Réouverture des magasins : le casse-tête du personnel

Depuis lundi, les commerces de textile et chaussures ont rouvert leurs portes pour accueillir les premiers clients après deux mois de confinement. Une reprise qui doit se faire dans les règles sanitaires, un vrai casse-tête pour les employés. Témoignages dans des commerces de Bordeaux et Biarritz.
© GEORGES GOBET / AFP
Pression pour compenser le manque d'activité du confinement, suivre et faire suivre les règles sanitaires, gérer le retour parfois massif des clients... Les vendeurs et vendeuses connaissent une semaine de reprise intense. 
   

Prendre le maximum de précautions 

Bouteille de désinfectant et chiffon de nettoyage en main, c'est désormais la tenue complète du parfait vendeur. Sans oublier bien sûr, le masque sur le visage. Après une pandémie, pas d'autre choix que de faire attention. "On désinfecte au maximum tout ce qu'on peut toucher, les fauteuils, les meubles... C'est pour rassurer les clients mais aussi pour nous", explique un membre du personnel d'une grande enseigne de la rue Sainte-Catherine à Bordeaux.

Sur le qui-vive depuis lundi 11 mai, les vendeurs des grandes enseignes et les petits commerçants attendaient avec impatience le retour de l'activité. Gel hydroalcoolique à l'entrée, gants mis à disposition, files d'attente et restriction du nombre de personnes dans le magasin, tout est fait pour que le client puisse faire son shopping dans les meilleures conditions d'hygiène. 
 

Une organisation inédite qui demande du temps et de l'énergie supplémentaire au personnel mais que les commerçants sont prêts à faire : "le steamer est devenu notre meilleur ami !, sourit Gladys Sécat, co-gérante de concept-stores dans la région, il nous permet de passer à 60 degrès tous les vêtements touchés ou essayés". Ces petits défroisseurs à vapeur s'ajoutent à la panoplie du vendeur pour affronter la crise sanitaire. Tout doit être nettoyé, désinfecté, aseptisé. La caisse et le terminal de paiement avant et après chaque transaction, la cabine à chaque essayage... Pas le choix, le magasin doit être régulièrement impeccable de fond en comble. 


Trouver des solutions 

Chez Les Bernadettes Concept-Store , les boutiques de Gladys Sécat, on opte également pour le e-shop, le drive et des horaires privilégiés pour les clients réguliers. "On essaye de limiter les essayages en magasin, donc on incite nos clientes à essayer leurs articles à la maison et à nous les retourner s'ils ne conviendraient pas", explique la gérante. Echange et remboursement pour éviter autant que possible les interactions entre la marchandise et l'acheteur comme solution d'appoint et regagner petit à petit la clientèle perdue de vue depuis deux mois. 

Du côté des grandes marques, la clientèle s'est faite moins désirer mais les obligations de gestion restent les mêmes pour le staff. Des masques lavables leur sont distribués, les horaires sont réaménagés, les caisses sont équipées de vitres en plexiglass, même un balai est chorégraphié pour respecter les 1m50 de distanciation entre le caissier et le client: un pas en arrière du comptoir lorsque le client s'avance pour récupérer son article. 


S'imposer des contraintes mais pas au client

Si les masques et le respect des gestes barrières sont obligatoires pour les employés, ils ne le sont pas toujours devenus pour les clients et impossible de penser à un "flicage" permanent des potentiels acheteurs dans les magasins, ce qui devient parfois une source de stress pour le personnel. 
   
"A partir du moment où on respecte les gestes basiques, je trouve qu'ajouter d'autres règles c'est un excès de protocole. En plus si, le magasin accepte des gens sans masque, tout ça ne sert à rien, les clients peuvent répandre le virus partout. Y compris sur nous. Par exemple, si on nous touche, notre seul recours, c'est de s'éloigner, en allant dans la réserve. Dans tous les cas, on ne pourra pas virer les clients qui ne respectent pas les règles, c'est très frustrant !", explique Jeanne, vendeuse pour une grande enseigne. 
   
Les appréhensions chez les vendeurs et vendeuses, notamment dans les grands magasins se font ressentir depuis la réouverture cette semaine et les témoignages ne manquent pas pour signaler que la gymnastique du déconfinement n'est pas encore complètement rodée. 
 
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