Victime d'injures sexistes et homophobes, l'adjointe au maire de Bordeaux Harmonie Lecerf porte plainte

Adjointe au maire chargée de l'accès aux droits et solidarités à Bordeaux, Harmonie Lecerf a reçu un message d'injures sexistes et homophobes sur sa page facebook. C'est la première fois qu'elle est visée depuis qu'elle a été élue, et ne compte pas laisser passer cela. 

Harmonie Lecerf, adjointe au maire chargée de l'accès aux droits et des solidarités au sein de la majorité municipale à Bordeaux, a été victime d'injures sexistes et homophobes dans un message reçu sur les réseaux sociaux. Elle a décidé de porter plainte.
Harmonie Lecerf, adjointe au maire chargée de l'accès aux droits et des solidarités au sein de la majorité municipale à Bordeaux, a été victime d'injures sexistes et homophobes dans un message reçu sur les réseaux sociaux. Elle a décidé de porter plainte. © Photo Mairie de Bordeaux

"Grosse gouine", "cerveau malade"... Il y a quelques jours, l'adjointe à la mairie de Bordeaux Harmonie Lecerf a reçu un message d'injures sexistes et homophobes sur facebook.

Si elle avait déjà été visée par des propos injurieux sur les réseaux sociaux pendant la campagne des municipales l'an dernier, c'est la première fois que cela lui arrive depuis qu'elle a été élue, et elle a décidé de ne pas laisser passer. 

"C'est effrayant de recevoir ce type de message. En tant qu'élue, je me sens à la fois plus armée pour réagir, mais également plus exposée et vulnérable", explique-t-elle, rappelant que ces propos "relèvent du pénal". 

Voici le message reçu par Harmonie Lecerf sur Facebook.
Voici le message reçu par Harmonie Lecerf sur Facebook.

Jusqu'à 3.000 euros d'amende 

Avant de déposer plainte, Harmonie Lecerf est passée par la plateforme de signalement des violences sexuelles ou sexistes, mise en ligne depuis septembre 2019. "J'ai rapidement été rappelée par le commissariat pour aller déposer ma plainte", se satisfait-elle. 

Pour rappel, les injures non publiques à caractère sexiste ou homophobe sont punies par une amende de cinquième classe, c'est-à-dire de 1 500 euros, jusqu'à 3 000 euros en cas de récidive, selon l'article R625-8-1 du Code Pénal.

D'autre part, l'outrage sexiste, c'est-à-dire, selon l'article 621-1-1 du Code Pénal, le fait "d'imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante" est passible d'une amende de quatrième classe, qui s'élève au maximum à 750 euros.

Vers la levée de l'anonymat de l'expéditeur ? 

Désormais, elle attend de voir quelles seront les suites données à sa plainte. "L'expéditeur est un compte anonyme sur facebook, qui partage des contenus sexistes, ce genre de choses", explique-t-elle.

Qui se cache réellement derrière cette page ? Si facebook communique aux enquêteurs des informations susceptibles de l'identifier, "je suis assez curieuse de savoir s'il s'agit d'une personne au discours construit, ou plutôt quelqu'un qui manque d'éducation...", s'interroge Harmonie Lecerf. 

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