19 chefs de services du CHU de Limoges prêts à démissionner

La décision des médecins du CHU a été expliquée ce matin lors d'une conférence de presse à Limoges. / © Valérie Agut
La décision des médecins du CHU a été expliquée ce matin lors d'une conférence de presse à Limoges. / © Valérie Agut

Plus de 1 000 médecins français ont signé une pétition et menacent d'abandonner leurs fonctions administratives pour dénoncer le manque de moyens des hôpitaux. Au CHU de Limoges, 19 chefs de services participent à cette contestation inédite. Ils se sont expliqués ce mardi 14 janvier.

Par François Clapeau

Ils dénoncent un important manque de moyens et d'effectifs dans les hôpitaux publics : 19 chefs de service du CHU de Limoges menacent de quitter leurs fonctions administratives.

Ce mardi 14 janvier, lors d’une conférence de presse, le docteur Sylvain Palat, responsable 87 du collectif Inter-Hôpitaux,  rappelait l’origine de la mobilisation : austérité budgétaire, réductions de personnels, précarisation des soignants. Ils dénoncent une logique financière au détriment du soin. Ces médecins, attachés à l'Hôpital public, parlent d'une politique à court terme et d'hôpital-entreprise.
 
 

Pénurie


Pour les signataires, l'hôpital est aujourd'hui passé "de l'austérité à la pénurie".

Le Dr Joël Brie est chef du service chirurgie maxillo-faciale, réparatrice et stomatologie au CHU de Limoges. 
En 10 ans, une aile complète de son service a fermé ; cela représente 25 lits d'hospitalisation. 

 

Tribune

Le 15 décembre dernier, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, 660 médecins hospitaliers brandissaient la menace d'une démission. Ce chiffre a ensuite grossi, pour dépasser le millier.

Concrètement, les médecins ne vont pas arrêter de soigner les patients ; mais ils ne communiqueront plus avec leur administration.
 

Des annonces jugées insuffisantes


Les chefs de service n’ont pas été convaincus par les mesures avancées en novembre dernier par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, dans un plan conçu pour redonner "oxygène" et "attractivité" à l'hôpital. Ils les jugent très insuffisantes.

Agnès Buzyn semble pourtant considérer que l’effort du gouvernement est déjà important. Elle expliquait ce lundi 13 janvier sur France info :
"Je suis en action pour améliorer la situation de l'hôpital public. Nous reprenons 10 milliards de dette sur trois ans, pour réinvestir dans l'hôpital public : dès ce mois-ci les personnels soignants verront des concrétisations dans leur quotidien de travail."

De leur côté, les médecins réclament une revalorisation significative des salaires pour améliorer l’attractivité de l’hôpital public.
Ils veulent aussi une rallonge de 600 millions d’euros pour les hôpitaux en 2020, et une refonte de la gouvernance des hôpitaux.
 

Négociations


Aujourd’hui, la demande du collectif est claire :
"Nous avons pris en toute responsabilité la décision inédite de démissionner collectivement de nos fonctions ou mandats si des négociations ne sont pas engagées."
 

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