Dissolution de l'Assemblée nationale. "L'histoire nous jugera extrêmement durement" : la gauche appelle au rassemblement

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À l'annonce de la dissolution de l'Assemblée Nationale, succède l'organisation d'un nouveau scrutin. En Gironde, les forces de gauche réagissent au "coup de poker" du président Macron et appellent au rassemblement.

Les résultats des élections européennes en Gironde ont été à l'image de ceux sur le territoire national, une vague bleu marine sans précédent. Cette même vague, qui a poussé Emmanuel Macron à dissoudre l'Assemblée Nationale hier soir. Une décision majeure qui rebat les cartes et de nouvelles élections législatives à venir les 30 juin et 7 juillet. 

"Un enfant capricieux qui casserait le jouet de la République"

Jean-Luc Gleyze, le président socialiste du Conseil départemental de la Gironde, a le verbe haut, à la mesure de la stupéfaction qui l'a saisi dimanche soir, à la suite de la décision du Président de dissoudre l'Assemblée. Un geste qu'il qualifie de "réaction d’un enfant capricieux, qui casserait le jouet de la République"

Si certains qualifient cette décision de coup de poker, pour lui, il n'en est rien. "Un coup de poker signifie que l’on a des cartes en main et que l’on a une stratégie suffisamment solide pour gagner la partie à l’issue."  Selon l'élu socialiste, "nous sommes plutôt dans la roulette russe, car il y a une part énorme de hasard."

Le risque de faire entrer le Rassemblement National à Matignon est démesuré, estime-t-il. "Le RN ne mettrait pas simplement les pieds dans la porte : il entrerait pleinement dans une position gouvernementale".

Peut être que la stratégie du Président est d’espérer que la cohabitation se passera mal et que le Premier ou la Première ministre démontrera son incapacité à gouverner. Moi je pense que la part de risque est énorme.

Jean-Luc Gleyze

Président du Conseil départemental de Gironde

Ce lundi soir, un Conseil fédéral du PS va tenter de poser les premiers jalons afin de "consolider les positions de gauche au niveau des députés qui préexistent et ensuite voir s'il est possible de gagner quelques circonscriptions supplémentaires". L'objectif est défini :  faire peser une "voix alternative, avec une vision de société différente de ce qu’est le RN". 

"Dès la fin de semaine, toutes les décisions doivent être déposées", insiste Jean-Luc Gleyze. Selon ce dernier, le critère de choix des candidats est simple : celui "qui a le plus de chances de gagner" sera choisi.

"Un appel pressant à agir avec responsabilité face à l'histoire" 

Pierre Hurmic, Maire EELV de Bordeaux, a choisi de réagir tout de suite en publiant rapidement une réaction sur les réseaux sociaux dimanche soir. 

Évoquant le score sans précédant pour l'extrême droite en France et en Europe, il appelle à une mobilisation de tous : "Nous devons considérer ces résultats comme un appel pressant à agir avec responsabilité face à l'histoire". 

Doit éclore une nouvelle majorité de gauche, écologiste et républicaine, capable d'opposer à la tentation du repli, un nouvel horizon d'espérance.

Pierre Hurmic

Maire EELV de Bordeaux

"On vit un moment d’histoire d’une gravité inédite"

Même tonalité pour Nicolas Thierry, Député EELV de la 2ᵉ circonscription de Gironde. L'heure est à la mobilisation maximale des électeurs certes, mais des politiques surtout. Assailli toute la soirée et la nuit de messages d'administrés, le député écologiste fait part de cette angoisse légitime. "toute la nuit, les messages sont tombés". Car selon lui, "On vit un moment d’histoire d’une gravité inédite". 

On est au pied du mur du Rassemblement national. Il faut être à la hauteur.

Nicolas Thierry

Député EELV de la Gironde

Concernant la dissolution en elle-même, le député assure la comprendre. "On ne l'attendait pas là ce soir, à quelques semaines des Jeux olympiques. En même temps, le revers est tel pour la majorité que ça semble évident." Pour l'élu écologiste, cela va permettre de "redonner la parole aux français".

Au-delà du bilan de la présidence Macron, Nicolas Thierry se fait dur avec sa propre coalition et évoque la responsabilité de celle-ci. 

Le plus grand risque qui peut reposer sur la France et la démocratie, c’est la gauche qui en porte la responsabilité, si elle n’est pas à la hauteur des enjeux.

Nicolas Thierry

Député EELV de la 2eme circonscription de Gironde

Celui qui s'est toujours prononcé en faveur de la NUPES et d'une coalition de gauche sur un front commun, reprend les propositions de François Ruffin et son appel à un front populaire :"Si on n'est pas capables de créer une coalition de porter un programme alternatif et d’ouvrir d’autres horizons que ce que propose le Rassemblement national, là, il y a un réel risque. L’histoire nous jugera extrêmement durement et de manière légitime"

"Politique de la terre brûlée"

Pour Loïc Prudhomme, député LFI de la 3ᵉ circonscription de Gironde, dimanche, l'heure était à la sidération et à l'incompréhension. "Le président a créé un chaos politique sans précédant dans le pays. Plutôt que de démissionner, il démissionne l’Assemblée Nationale, note-t-il, avant d'évoquer sa propre " sidération face à cette Inconséquence de cette politique de la terre brulée". 

Mais le plus important aujourd'hui reste la mobilisation de la gauche. "Il faut gagner ces élections législatives : la gauche doit remporter ces élections. On ne peut pas imaginer le rassemblement national gouverner demain le pays."

C’est notre responsabilité face à l’irresponsabilité du pouvoir

Loïc Prudhomme

Député LFI de la 3e circonscription de Gironde

L'élu Insoumis espère réitérer le score de 2022, et de "remporter en nombre de voix les élections." Il évoque le retour de la NUPES. "On peut l’appeler Front populaire, on peut l’appeler union de la gauche. Ce qui est important, c'est la clarté du message que nous pourrons apporter auprès des électeurs."

Face à la campagne "express" qui s'organise, le message est clair "Dès vendredi, on est en ordre de bataille et de campagne pour ne pas lâcher un seul centimètre au rassemblement national", maintient-il.

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