Vitrines vandalisées à Bordeaux : un jeune condamné à 6 mois de prison ferme

Trois personnes avaient été interpellées samedi suite aux dégradations commises rue Sainte-Catherine en marge de la manifestation organisée samedi dernier contre la loi sécurité. L’une d’entre elles a été jugée ce mardi en comparution immédiate.
 
Samedi, rue Sainte-Catherine, des vitrines ont été brisées par des casseurs en fin de manifestation
Samedi, rue Sainte-Catherine, des vitrines ont été brisées par des casseurs en fin de manifestation © CO - France 3 Aquitaine

L’accusé, âgé de 19 ans, a été condamné ce mardi 1er décembre à 6 mois de prison ferme. Une peine exemplaire. Le ministère public avait requis 8 mois ferme. Une décision qui n’a pas été assortie d’un mandat de dépôt, l’accusé va donc quitter la prison de Gradignan. Il sera incarcéré lorsque le juge des libertés et de la détention décidera de mettre sa peine à exécution. Il était jusque-là inconnu de la justice.

"Je regrette"

Dans le box des accusés, il a reconnu les faits. L’accusé a été trahi par les vidéos des caméras de vidéosurveillance sur lesquelles on le reconnait à son sweat shirt sur lequel est notamment inscrit VRP sur le devant. Il a reconnu avoir allumé un feu de poubelle et participé à la destruction des vitrines du H&M, de la FNAC, des Galeries Lafayettes et du McDonald’s. Les quatre enseignes étaient partie civile dans cette affaire, tout comme Bordeaux Métropole. A l’audience le jeune homme a dit être allé à la manifestation pour sortir de chez lui après le confinement et "voir du monde". Il a  également affirmé avoir cassé « sans réfléchir », de manière non préméditée. « Je regrette », a-t-il avoué.

Interdiction de se rendre aux Galeries Lafayettes

Son avocate, maître Nathalie Noël, avait demandé un sursis probatoire. Il a finalement été condamné à 18 mois de prison dont 6 mois de prison ferme avec un sursis probatoire de 3 ans. Sa peine est assortie d’une obligation de soin, le jeune homme ayant évoqué son addiction au cannabis et à l’alcool. Sa peine est également assortie d’une obligation de formation et d’activité professionnelle, une obligation de réparation des dégâts causés, et d’une interdiction  manifester et de se rendre aux Galeries Lafayettes.

 
Les manifestants passent devant la Fnac protégée par les forces de l'ordre après avoir été vandalisée.
Les manifestants passent devant la Fnac protégée par les forces de l'ordre après avoir été vandalisée. © FTV
 

Rappel des faits

Samedi, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Bordeaux contre le texte de loi sécurité globale. Ils étaient entre 6000 selon la préfecture, et 15 000 selon les organisateurs. Le cortège a défilé dans le calme jusqu’à la place Pey Berland. Mais une partie des manifestants a poursuivi son chemin et certains ont continué de marcher jusqu’à la rue Sainte-Catherine où de nombreux Bordelais s’étaient rendus pour faire les achats de Noël. C’était en effet ce samedi que les magasins étaient autorisés à rouvrir après plusieurs semaines de confinement et de fermeture des commerces autres que de première nécessité.
La vitrine du Zara a été cassée, obligeant les vigiles à fermer les grilles du magasin pour mettre les clients à l'abri.
La vitrine du Zara a été cassée, obligeant les vigiles à fermer les grilles du magasin pour mettre les clients à l'abri. © FTV

C’est à ce moment, vers 16h30, que des casseurs s’en sont pris à plusieurs vitrines notamment celles des Galeries Lafayettes, du McDonald’s, Zara, et de la FNAC. Sur place 250 agents de forces de l’ordre étaient prêtes à intervenir. Et c’est à l’angle du cours d’Alsace Lorraine et de la rue sainte-Catherine que les tensions ont été les plus vives. Au total, trois personnes ont été interpellées pour des dégradations.
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