Procès d'un ancien radiologue pour viols et agressions sexuelles : quinze ans de réclusion criminelle requis

Bassam El-Absi, radiologue de Langon, aujourd'hui retraité, est accusé de viols et d'agressions sexuelles par huit femmes, dont une mineure à l'époque des faits. Au terme de cinq jours de procès, l'avocate générale a réclamé quinze ans de réclusion criminelle à l'encontre du médecin.

C’est la fin d’un procès de cinq jours. Depuis lundi 20 février, la cour d’assises de Bordeaux se penche sur l’affaire El-Absi. Âgé de 71 ans, ce radiologue de Langon, retraité, est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement huit femmes, dont une âgée de 15 ans à l’époque des faits, dans l’exercice de ses fonctions. L’avocate générale, Florence Poudens, réclame quinze ans de réclusion criminelle à l’encontre du médecin. Le verdict devrait être livré le 27 février prochain. 

Depuis le début de l’affaire, Bassam El-Absi nie tous les faits en bloc. Sa défense invoquait des actes non réalisés, sinon par nécessité médicale. Le radiologue, aujourd’hui radié de l’Ordre des médecins, allait même jusqu’à évoquer l’idée d’un "complot" généralisé.

"Un véritable système El-Absi"

Dans son réquisitoire, l’avocate générale a passé plus de deux heures à démontrer la véracité des propos des 8 femmes victimes de Bassam El-Absi. Des plaignantes "considérées comme fiables par les psychologues" et toutes "précises, circonstanciées et constantes dans le temps", comme l’assure Florence Poudens. "Je veux qu’on sache qu’on n'est pas des menteuses", témoignait la veille Peggy Ambeau, une des victimes. Elle accuse le médecin de l’avoir violée en 2013. Un "pervers déguisé en médecin", selon elle.

Balayant l’argument du complot, l’avocate générale a rappelé les différentes expertises sur les pratiques du radiologue retraité, qui révèlent que ses actes n’étaient pas "justifiés médicalement, ni réalisés dans les règles de l’art". Pour se défendre, Bassam El-Absi, assurait avoir des troubles d’érection l’empêchant de pratiquer les actes dénoncés. L’avocate générale Florence Poudens y a également répondu en citant d’autres expertises attestant que "les troubles de l’érection n’empêchent pas le maintien d’un désir sexuel" qui serait "parfois même amplifié".

"C’est un véritable système El-Absi. Un mode de vie. Un système d’emprise qui utilise le double pouvoir du médecin et de l’argent qu’il gagne, pour pervertir ses relations avec les femmes", a ainsi conclu l’avocate générale. Elle demande quinze ans de réclusion criminelle pour viol et agression sexuelle à l’encontre du radiologue de Langon.

Verdict le 27 février

Des réquisitions "sévères et infondées", selon Pierre Sirgue, l'avocat de Bassam El-Absi qui a fondé toute sa plaidoirie sur le doute. "Ce n'est pas si simple. Les victimes sont convaincues d'être victimes. Elles en sont convaincues, mais ce n'est pas parce qu'elles en sont persuadées que c'est la vérité", a-t-il défendu.

De son côté, Caroline Talbert-Camarero, avocate d'une des parties civiles, n'a pas mâché ses mots auprès des jurés. "Vous n'allez pas condamner un vieux monsieur, vous allez condamner un pervers lubrique, libidineux qui s'est servis de sa blouse pour abuser de sa fonction pendant plus de 30 ans", a-t-elle assuré.

Le verdict du procès est attendu le lundi 27 février prochain.

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