Santé : fin d'été en tension aux urgences de Libourne : "on n'est pas à l'abri d'une erreur"

Les urgences de l’hôpital de Libourne ont subi une forte pression durant l’été. Entre la canicule et la fermeture des services d’urgences de Sainte-Foy-la-Grande, la situation est tendue et le manque de personnel n’arrange rien.

150 admissions en 24 h pour trois médecins titulaires... Les soignants n'ont pas une minute de répit et dans les couloirs de l'hôpital Robert Boulin, les patients... patientent !

Certains depuis longtemps, comme ce monsieur en chemise sur un brancard, "depuis 3 h 10..." mais les malades semblent, malgré tout, compréhensifs. Ils ont conscience que les soignants font ce qu’ils peuvent. 

Un autre patient, qui subit également cette attente, semble néanmoins bluffé par le dévouement des équipes.

Les dames (les infirmières, ndlr), elles sont d’une gentillesse extraordinaire, elles ont un dévouement extraordinaire. Je pense qu’elles ont une charge mentale qui est assez impressionnante.

Un patient

France 3 Aquitaine

Cet été à Libourne semble au-delà de ce qu'il est possible de connaître dans un hôpital. Plusieurs causes sont identifiées, en plus du contexte actuel, notamment la canicule, avec des températures avoisinant les 40°. 

Les urgences voisines de Sainte-Foy-la-Grande ont été fermées durant l’été, les patients se sont donc reportés sur celles de Libourne. "Les chaleurs récentes ont eu raison de nous, avec une population gériatrique dans les urgences qu’on a du mal à accueillir… Retours à domicile faits, je dirais, entre guillemets, de façon déraisonnée", témoigne le Dr Sewann Jeanne, médecin urgentiste.

Pour ces soignants, il ne faut pas que cette situation exceptionnelle dure au risque d'aller à l'encontre de leur mission de soin.

On n’est pas à l’abri d’une erreur ! Quand vous avez un médecin qui prend en charge plus de quarante patients, et des patients qui restent plus de 24 h dans un service d’urgences...

Anaïs Girard, cheffe du Pôle Urgences hôpital de Libourne

France 3 Aquitaine

Des urgences sous tension par manque de personnel. Il manquerait à l'hôpital de Libourne une soixantaine de médecins à temps plein.

L'ARS veut impliquer la médecine de ville. D'après Olivier Serre, le directeur général adjoint de l'Agence Régionale de Santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, "aujourd’hui les médecins libéraux et les praticiens hospitaliers travaillent ensemble de manière très concrète, il n’y a pas de situation de patients qui ne seraient pas pris en charge."

En attendant, la plupart des soignants qui ont assuré la surchauffe de cet été, vont poursuivre leur mission à la rentrée.