La guerre entre les supporteurs Ultramarines et la direction des Girondins de Bordeaux repart de plus belle

La principale association de supporteurs Bordelais, créée en 1987, entame une nouvelle offensive. Les Ultramarines dévoilent une série d'enregistrements où le président du club Frédéric Longuépée et le directeur de la stratégie commerciale Anthony Thiodet les mettent notamment en cause.

Le confinement à peine terminé, la tension remonte brutalement aux Girondins. Alors que le club se bat contre ses difficultés financières dans un secteur économique sinistré par la crise sanitaire, il doit faire face à un nouveau front. 
On se doutait bien que l'arrêt de la saison de Ligue 1 n'avait pas calmé la colère du remuant kop bordelais à l'encontre des décideurs du club et de leur stratégie commerciale. Le conflit est trop ancien pour se régler en quelques semaines.
Le poumon du stade Matmut Atlantique aujourd'hui et du Parc Lescure puis du stade Chaban-Delmas avant, souffle très fort depuis l'automne.

Un conflit de plusieurs mois


A l'origine, la vente des tarifs réduits dans le Virage Sud lors de deux matchs de Ligue 1 en septembre face à Brest et Metz. Sur la billetterie en ligne du club, ces places à prix réduits n'étaient plus disponibles à l'achat, alors qu'elles étaient ensuite inoccupées lors des matchs. Le club avait plaidé le bug informatique. Les Ultras y ont vu un coup marketing destiné à appater le client pour mieux lui vendre des billets plus chers.
Depuis, le Kop Bordelais, à tort ou à raison, est persuadé que Frédéric Longuépée et Anthony Thiodet ne veulent que des spectateurs au stade venus se divertir et pas des supporteurs qui ne laissent rien passer.
Pourtant les deux dirigeants ont, officiellement, toujours souligné le rôle majeur des Ultramarines dans l'ambiance au stade. 

Coup de force au Haillan et sécurité renforcée au stade


Le 29 novembre,
une centaine d'Ultramarines était venue faire une visite surprise et bruyante au Haillan sous les fenêtres du bureau de Frédéric Longuépée pour réclamer encore et toujours sa démission. Une délégation avait été reçue mais l'échange avait été très bref.

Le 2 décembre, le match Bordeaux-Nîmes avait été interrompu car ces supporteurs ne voulaient pas intégrer leur virage pour protester contre l'interdiction de déployer une banderole contre la direction. Ils avaient obtenu gain de cause après plusieurs minutes d'arrêt de la rencontre. 
Leur virage suspendu, les Ultras avaient été recasés le temps d'une rencontre dans une autre tribune, sous la surveillance étroite de plusieurs dizaines de stadiers extérieurs à Bordeaux, et de policiers. 
 

Longuépée et Thiodet mis en cause


Toute la saison, les Ultras ont continué à réclamer à chaque match ou presque la démission de Frédéric Longuépée, qui n'en a jamais eu l'intention.
Nouvel épisode ce lundi matin, sur les réseaux sociaux, la direction de l'association de supporteurs historiques, qui compte plusieurs milliers de membres et de sympathisants, a commencé à dévoiler une série d'enregistrements. S'ils ont été effectués et surtout diffusés publiquement sans l'accord préalable des personnes présentes, cette démarche est théoriquement passible de poursuites judiciaires. 
Ces bandes proviennent de réunions du conseil des membres, une entité qui regroupe certains supporteurs, qui se sont déroulées entre décembre et mars.
Dans ces enregistrements, on entend Frédéric Longuépée et Anthony Thiodet évoquer les Ultras Bordelais. 

Des menaces mais pas de plainte


Le directeur de la stratégie commerciale des Girondins indique ceci :
"c'est une infime minorité. On estime qu'aujourd'hui, c'est 15 ou 20 personnes qui font le bruit qu'ils font... On regarde les choses de près, sur les comptes twitters, machin truc. On arrive à obtenir les adresses IP". 
 
Si Anthony Thiodet a vraiment fait des recherches pour identifer les auteurs de certains tweets (les dirigeants des Ultras ne se cachent pourtant pas), c'est une bien curieuse pratique.
La loi est claire sur ce point: pour obtenir légalement une adresse IP, il faut qu'un juge intervienne auprès de l'hébergeur du compte, en l'occurence Twitter qui évalue ensuite si la demande est ou non légitime. 
Quant à Frédéric Longuépée, il reproche à certains Ultras de chercher son adresse à Bordeaux. "Ils tweetent le quartier où j'habite... J'ai des gamins qui emmerdent ma fille à l'école, qui ont mis des affiches, Longuépée démission..."
Anthony Thiodet, confie lui-aussi avoir fait l'objet de menaces : "on sait où tu habites".  Mais il n'a pas porté plainte, ce qui aurait pourtant probablement permis de retrouver le ou les auteurs présumés.
Si ces menaces sont avérées, elles sont graves. 
Mais les Ultramarines démentent fermement depuis plusieurs semaines après avoir franchi cette ligne jaune : "toute attaque contre la vie privée est intolérable: celle contre les familles, nous n'en parlons même pas. Jamais nous ne cautionnerons de tels actes, contre qui que ce soit".

"Victimisation, mensonges et calomnies"


Ils ont également  réagi aux propos de la direction : "les supporteurs historiques sont salis... C'est fallacieux et mensonger. Notre devoir est de rendre ces bandes publics avant de provoquer un électrochoc". 
Les Ultramarines, qui assurent être en possession de plusieurs heures d'enregistrement, précisent n'avoir jamais été invités à participer à ces réunions.

Pas de commentaire des Girondins


En début de soirée, le club bordelais, informé de la situation, a fait savoir qu'il n'avait pas prévu de répondre à la diffusion de ces enregistrements.
Prochain extrait, ce mardi matin.
 
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