Covid et colère des enseignants en Occitanie : grève très suivie, cortèges fournis et soutien des parents

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Écrit par Valérie Luxey avec Esmeralda Terpereau, Camille Astruc, Elsa Panadès , Michaël Florès, Denis Clerc et François Jobard
Pancarte dans la manifestation des enseignants contre la multiplication des protocoles sanitaires anti-Covid à l'école à Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 13 janvier 2022
Pancarte dans la manifestation des enseignants contre la multiplication des protocoles sanitaires anti-Covid à l'école à Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 13 janvier 2022 © Michaël Flores, France 3 Occitanie/Pays Catalan

Comme dans toute la France, le mouvement de grève contre la désorganisation dans l’Education provoquée par les changements de protocoles sanitaires anti-Covid mobilise fortement les enseignants d’Occitanie. De nombreuses écoles sont fermées. Etat des lieux à Béziers (Hérault), Caissargues (Gard) et Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Ce jeudi 13 janvier, de nombreuses écoles sont restées fermées et plusieurs manifestations ont eu lieu en Occitanie contre la désorganisation provoquée par les changements incessants de protocoles sanitaires dans l’Education.  

Près de mille manifestants à Perpignan

Les Catalans ont ouvert le bal des défilés ce matin avec un cortège de 800 à 1500 personnes dans les rues de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Selon les syndicats, les portes de la moitié des établissements primaires sont closes et 75% des personnels sont en grève. Un ras-le-bol que résume Jérôme Guy, co-secrétaire départemental du syndicat SNUIPP 66. 

C’est du jamais vu. Cela montre vraiment le niveau de fatigue et d’usure face au mépris de ce ministre, qui n’arrête pas en plus ! Sa dernière provocation a été de dire qu’on faisait grève contre le virus. C’est complètement inacceptable !

Jérôme Guy, co-secrétaire départemental du syndicat SNUIPP 66

Les chiffres avancés par les syndicats diffèrent cependant de ceux rapportés par le Rectorat pour l'Académie de Montpellier : 42,97% de grévistes dans le premier degré, 29,76% en collèges, 16,46% en lycées et 12,59% en lycées professionnels.

A Montpellier, où la manifestation qui s'est élancée en début d’après-midi a réuni près de 2000 mécontents, les professeurs du secondaire (collèges et lycées) étaient cependant très présents, avec quelques élèves à leurs côtés. Parmi eux, Flora et Fanny, en classe de seconde au lycée Clémenceau de la ville, rencontrées par Thierry Will et Valérie Banabera, à qui elles ont dit leur lassitude face au nombre de cas positifs qui perturbent le fonctionnement de leurs cours.

 A Caissargues (Gard), les parents solidaires

Dans le Gard, ce sont environ 600 protestataires qui ont défilé pour dire leur colère contre le ministre de l'Education nationale.

Près de 200 des 550 écoles du département étaient fermées ce jeudi. Sur la commune de Caissargues, qui compte quatre écoles, la situation était symptomatique de l’état de la mobilisation. Si le groupe scolaire du Clos Mirman est fermé avec 100% des enseignants de l’élémentaire et 50% de ceux de la maternelle grévistes, en revanche l’école Cambourin n’est pas touchée par le mouvement.

 

Ce qui n’empêche pas les parents d’élèves de cet établissement d’être solidaires des doléances du corps enseignant. Interrogée par nos reporters Esmeralda Terpereau et Camille Astruc, une mère de famille  nous a dit se sentir solidaire.

C’est vrai que c’est plutôt un soulagement de pouvoir mettre ma fille à l’école mais on aurait compris si les enseignants avaient fait grève et on aurait respecté leur mouvement. Ici, on n’a pas eu de cas, ni à faire tester nos enfants, mais ça peut arriver demain, après-demain et c’est vrai que c’est un parcours difficile avec un test tous les deux jours.

Mère d'une élève de l'école Cambourin de Caissargues (Gard)

Incompréhension des nouveaux protocoles

Même son de cloche chez deux papas qui "même si ça nous permet d’aller au travail", expliquent que "ce que vivent les profs, c’est aussi ce que vivent les parents, on est un peu dans le même bateau. Ce qu’on ne comprend pas bien, c’est qu’avant il y avait peu de cas positifs et on fermait les classes, et maintenant il y en a beaucoup et on ne les ferme plus ! On les soutient à fond, ils ne font pas ça pour nous embêter".  

Pour les mairies, le casse-tête de l’accueil minimum

Cette attitude compréhensive sauve un peu la journée de Sandrine Famery, l’adjoint au maire de Caissargues déléguée à la jeunesse. Car elle n’est pas parvenue à mettre en place le service minimum d’accueil des enfants, le prestataire en charge des loisirs et du périscolaire étant dans l’incapacité de trouver du personnel.

De nombreux animateurs sont covidés ou cas contact. Par ailleurs, le protocole nous impose de ne pas brasser les élèves, donc il fallait absolument un adulte par classe pour 2 à 3 enfants. Et côté mairie, nous étions également dans l’incapacité de prendre le relais.

Sandrine Famery, adjointe au maire de Caissargues déléguée à la jeunesse

C’est la première fois que la commune se retrouve dans une telle situation. Mais l’élue soutient elle aussi les enseignants grévistes "sur le fond mais peut-être pas sur la forme" et dénonce "un gouvernement d’amateurs".  

Grève et Covid, une situation inédite  

Dans l’Hérault, à Béziers aussi, la grève et la pandémie compliquent l’organisation du service minimum d’accueil, comme le précise Laurent Cutillas, le chef du service « action éducative ».

En période de Covid, on est obligés d’être encore plus vigilants sur la séparation des groupes entre maternelle et primaire, des groupes qu’il faut maintenir pour le repas de midi. Il faut aussi faire davantage respecter les gestes barrières, notamment le port du masque en extérieur.

Laurent Cutillas, chef du service « action éducative » à la mairie de Béziers

Mais avec seulement 26 inscrits (un chiffre conforme à ceux des autres journées de mobilisation), la ville n’a pas eu de difficultés à faire face.  

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