La soirée électorale d'une Bordelaise aux USA : "je ne m'attendais pas à ce qu'autant de gens votent Trump"

Bordelaise exilée en Californie depuis deux ans, Christine Duquesne raconte sa soirée électorale en compagnie d'amis démocrates. Alors que Donald Trump revendique la victoire avant l'annonce des résultats définitifs, la Française s'inquiète des divisions croissantes aux Etats-Unis. 
La soiré électorale projetée en direct sur le mur d'une maison aux Etats-Unis (image d'illustration)
La soiré électorale projetée en direct sur le mur d'une maison aux Etats-Unis (image d'illustration) © Sandy Huffaker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
C'est le scénario qu'elle redoutait : Joe Biden et Donald Trump au coude à coude. Christine Duquesne, ex-bordelaise vit depuis deux ans en Californie. Installée non loin de San Francisco avec son mari et ses enfants, elle a passé la soirée à suivre les élections à la télévision avec des amis américains.
Après des heures passées "sous tension", "les yeux rivés sur l'écran" à manger des pizzas, ils se sont quittés sans savoir qui, du démocrate ou du républicain allait remporter le duel.

La course aux grands électeurs

"Je pensais que ce serait plus clair, plus marqué, reconnaît la Française. Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de gens qui votent Trump". Ce mercredi matin, alors que des résultats sont toujours en attente, Donald Trump a remporté 23 états, dont la Floride, l'Iowa, l'Ohiao et le Texas, contre 19 pour Joe Biden.

Les états du centre du pays ont majoritairement choisi Trump. C'est ensuite le nombre de grands électeurs qui fera la différence. A l'heure actuelle, Joe Biden en a remporté 235 contre 213 pour son rival. C'est celui des deux qui en obtiendra 270, soit la majorité absolue sur les 538 au total, qui aura gagné l'élection.

Les résultats définitifs ne seront pas connus avant plusieurs heures voires plusieurs jours, mais déjà, après avoir revendiqué la victoire, Donald Trump a accusé les démocrates de fraude.
 

Retrouvez la carte des résultats sur le site de France info


Un système, complexe, long et bien éloigné de celui que nous connaissons en France. Mais Christine et son mari, étaient prêts pour cette échéance. "Nous avions déjà vécu en Californie à la fin des années 90 et assisté à l'élection de George W. Bush, nous connaissions déjà bien ce système électoral qui est très particulier", précise-t-elle.
 

La politique, un sujet tabou

Christine et son mari, ne votent pas, mais ont suivi assidument la campagne. "Mon fils de 14 ans ne s'y est pas vraiment intéressé, mais ma fille de 17 ans, qui veut étudier les sciences politiques observe ça avec attention".
La famille est ouvertement très favorable à Joe Biden.

La Californie, où elle réside a, sans surprise, voté démocrate. "Ici, contrairement à la France, les gens ne parlent que très peu de politique, observe Christine Duquesne. Il n'y a que deux grands partis, c'est donc très facile de deviner pour qui les personnes vont voter."
 

Je pense que c'est pour ça que les Américains préfèrent éviter le sujet. On n'a pas comme en France de grands débats, des tablées où l'on refait le monde et où chacun avance ses arguments. C'est beaucoup plus tabou.

Christine Duquesne

 

Des conséquences sur les visas ?

A titre personnel, et en tant qu'immigrés, la réélection de Donald Trump pourrait jouer en la défaveur du couple. Christine bénéficie d'un permis de travail, directement relié au visa de travail (d'une durée de cinq ans) de son mari.  
"Je sais que l'administration Trump a déjà réduit la durée de certains visas. Et désormais le renouvellement du permis de travail peut prendre jusqu'à un an…
Il faut savoir que ce sont des démarches qu'on ne peut pas entreprendre plus de six mois avant la date d'expiration, et qu'elles sont très coûteuses".

"Nous avons peur que le pays devienne encore plus divisé"

Les amis américains chez qui le couple français a passé la soirée n'ont pas caché leur déception de ne pas voir Joe Biden l'emporter franchement. "Ils nous ont dit que nous vivions dans un pays de fous. Qu'ils espéraient avoir un peu de répit pendant les quatre prochaines années, sourit Christine.

Il y a déjà tellement de théories du complot, de racisme dans le pays. Certains parlent même de prendre les armes si Biden est élu…  Nous avons tous peur que si Trump repart pour quatre ans, le pays devienne encore plus divisé".
 
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