Limoges : face à la flambée des prix des matières premières, les restaurants s'adaptent

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Écrit par Colyne Rongere .

La vie coûte de plus en plus cher. Les carburants, le gaz, l’électricité, mais également de nombreux produits alimentaires. Les restaurateurs sont confrontés à une hausse des prix leurs fournitures, qu'ils sont parfois obligés de répercuter sur leurs cartes. Exemples à Limoges.

À chaque passage en caisse, c'est le même constat : les prix ne cessent d'augmenter. Faire le plein d'essence, de courses ou encore aller au restaurant. En cause, la flambée des prix des matières premières.

Des restrictions sur l'huile de tournesol

Pour anticiper, certains Français prennent leurs précautions : exemple ces dernières semaines avec la disparition soudaine de l'huile de tournesol des étales des supermarchés. Si le conflit en Ukraine persiste, partout en France, les prix de l'huile de tournesol pourraient battre des records, jusqu'à +50 %. En effet, l'Ukraine et la Russie représente plus de 70 % des volumes de production de graines et d'huile de tournesol.

Le 14 mars dernier, pour permettre aux professionnels de continuer à s'approvisionner, le grossiste METRO France a choisi de "limiter la vente d'huiles de tournesol à 50 Litres par client et par jour", soit l'achat moyen des clients restaurateurs de l'enseigne. Autre produit restreint à la vente : la mayonnaise (2 sceaux de 5 kilos par client et par jour).

Chez les restaurateurs, l'impact de la crise en Ukraine est immédiat. Dans cette enseigne de fast-food de Limoges, les frites accompagnent chaque plat. Des dizaines de kilos par jour, sans compter l'huile nécessaire à la cuisson. 

Ici, les prix de tous les ingrédients ou presque ont connu une augmentation. Contrairement aux particuliers, les professionnels ont difficilement pu prévoir une telle situation. "Tout a augmenté, nous rencontrons même des problèmes d’approvisionnement sur certains produits, comme le poulet, à cause de la grippe aviaire, la farine a augmenté avec les céréales, l’huile n’en parlons pas." confie Vincent Magne, gérant de l'enseigne limougeaude.

Des nouvelles pas si mal digérées

Résultat : les prix des produits à la carte ont augmenté de 5 à 10 %. Une nouvelle que les clients n'ont pas trop de mal à digérer. "Je trouve cela normal. Ils travaillent à perte. À nous d'y aller moins souvent", confie une première cliente.

"Sur une baisse d'une dizaine de centimes, on ne le voit pas. Si ça avait augmenté de cinq euros, on l'aurait vu, je pense, oui", témoigne cet autre client.

Et les relais routiers ?

À quelques kilomètres, même problématique dans cet autre restaurant. Les prix des matières premières augmentent, mais hors de question pour la gérante d'augmenter ses prix. En effet, ses principaux clients sont des chauffeurs routiers. Ils ont un forfait à ne pas dépasser. "Si le prix augmentait, on prendrait un autre plat, peut-être qu'un seul plat pour réduire le budget, voire même manger dans la cabine", confie un client.

Certains auraient déjà changé leurs habitudes, "les gens s'organisent sur la route, avec une glacière ou des frigos, ils se font leur repas eux-mêmes".

Après la crise du covid, nouveau coup dur pour le milieu de la restauration qui n'a pas fini de manger son pain noir.

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