"Qui va payer l'addition ?", les ostréiculteurs du Bassin d'Arcachon en colère après l'interdiction de vente des huîtres

Ce vendredi 29 décembre au matin, le Comité régional de la conchyliculture Arcachon Aquitaine (CRCAA) s'est réuni pour une conférence de presse à Gujan-Mestras, deux jours après l'interdiction à la vente des huîtres du Bassin d'Arcachon.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

"On n'y est pour rien, on a bien fait notre travail." Ce vendredi 29 décembre au matin, les ostréiculteurs ont fait entendre leur colère lors d'une réunion de crise à Gujan-Mestras. Suite à l'interdiction de vente des huîtres jusqu'au Nouvel An, les producteurs estiment les pertes à 9 millions d'euros. Plus de 800 tonnes de coquillages resteront invendues. 

"On veut être responsable, on a beaucoup d'empathie à l'égard de nos clients qui ont été fidèles, précise Olivier Laban, président du comité régional de la conchyliculture. La décision qui a été prise était la bonne, mais on a du mal à l'avaler."

Sentiment d'injustice

Cette interdiction a été décidée le mercredi 27 décembre en raison de la présence d'un virus dans les huîtres, le norovirus, qui déclencherait des vomissements ou des diarrhées, semblables aux symptômes de la gastro-entérite.

Une décision rapide, selon Hélène Chancel-Lesueur, directrice adjointe de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). "Nous avons eu les résultats d'analyse qui sont arrivés les 26 et 27 décembre, nous avons fermé par arrêté dans les heures qui suivent"

Les 150 professionnels présents lors de la réunion de crise évoquent une véritable injustice. Eux, mettent en cause le réseau d'assainissement des eaux usées qui n'aurait pas résisté aux pluies intenses de ces dernières semaines."On est sur un territoire qui obtient 800 000 millimètres d'eau par an, sur ces deux mois et demi, c'est 750 000 millimètres qui sont tombés, donc on peut parler de pluies centennales, c'est un phénomène exceptionnel", détaille Olivier Laban.

À qui la faute ?

Une hypothèse confirmée par le syndicat intercommunal du Bassin d'Arcachon, sous pression depuis 48 heures."C'est vraiment lié au cumul pluviométrique de ces dernières semaines sur la totalité du bassin-versant qui a ruisselé, s'est chargé de nos traces de vie et qui a petit à petit rejoint des fossés et des cours d'eau pour in fine finir dans le bassin d'Arcachon", détaille Marine Deschamps, responsable du pôle pluvial.

On est sur des quantités d'eau énormes sur lesquelles on n'a pas forcément de capacité de gestion.

Marine Deschamps,

responsable du pôle pluvial

Pour éviter que les huîtres ne soient de nouveau contaminées, le service de gestion des eaux pluviales développe et supervise de nouvelles infrastructures. C'est le cas notamment au bassin de rétention à Gujan-Mestras qui déploie 18 hectares de capacité pour recueillir les eaux pluviales et prévenir les inondations. Un projet cependant coûteux de sept millions d'euros.

durée de la vidéo : 00h01mn58s
Les ostréiculteurs mettent en cause le réseau d'assainissement des eaux usées. ©Justine Roy France 3 Aquitaine

Des dépôts de plainte

En attendant d'autres solutions, le syndicat intercommunal appelle à une action coordonnée de toutes les communes du bassin-versant. Certains ostréiculteurs envisagent de porter plainte. "Qui va payer l'addition ?, s'interrogent les professionnels, On attend des réparations financières."

J'ai déjà un premier rendez-vous avec le Préfet pour entrevoir des solutions concrètes pour indemniser les entreprises sinistrées, sinon, il y aura recours à la plainte.

Olivier Laban

président du comité régional de la conchyliculture (CRCAA)

La reprise des ventes d'huîtres ne sera possible qu'à partir du 15 janvier au plus tôt. En attendant les résultats de l'enquête sanitaire, le comité régional appelle à la prudence.