Hôpital intercommunal du Haut-Limousin : fermeture estivale du service de soins de suite de Magnac-Laval

Publié le Mis à jour le
Écrit par Thomas Noa .

Congés, absences mais surtout manque de personnel, le service de soins de suite à Magnac-Laval vient de fermer ses portes au moins jusqu'à la mi-septembre. Un sujet brûlant dont les députés de l'opposition n'ont pas tardé à se saisir.

Des couloirs déserts, des lits inoccupés, le service de soins de suite de Magnac-Laval a fermé ses portes, le 5 août dernier, jusqu'à la mi-septembre, faute d'infirmières.

Depuis, les fenêtres du service de convalescence de l’hôpital intercommunal du haut limousin (HIHL) de Magnac-Laval sont closes. Manque de personnel, congés estivaux des soignants et absences, ont eu raison de ce service initialement composé de 27 lits.

Augmenter la capacité d'accueil dans les autres sites

Pour tenter de compenser cette fermeture et d'assurer une continuité des soins sur le territoire, les deux autres sites de ce groupement hospitalier intercommunal au Dorat et à Bellac ont, quant à eux, augmenté respectivement leurs capacités d'accueil de 4 et 13 lits. Depuis début août, 13 lits sont encore libres sur l'ensemble du réseau. 

Conditions de travail dégradées et crise de la vocation

Une pression supplémentaire pour les soignants toujours en poste, comme l'explique Nathalie Leroy, représentante du personnel.  

On est très souvent rappelés sur des repos, j'ai envie de vous dire que notre compteur d'heures, il explose ! 

Nathalie Leroy, représentante du personnel de L'HIHL

Pourtant, malgré la fatigue et le stress, hors de question pour elle de quitter le navire : " On revient, on reste parce que les patients et les résidents sont là, [ils] ont besoin de nous ! " Mais si certains restent coûte que coûte, ces conditions de travail dégradées sont à l'origine d'une crise des vocations. " Le salaire n'est plus du tout attirant, les conditions de travail ne sont plus du tout attirantes : il y en a combien qui rentrent en école d'infirmière, et qui, dès la première année, abandonnent... ", constate Nathalie Leroy, pas très étonnée de ce choix au vue des stages et du " fossé qu'il y a entre la théorie et la pratique".

10 postes à pourvoir

Sur l'ensemble de l'HIHL, 10 postes d'infirmiers sont toujours à pourvoir sur une centaine au total. "Habituellement on a des demandes d'emploi, cette année on n'a eu aucune candidature pour le poste d'infirmier", constate le directeur de la structure, Arnaud David. Trois aides-soignantes en formation pour devenir infirmières sont revenues sur site, mais aucun nouveau candidat ne s'est signalé. Il en va de même pour les offres d’intérim, "qui n'ont pas été assouvies ou que de façon très ponctuelle pour un ou deux jours", développe Arnaud David.

Un sujet éminemment politique 

Loin de faire figure d'exception, la problématique de l'hôpital est devenue un sujet éminemment politique. 

Ainsi, les députés de l’opposition de gauche Damien Maudet et Manon Meunier, se sont rendus sur place pour échanger avec le personnel de la structure réuni ce samedi 6 août à la suite d'un appel du syndicat CGT.

"En prévision du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui va arriver bientôt, on veut recueillir les besoins et les attentes des soignants et soignantes, parce qu’on a vraiment l'objectif de porter leurs voix dans l'hémicycle.", explique Manon Meunier. Toujours selon la députée, cela permettra d'évaluer leurs besoins au vue des nouveaux financements attribués à l’hôpital public . 

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