Coronavirus et Bac 2020 : l'inquiétude des lycéens de Haute-Vienne

© Vincent Isore / MAXPPP
© Vincent Isore / MAXPPP

En cette période de confinement, pas facile de réviser le baccalauréat. Les lycéens de Haute-Vienne s’organisent comme ils le peuvent face à un examen dont ils ne connaissent pas encore la forme finale. Certains participent même aux négociations avec le gouvernement à ce sujet. 

Par Robin Spiquel

Alors qu’ils ont jusque minuit, ce jeudi 2 avril 2020,  pour valider leur choix d’orientation sur Parcoursup, les lycéens s’inquiètent aussi de la tenue du Baccalauréat. En plein confinement, les cours se poursuivent tant bien que mal. 

Mais le retard sur les programmes se creuse, et tous les lycéens n’ont pas la possibilité de suivre leurs cours sur Internet. 

Déconcentration et inquiétudes

Pour Manon, en terminale littéraire à la cité scolaire Limosin à Limoges, la présence d’un professeur est primordiale. Pour apprendre, elle a besoin d’entendre. 

Le problème, c’est que ses professeurs ne proposent pas de cours en audioconférence, uniquement du travail sur documents et des exercices à rendre. 
 

C’est assez difficile pour moi. Alors je me suis débrouillée pour pouvoir suivre des cours en visioconférence donnés par un professeur d’un autre lycée.


Autour d’elle, beaucoup de ses camarades sont tout aussi perdus. Difficile de se motiver et de se concentrer lorsqu'on est confiné à la maison avec sa famille. Un contexte qui favorise le stress des élèves. À quelques semaines de l’examen, elle ne voit pas comment les épreuves pourraient être maintenues dans leur forme classique

Avec une amie des Jeunesses Syndicalistes elle se demande ce qui serait le plus juste. Maintenir les épreuves ? Seulement une partie ? Ou bien se baser sur le contrôle continu ? 
 

Moi, j’ai un bon dossier, je serais favorisée par le contrôle continu. Mais certains comptent sur l’examen final pour se rattraper.


Comme beaucoup d'autres, Manon est dans le doute. Pendue aux annonces du gouvernement. 
 

Des lycéens impliqués 


Maxime, lui, est en Terminale S au lycée Paul Eluard de Saint Junien. Il tente d’agir sur la forme qu’aura ce baccalauréat 2020. Avec plusieurs membres du Conseil National de la Vie Lycéenne, il a participé hier à une rencontre avec Jean Michel Blanquer. 

Un entretien consultatif de 3 heures au cours duquel le ministre de l'Éducation nationale a répondu aux nombreuses questions des représentants de lycéens, mais aussi écouté leurs propositions. 
 

Ce qu’il en ressort, c’est qu’il faudra passer par le contrôle continu. Nous, on propose un recours total à ce mode d’évaluation.


Au nom du Conseil Académique de la Vie Lycéenne (CAVL) de Limoges, Maxime a remis à M. Blanquer une proposition détaillée pour l'organisation des examens. Il préconise la suppression des épreuves et un recours total au contrôle continu. 
 
 

Un recours total au contrôle continu préconisé 


Parmi les propositions du CAVL de Limoges : la conservation des notes des épreuves anticipées, la prise en compte des moyennes sur l’année de terminale et de première pour les autres matières et le recours à des notes de compétences pour lisser les écarts de notations entre les établissements.

Le contrôle continu est selon eux la meilleure manière d'évaluer réellement le niveau des lycéens.
 

C’est une proposition sur laquelle nous sommes soutenus par une grande majorité de lycéens de l’Académie. 

 


Le document est désormais sur le bureau du ministre de l'Éducation nationale. Ce dernier devrait se prononcer sur les modalités d’organisation du baccalauréat 2020 dans les prochains jours. Ecoutera-t-il les demandes de Maxime et ses camarades ? 


 

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