Elections régionales en Nouvelle Aquitaine : huit candidats déclarés pour une campagne inédite

Trois femmes et cinq hommes devraient s'affronter au scrutin des régionales, fin juin. Le président sortant, le socialiste Alain Rousset, officialisera sa candidature à un cinquième mandat mardi 20 avril.  Qui sont-celles et ceux qui briguent la plus vaste région de France ?

L'Hôtel de Région Nouvelle Aquitaine à Bordeaux
L'Hôtel de Région Nouvelle Aquitaine à Bordeaux © F3 Nouvelle Aquitaine - V. Dubroca

À 70 ans, le socialiste Alain Rousset est le doyen des présidents de Région. Sa candidature a un cinquième mandat a été officialisée mardi 20 avril lors d'une conférence de presse. Il a présenté à cette occasion une plate-forme de concertation citoyenne. 
Alain Rousset a déjà choisi sa directrice de campagne, Laurence Rouède, conseillère régionale et première adjointe au maire de Libourne en Gironde.

Alain Rousset dans son bureau à l'Hôtel de Région à Bordeaux.
Alain Rousset dans son bureau à l'Hôtel de Région à Bordeaux. © Alban Gilbert

Après 23 ans de mandat à la tête de l'Aquitaine puis de la Nouvelle Aquitaine, il devrait affronter sept candidates et candidats fin juin, dont l'un de ses vice-présidents : Nicolas Thierry, 45ans, a été désigné tête de liste Europe-Écologie-Les Verts, soutenu par Génération.s de Benoît Hamon. 
Actuellement en charge de l'environnement et de la biodiversité à la Région, l'élu espère surfer sur la percée des écologistes aux municicipales de juin 2020 dans de grandes villes comme Bordeaux ou Poitiers.

Nicolas Thierry, tête de liste Europe Ecologie Les Verts aux Régionales de juin
Nicolas Thierry, tête de liste Europe Ecologie Les Verts aux Régionales de juin

Une gauche dispersée

C'est donc une gauche désunie qui briguera la plus vaste région de France et ses six millions d'habitants. En tout cas au premier tour.

A gauche toute, on trouve Clémence Guetté.
La Poitevine de 30 ans défendra les couleurs de la France Insoumise. Responsable du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2022, elle a conclu un accord pour les Régionales avec l'ex-candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste à la dernière présidentielle, Philippe Poutou, aujourd'hui élu municipal à Bordeaux.

Clémence Guetté, la France Insoumise, candidate aux élections régionales
Clémence Guetté, la France Insoumise, candidate aux élections régionales © France Télévisions

A l'extrême gauche, Lutte Ouvrière a aussi annoncé sa tête de liste aux Régionales.
Comme en 2015, il s'agit de Guillaume Perchet. Cet électronicien girondin de 48 ans était également candidat aux muncipales de 2020 à Mérignac en Gironde. Il défend, explique-t-il, les idées communistes et révolutionnaires depuis ses 18 ans.

Guillaume Perchet déjà candidat Lutte Ouvrière aux régionales de 2015
Guillaume Perchet déjà candidat Lutte Ouvrière aux régionales de 2015 © FTV

Le Parti Communiste fera lui alliance avec les socialistes, contrairement au scrutin régional de 2015.

Des figures régionales à l'extrême-droite, à droite et au centre

A l'autre extrémité de l'échiquier politique, le Rassemblement national a désigné Edwige Diaz tête de liste. Conseillère régionale depuis 2016, la déléguée départementale du RN en Gironde est âgée de 33 ans. C'est une figure montante du parti d'extrême droite. Aujourd'hui membre du bureau national du RN, elle n'était que simple adhérente du parti de Marine Le Pen en 2012.
Aux dernières municipales, elle avait joué l'alliance avec l'ancien maire UMP de Saint-Savin-de-Blaye en Gironde pour tenter de battre, en vain, le socialiste sortant Alain Renard.

Edwige Diaz, leader du Rassemblement National en Gironde.
Edwige Diaz, leader du Rassemblement National en Gironde. © France 3

Les municipales lui ont laissé un goût amer. 
Battu en juin dernier par le Vert Pierre Hurmic, Nicolas Florian 51 ans est tête de liste Les Républicains. Conseiller régional depuis 2010, il tentera de rebondir après avoir perdu la mairie de Bordeaux alors aux mains de la droite depuis 73 ans. Désigné mi-février par la commission nationale d'investiture du parti, sa candidature s'est dessinée au fil des mois après son revers politique alors que d'autres noms de personnalités locales étaient évoquées pour porter les couleurs de LR.
Si l'ancien protégé d'Alain Juppé entend rassembler l'électorat de la droite républicaine, confiait-il au Figaro mi-février, il part sans la République En Marche, contrairement au second tour des municipales.

L'ancien maire de Bordeaux Nicolas Florian assure "être passé à autre chose"
L'ancien maire de Bordeaux Nicolas Florian assure "être passé à autre chose"

Le parti présidentiel LREM va en effet envoyer au front la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, la Landaise Geneviève Darrieussecq.
L'ancienne maire centriste de Mont-de-Marsan lance sa campagne. A 65 ans, cette protégée du patron du MODEM maire de Pau François Bayrou, a déjà été élue conseillère régionale à deux reprises.
Elle serait une sérieuse "challengeuse" d'Alain Rousset à en croire de fins connaisseurs de la vie politique régionale.

© Sébastien Muylaert - MaxPPP

A ces sept prétendants à la présidence de la Région Nouvelle Aquitaine, s'ajoute le conseiller régional sortant Eddie Puyjalon.
Elu sur une liste d'union avec la droite et le centre en 2015, âgé de 61 ans, il part seul à la bataille pour défendre les couleurs du parti qu'il préside, le Mouvement de la Ruralité, nouveau nom de l'ex CPNT,  Chasse Pêche Nature et Tradition. Il a reçu le soutien de Jean Lassalle et son mouvement Résistons.

Eddy Puyjalon, candidat tête de liste du mouvement pour la Ruralité
Eddy Puyjalon, candidat tête de liste du mouvement pour la Ruralité © Twitter Eddy Puyjalon

La certitude désormais acquise d'élections régionales en juin, ces candidates et candidats vont pouvoir se lancer pleinement dans la bataille.
Avec un premier défi de taille avant d'espérer briguer la Région : réussir à mener une campagne électorale en pleine pandémie et à convaincre des électeurs toujours plus nombreux à s'abstenir lors des précédents scrutins. 

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