Vélotaf à Bordeaux : cyclistes militants, ils racontent leur quotidien à deux-roues sur les réseaux sociaux

Photo d'illustration / © MichaelGaida Via Pixabay
Photo d'illustration / © MichaelGaida Via Pixabay

Avec l'explosion du nombre de cyclistes à Bordeaux ( +38% entre 2014 et 2017 ), la voix des cyclistes porte de plus en plus, notamment sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, une communauté s'est formée, celle des #vélotafeurs. Qui sont ces cyclistes militants à Bordeaux ? 

Par Alice Robinet

Sas vélo encombrés, aménagements inadaptés, pistes cyclables qui font office de zone de livraison ou de dépose-minute...Quels cyclistes de l'agglomération bordelaise n'ont jamais été confrontés à ces difficultés ?

Pour @Cyclo Cannelé et @CyclOptimiste, qui se réclament de la communauté #vélotaf, l'amélioration de la sécurité de leurs trajets quotidiens passe notamment par le militantisme sur les réseaux sociaux.

Sur Twitter, ils postent donc régulièrement des vidéos et photos capturées pendant leurs déplacements, en évoquant les aspects positifs comme négatifs. 
 
 
 

Activité physique et économies plutôt qu'une démarche environnementale 


Derrière @CyclOptimiste s'exprime Clément, ingénieur logiciel dans l'aéronautique, âgé de 28 ans. "Depuis deux ans, je me suis remis entièrement au vélo" explique-t-il. "J'ai aussi une voiture, mais je passe souvent 15 jours sans m'en servir". En plus d'aller travailler à bicyclette, il utilise son vélo-cargo pour aller chercher ses enfants à l'école et parcourt au total une vingtaine de kilomètres par jour. 

"Depuis quatre ou cinq ans, j'effectue 90% de mes déplacements à vélo" affirme de son côté @Cyclo Cannelé, alias Adrien, 27 ans, qui a revendu sa voiture depuis plusieurs années. Pour rallier Cenon à Pessac, il avale 26 km à vélo chaque jour. 

Ce qui a poussé ces deux jeunes actifs à opter pour le vélo, c'est d'abord la possibilité de faire du sport et des économies.

"La protection de l'environnement, ce n'était pas le plus important" lorsqu'il s'est mis au vélo, précise Adrien, tout comme Clément, qui souhaitait avant tout avoir "une activité physique régulière tout en remplaçant la voiture".  
 

"Dénoncer tout en étant constructif" 


"Sur Twitter, j'essaie de dénoncer tout en étant constructif", affirme Clément. Inscrit depuis février 2017, il a déjà posté 13 000 tweets. 
 

"L'enjeu majeur, ce sont les aménagements", juge-t-il, comme par exemple cette piste débouchant sur un rond-point, où les végétaux gênent la visibilité. Un aménagement pourtant refait après le décès d'un cycliste heurté par un camion dans cette zone. 
 

Lorsqu'il a posté ce message, Clément a reçu une réponse de la part du compte officiel de la Métropole, @CirculationBxM, lui indiquant que sa remarque allait être communiquée aux services concernés.
 

"Sur Twitter, surtout des échanges entre cyclistes" 

 
Mais CyclOptimiste reconnaît que l'impact de ses messages sur Twitter reste limité.  "En tant que compte militant, on a du mal à atteindre les automobilistes, c'est surtout des échanges entre cyclistes", regrette-t-il.

Mais son engagement ne s'arrête pas là : Clément est aussi adhérent de l'association Mérignacaise Léon à Vélo et s'adresse régulièrement à sa mairie pour signaler des aménagements manquant ou autres.
 

Une masse critique de cyclistes à Bordeaux ?

 
Malgré l'augmentation du nombre de cyclistes sur les routes de la métropole et la mise en place du plan vélo, Cyclo Cannelé n'a pas noté d'amélioration concernant la cohabitation et le respect des aménagements cyclables.

"Il faudrait davantage sensibiliser l'ensemble des usagers", plaide-t-il. 
 

"Tous les cyclistes de l'agglomération subissent des régulièrement des incivilités dangereuses, comme des déplacements rasants" estime de son côté Clément. Mais "on a atteint une masse critique de cyclistes à Bordeaux" ajoute-t-il, optimiste. 

En septembre 2018, la pratique du vélo a progressé de 26% par rapport à septembre 2017, vient d'annoncer la Métropole.

L'an dernier, 80 000 personnes utilisaient déjà chaque jour un vélo dans l'agglomération bordelaise. 

 

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