riverains, justifie Sandrine Jacotot, adjointe à la mairie de Bordeaux en charge des commerces

"L'occupation du domaine public appartient aux Bordelaises et aux Bordelais. Parmi eux, vous avez également des riverains qui peuvent être à côté d'établissements ouverts 7 jours sur 7 jusqu'à deux heures du matin qui génèrent parfois des nuisances sonores, augmentées par l'extension des terrasses

Mais la décision suscite l'incompréhension des professionnels. Benoît Girault,  restaurateur a vu sa terrasse amputer des deux mètres supplémentaires. 

Je trouve ça un tout petit peu tôt. On est encore dans la crise. Je trouve çà bizarre de réduire les terrasses au mois de janvier alors que les cas augmentent"

Quarante-six propriétaires de cafés et de restaurants bordelais ont demandé la pérennisations de leurs terrasses éphémères. Des dossiers examinés par la mairie.