Rentrée scolaire en Nouvelle-Aquitaine : pédagogie autour de la vaccination pour la rectrice

La traditionnelle conférence de presse de la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine, rectrice de l'académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure s'est tenue ce vendredi matin. Une conférence marquée par l'annonce des mesures relatives à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

Les premières semaines de l’année scolaire seront consacrées à une campagne d'information et de sensibilisation des parents et des élèves. 
Selon le ministère, celle-ci devrait permettre d’identifier le nombre de personnes à vacciner, de recueillir les autorisations parentales pour les élèves de moins de 16 ans et de préparer les locaux en lien avec la collectivité territoriale, afin de mettre en place des dispositifs vaccinaux au sein des établissements scolaires.

Ceux-ci pourraient prendre la forme de partenariats avec les centres de vaccination visant à dédier des créneaux aux élèves volontaires, d'intervention d'équipes mobiles constituées de personnels intervenant habituellement dans les centres ou encore d'un accompagnement de groupes d’élèves depuis les établissements vers les centres de vaccination.

En cas de détection d'un cas de Covid avéré dans une classe de collège ou de lycée, les élèves bénéficiant d'un schéma vaccinal complet pourront continuer d'assister aux cours en présentiel, en respectant les gestes barrières.

Les autres devront rester à la maison durant 7 jours, en bénéficiant cependant d'un dispositif de "continuité pédagogique". Un traçage "fin" des cas contacts doit également être mis en place. Ce qui fait réagir le syndicat du secondaire SNES 33 par la voix d'Arnaud Lacombe qui y voit une situation ingérable pour les enseignants. 

C'est impossible pour les collègues. On ne peut pas imaginer qu'il y ait une classe en situation, tout en faisant le double de travail avec des élèves qui ne sont pas présents.

Arnaud Lacombe - syndicat enseignant du secondaire SNES Gironde -

En revanche, en cas de détection d'un cas de Covid dans une classe du premier degré, celle-ci sera immédiatement fermée pour une durée de 7 jours, le ministère raisonnant qu'il est plus difficile d'y faire respecter les gestes barrières, et les enfants de moins de 12 ans n'étant pas éligibles à la vaccination.

Par ailleurs, le port du masque est obligatoire pour tous les élèves, dès le primaire. En revanche, il pourra être enlevé dans les cours de récréation, sauf arrêté préfectoral.

Risque de stigmatisation ? 

Les parents délèves, par la voix de Stéphanie Anfray représentante FCPE de Gironde, appellent à la vigilance pour qu'il n'y ait pas de stigmatisation des élèves entre ceux vaccinés et ceux qui ne le sont pas. 
 

Attention à ce qu'il n'y ait pas de stigmatisation car on sait très bien que selon les territoires, le taux de vaccination ne sera pas le même.

Stéphanie Anfray - représentante FCPE Gironde -

Dans la cadre du niveau 2 du protocole, effectif pour cette rentrée scolaire, le pass sanitaire ne sera pas nécessaire à présenter pour accéder aux établissements, tant pour les élèves que pour leurs parents. De même, celui-ci ne sera pas obligatoire pour les sorties scolaires en extérieur.

En revanche, il sera demandé en cas de sortie dans les lieux où sa présentation est obligatoire, tels que les musées ou les théâtres.

"Si le pass n'est pas nécessaire, nous appliquons cependant le protocole sanitaire dans les établissements, le port du masque, les gestes barrières, l'aération et le nettoyage, explique Anne Bisagni-Faure. Nous connaissons ce protocole depuis la fin juillet, tout est donc bien rodé. Nous sommes prêts."

En ce qui concerne la vaccination, plus de 60% des jeunes de 12 à 17 ans en Nouvelle-Aquitaine disposeraient déjà d'un schéma vaccinal complet, selon la rectrice.

Un taux supérieur à la moyenne nationale pour cette tranche d'âge, établie selon le ministère à 56% au 23 août.

Protéger les professeurs, une priorité

Au cours de la conférence, Anne Bisagni-Faure a tenu à saluer la "capacité d'adaption solide" des écoles, rappelant que celles-ci ont été "au rendez-vous face à l'adversité" de la crise sanitaire, et de l'assassinat de Samuel Paty.

L'occasion également de rappeler qu'au cours de cette rentrée, "l'accent sera mis sur la protection des professeurs" : ainsi, le respect du corps enseignant devrait être codifié et inscrit dans le code de conduite des établissements, afin "d'impliquer les parents" et éviter que les professeurs ne deviennent les cibles du mécontentement lié au protocole sanitaire.

Nous nous mobilisons pour consolider les réformes, défendre l'égalité des chances et la justice sociale.

Anne Bisagni-Faure, rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine

Des annonces qui n'ont cependant pas entièrement satisfait les syndicats enseignants : "ce protocole est insuffisant, déclarait ainsi lundi dernier Gilles Tabourdeau, secrétaire départemental SNUipp-FSU de la Vienne. Il est en-deçà de celui en vigueur en juillet au moment de la sortie (scolaire, ndlr) alors que le variant delta se déploie de façon massive."

Dans un communiqué publié ce vendredi sur son site internet, la branche Aquitaine du Syndicat Général de l'Education Nationale - CFDT (Sgen-CFDT) déplore quant à elle le "retard pris" sur la question de l'aération : "dès le printemps 2020 nous demandions que toutes les collectivités locales qui en auraient besoin soient aidées par l’État pour réaliser les travaux de réfection des fenêtres, installer des systèmes d’aération performants là où c’est nécessaire." 

Pour le syndicat, il y a en effet urgence à financer les travaux et les équipements pour "sécuriser les élèves, les personnels et se donner les moyens de limiter les fermetures de classes et d’établissements.

Pour Xavier Yvart, secrétaire académique du SNPDEN-UNSA de l'académie de Bordeaux, le syndicat des proviseurs de lycée, les mesures annoncées pêchent plus par la forme que par le fond. 

"C'est une satisfaction de noter le retour des élèves dans les établissements, et nous estimons que le niveau 2 du protocole est adapté à la situation, explique-t-il. En revanche, les modalités de communication du ministre de l'éducation nationale nous semblent une nouvelle fois très désagréables."

Déplorant le fait d'avoir appris la nature du protocole par voie de presse, Xavier Yvart rappelle que la fonction des proviseurs et proviseurs adjoints est soumise à une pression "croissante", avec un nombre "grandissant" de missions et de tâches à accomplir :

"Pour pouvoir y parvenir de la façon la plus efficace possible, il serait bon de mieux communiquer," soupire-t-il.

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