Variant indien en Nouvelle Aquitaine : trois cas identifiés, "nous ne sommes pas dans une situation de cluster"

L'ARS Nouvelle Aquitaine s'est voulue rassurante ce 30 avril tout en confirmant la détection de trois cas du variant indien de la covid-19 : deux en Lot-et-Garonne et un à Bordeaux. Parmi leurs cas contacts positifs, des séquençages sont en cours pour vérifier s'il s'agit de ce variant.

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"Ces trois personnes vont bien et ont été asymptomatiques ou peu symptomatiques. Elles n'ont pas fait de forme grave". Parmi ces trois cas identifiés, de jeunes adultes "la trentaine", "aucun n'était vacciné et aucun n'avait eu le covid". Benoît Elleboode, le directeur général de l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine rappelle qu'il existe un certain nombre de mutations de ce virus et que ce variant indien n'est pas forcément plus agressif ou plus contagieux, "rien n'est démontré" et que par ailleurs, selon Patrick Dehail professeur et conseiller médical du directeur de l'ARS, "il n'est pas le variant dominant même en Inde".

Benoît Elleboode, directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine et son conseiller médical, Pr Patrick Dehail.
Benoît Elleboode, directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine et son conseiller médical, Pr Patrick Dehail. © M. Neuville/ France 3 Aquitaine

En France comme en Nouvelle-Aquitaine, ils le rappellent, c'est toujours le variant dit "anglais", parce qu'il a été identifié pour la première fois en Angleterre, qui est dominant. La semaine passée, semaine 16, d'après les chiffres de santé publique France, le variant anglais représentait 87,7% des contaminations contre 3,2% de variants brésilien et Sud-Africain.

Concernant ce nouveau variant indien : "nous sommes donc en présence, en Nouvelle-Aquitaine, de trois cas confirmés: deux personnes en Lot-et-Garonne et une personne en Gironde, à Bordeaux" , explique le directeur général de l’agence de santé.

Les cas du Lot-et-Garonne

Ce premier cas lot-et-garonnais concerne une femme, "jeune adulte", "qui a été dépistée et testée à l'occasion d'un souhait de voyage à l'étranger. Le test a montré une anomalie". C'était le 9 avril dernier. Dans ce cas, un séquençage est automatiquement réalisé, une enquête de l'ARS "qui a montré un voyage de cette dame en Inde bien avant qu'on ait connaissance de ce variant" (datant du mois de mars). Et le cas a été confirmé. Dès sa positivité, elle avait été isolée et les cas contacts recherchés.

C'est l'enquête qui a permis d'en savoir plus car "la personne ne parle pas très bien Fançais" et "ne venait pas directement d'Inde", elle était passée par d'autres pays d'Europe avant la France. 

Trois cas contacts ont été identifiés. Il s'agit du cercle familial. Il y avait un enfant qui n'est pas positif.. Le mari a été identifié positif au covid-19 et variant indien. " Il avait été testé début avril et nous venons d'avoir la confirmation" : il s'agissait bien, lui aussi, du variant indien. (séquençage effectué au CHU de Toulouse)

"Evidemment, depuis le 9 avril, ces gens ont été isolés, re-testés avant d'être dés-isolés... Ils sont maintenant négatifs. Il n'y a pas de problème particulier".

Le cas bordelais

Le troisième cas de variant indien, c'est un homme, un jeune adulte, qui revenait de l'étranger, d'un voyage en Inde où il allait pour des raisons professionnelles, travaillant pour une firme internationale. Suite à sa positivité covid-19, il a été confirmé lors du séquençage comme variant indien "avec des petites particularités"...

Selon Patrick Dehail, l'homme "a présenté des symptômes en décalage par rapport à son retour. Il est rentré le 18 et le 25, il a été testé positivement avec une PCR. Ensuite se sont enchaînées les mesures qui sont maintenant bien au point. Il y a eu un premier criblage qui a conduit à la réalisation d'un séquençage partiel au CHU de Bordeaux". Le séquençage montre alors d'autres caractéristiques du variant indien "tel qu'il a été identifié". C'est pourquoi, un séquençage complémentaire du génome entier est en cours au CNR de Lyon. "Il y a des variants dans les variants"...

Parmi les dix contacts identifiés "à risque" par les services de santé, quatre personnes sont positives à la covid-19. "Tout le monde est isolé, tout le monde a été prélevé". Il est "très probable" que ce soit le variant indien "mais on attend les résultats du séquençage". Ils seront connus lundi 3 mai.

Quel dispositif pour les voyageurs de retour d'Inde ?

Depuis le 24 avril 2021, "en raison de la propagation du virus dans certains pays, et en particulier de plusieurs variants, les mesures de contrôle des arrivées depuis ces pays « à risque » sont renforcées". Un isolement de 10 jours est imposé aux voyageurs en provenance d'Inde, mais également de l'Argentine, du Brésil, du Chili, de Guyane et d'Afrique-du-Sud.

Suivant l'avis du Conseil scientifique, il est établi une quarantaine obligatoire dans les conditions suivantes :

Seuls les ressortissants français, leurs conjoints et enfants, et les ressortissants de l'Union européenne ou d'un pays tiers ayant leur résidence principale en France sont autorisés à rentrer en France.

Les tests sont requis. Avant d'embarquer, un test PCR négatif de moins de 36h (au lieu de 72h) est désormais nécessaire, ou un test PCR négatif de moins de 72h accompagné d'un test antigénique négatif de moins de 24h.

La réalisation d'un test antigénique sera rendue systématique à l'arrivée en France, avant de quitter l'aéroport.

En savoir plus sur le site du ministère des Affaires Etrangères

Des questions sur l'entrée et le séjour en France ? Un numéro vert : 0800 130 000.

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