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Comportement des visiteurs à Oradour-sur-Glane : “Tout manquement grave peut faire l'objet d'une plainte”

© André Abalo - France 3 Limousin
© André Abalo - France 3 Limousin

Après la mise en garde du Mémorial d'Auschwitz, le centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) rappelle les règles de bienséance à observer lors de la visite du village martyr. La municipalité affirme que tout manquement grave peut faire l'objet d'une plainte.  

Par Hélène Abalo

Après l'appel à la décence lancé par le Mémorial d'Auschwitz auprès des touristes et après notre article consacré aux clichés déplacés réalisés dans le village martyr et postés sur les réseaux sociaux ces dernières années, nous avons interrogé le maire d'Oradour-sur-Glane et le centre de la mémoire sur le comportement des visiteurs. 
 

1- Les sanctions

Il y a quelques temps, nous avons ainsi déposé plainte après la mise en ligne d'une vidéo extrêmement choquante 


"La mairie, en accord avec l'association des familles des martyrs d'Oradour n'hésitera pas à porté plainte en cas de manquement grave au respect des victimes et des lieux."  Philippe Lacroix, le maire de la commun est catégorique. "Même si, évidemment, nous tenons à la liberté d'expression.


Autre précédent : une plainte déposée par le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme en 2014 après la publication, sur le site internet de Dieudonné, d'une photo montrant deux hommes en train de faire des "quenelles" dans les ruines de l'église. 
 

2 - Des exceptions

"Un jour, j'ai surpris un couple en train de s'embrasser sur le parking. Évidemment rien ne l'interdit. Mais je me suis permis de leur dire que ce n'était peut-être pas le lieu idéal [...] Nous ne sommes pas à l'abri de maladresses, voire d'exactions, mais 98 % des gens qui visitent le village martyr se comportent de manière correcte", relativise Philippe Lacroix. 
 

3 - L'éducation

Lorsque nous recevons des groupes et notamment des groupes d'élèves, nous travaillons en amont avec les accompagnateurs. Nous leur disons comment encadrer ces jeunes lors de la visite. Nous avons une signalétique, des consignes.


"Nous savons bien que les visiteurs de l'été ne peuvent pas être habillés de la même façon que ceux qui fréquentent le site le reste de l'année. Néanmoins, une tenue correcte est exigée."

Nota bene : concernant les tenues ou certaines poses, ce n'est pas temps la longueur de la jupe ou les sourires qui peuvent choquer mais les légendes qui accompagnent parfois ces clichés : "Trop canon !", " On rigole comme des fous..."
 
 

4 - L'instantanéité

Nous comprenons le geste de vouloir immortaliser cette visite d'Oradour. La volonté de garder un souvenir de soi, dans les lieux.

Il n'est pas interdit de prendre des photos. Aujourd'hui, ces photos sont prises la plupart du temps avec un smartphone, une forme d'instantanéité, d'immédiateté, alors se pose la question de la diffusion et du  partage de ces photos sur les réseaux sociaux" analyse Stéphanie Boutaud.  
 

 5 - La prise de conscience

Depuis cet été, dans le lieu d'exposition du centre de la mémoire, les visiteurs peuvent découvrir les visages des victimes imprimés des plaques de céramique. Stéphanie Boutaud, du service éducatif du centre constate : "Depuis que ces victimes ont un visage, les comportements des visiteurs ont changé. C'est ce que nous disent les agents d'accueil. Comme s'il y avait une plus grande prise de conscience du drame qui s'est joué ici". 
 



 

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