Chantier de la passerelle sur l'A20 à Limoges : "L'erreur reconnue et assumée par le prestataire"

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Écrit par Franck Petit et François Clapeau

La société Eiffage assumerait l'entière responsabilité du fiasco du chantier de la passerelle de la Bastide selon Guillaume Guérin, président de Limoges Métropole. L'autoroute a rouvert, mais le pont restera en l'état pendant tout l'été.

Evidemment, l'affaire est très sensible pour une entreprise de renommée internationale qui a réalisé 18,1 milliards de chiffre d'affaires en 2019. Si sensible que dès le surlendemain de l'incident qui a conduit à l'interruption du chantier de la passerelle de la Bastide, le directeur général d'Eiffage Métal France en personne s'est déplacé à Limoges.

Sur les causes de la chute du vérin hydraulique, Thierry Wolkiewiez s'est montré très discret : "En interne, on commence à avoir une bonne idée de ce qui a conduit à cet incident. On est toujours en phase d’investigation et on ne veut pas encore révéler ce qui s’est passé. Mais on en sait assez pour que ça ne se reproduise pas."

Guillaume Guérin, président de Limoges Métropole, confirme la responsabilité évidente du prestataire. L'erreur aurait été reconnue et serait aujourd'hui assumée par Eiffage.

Plusieurs sources nous confirment ce qu'a pu être le scénario du 21 juin au soir. Vers 22h30, les deux ingénieurs responsables du chantier se seraient absentés. Un technicien aurait alors manipulé la commande faisant bouger le pont d'une manière inappropriée. C'est à ce moment que le vérin aurait chuté.

Contacté par nos soins à plusieurs reprises depuis le début de cette semaine, le service communication d'Eiffage n'a ni infirmé, ni confirmé ces faits.

Expertise éclair

L'autoroute A20 a pu rouvrir le mercredi 5 juillet 2022 à partir de 18 heures après que le Cerema, organisme de référence pour ce type d'infrastructure, a certifié que la passerelle ne risquait pas de s'effondrer.

Fabienne Balussou, préfète de la Haute-Vienne, précise que le Cerema a travaillé en un temps record : "Il faut deux à trois mois pour obtenir une expertise. On l'a demandée le mercredi soir, et ils sont intervenus le jeudi après-midi. Le Cerema met ensuite entre 24 et 48 heures pour conduire des analyses une fois que les dossiers sont remis. Là, il a fallu moins d’une journée."

Prise au vent

Il manquait des pièces à ce dossier pour que les ingénieurs puissent se prononcer. Il a fallu quelques jours à Eiffage pour les produire. Les documents relatifs à la solidité des pylônes et à la prise au vent d'un ouvrage qui penche désormais à 8% étaient incontournables. 

Le chantier devrait rester en l'état pendant tout l'été afin que l'axe structurant de l'A20 ne soit pas à nouveau bloqué. Le maire de Limoges s'en réjouit.