Covid 19 : la vaccination ralentit en Limousin

Si les chiffres poursuivent leur augmentation, le nombre de prises de rendez-vous diminue à l’approche de l’été. Ce n’est pourtant pas le moment de baisser la garde.

"Si à la rentrée on n’est pas dans un pourcentage suffisant, il y a un risque de reprise, c’est clair. II faut que les gens en prennent conscience." Pierre-Marie Preux, épidémiologiste
"Si à la rentrée on n’est pas dans un pourcentage suffisant, il y a un risque de reprise, c’est clair. II faut que les gens en prennent conscience." Pierre-Marie Preux, épidémiologiste © PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Du soleil (entre deux orages), des terrasses qui ouvrent, des masques qui tombent… Les taux d’incidence du Covid dans la région sont en baisse constante, le plus élevé est en Corrèze avec 16,2 nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine. 

L’épidémie de Covid semble s’éloigner avec l’arrivée de l’été. Ce résultat est probablement dû aux effets des restrictions prises lors de la troisième vague, à une saisonnalité du virus, mais aussi à la vaccination.

Plus de 30% de la population complètement vaccinée

241 457 : c'était le nombre de personnes totalement vaccinées en Limousin au 21 juin. 

La couverture vaccinale est desormais supérieure à 30% :

Des chiffres qui varient selon les tranches d'âges : 40% des 18-24 ans ont reçu une dose, et seulement 10% deux doses. 

On monte à 90% chez les personnes entre 70-80 ans, 80% pour deux doses. 

Mais dans plusieurs tranches d'âges, la vaccination semble atteindre un palier, un "plafond de verre" : 

 

Bernard Bertin, responsable de la santé à Limoges, constate un ralentissement au centre Jean Moulin : "On se rend compte qu’à partir du premier juillet, on a moins de rendez-vous pour la première injection".

Et il n’y a plus de listes d’attente pour d’éventuelles doses restantes en fin de journée ; il faut donc parfois faire preuve de détermination pour ne rien gâcher : "Pour l’instant, on a toujours réussi à passer les doses. On parcourt le parking du Cora pour trouver des personnes à vacciner. Mais on n’a plus d’appels de gens qui n’arrivent pas à trouver de rendez-vous."

Objectif : faciliter la vaccination

L’Agence régionale de santé est consciente de la problématique et va adapter son action. 

En principe, il est recommandé de recevoir ses deux doses de vaccin dans un même centre, pour des raisons simplement logistiques : le centre qui réalise l’injection propose le deuxième rendez-vous et prévoit le nombre de doses nécessaires. Mais pour faciliter la vaccination des personnes qui partent en vacances, le ministère de la Santé a décidé d’élargir l’intervalle entre les deux doses, il est maintenant fixé entre 21 et 49 jours, ce qui laisse le temps de rentrer. 

L’Agence Régionale de Santé de Nouvelle Aquitaine prévoit malgré tout de fournir aussi plus de doses sur le littoral et dans les zones touristiques comme la Dordogne.  

Pour les mineurs de 12 à 18 ans, la présence d'un parent n'est plus obligatoire le jour de la vaccination. Selon l'Assurance Maladie, "l’adolescent de moins de 18 ans peut venir accompagné de l'un de ses parents (ou titulaires de l’autorité parentale). Il s'agit d'une recommandation et non d'une obligation. En revanche, il doit impérativement présenter l’autorisation parentale à la vaccination contre la Covid-19 remplie et signée par les 2 parents pour se faire vacciner."

Convaincre

Il faut faciliter la vaccination, mais aussi convaincre de se faire vacciner.  

Selon l’ARS, en Nouvelle-Aquitaine, "près de 790 000 doses de vaccins vont être disponibles dans les centres de vaccination sur les deux prochaines semaines. Les professionnels de santé libéraux disposent à ce jour également de doses de Moderna, de Jansen ou d’AstraZeneca pour vacciner leur patientèle. Une réflexion est en cours pour faire évoluer le dispositif et mettre leur à disposition des vaccins Pfizer."  

Le CHU de Limoges propose une journée de vaccination sans prise de rendez-vous préalable ce jeudi 24 juin 2021 : "Les personnes peuvent se présenter directement au centre de vaccination, entre 9h et 17h, au 3ème étage du CHU Dupuytren 1". 
Des créneaux sont aussi disponibles au CHU pour les étudiants, les semaines du 21 et du 28 juin, du lundi au vendredi.

De son côté, le centre de vaccination de la Clinique Chénieux ouvre aussi ses portes sans prise de rendez-vous ce jeudi de 09h00 à 17h00.

L’ARS travaille également sur une grande campagne de communication. Il s’agit de mobiliser notamment les restaurateurs et les organisateurs de festivals. Il y aura aussi des médiateurs sur les marchés ou les brocantes dans les lieux touristiques. L'objectif est d’informer, mais aussi d’aider à prendre rendez-vous. 

Un risque de reprise épidémique ?

Selon les chiffres de l’épidémiologiste de l’Université de Limoges Pierre-Marie Preux, la baisse du nombre de primo vaccinés est en France de 30 %. 

Pour l’expliquer, il avance la piste des vacances : "Je me demande si ce n’est pas simplement que les gens sont inquiets pour la programmation des deux injections."

Mais surtout, cette tendance le préoccupe : "Le variant Delta (nouveau nom du variant dit Indien) est toujours là, et si à la rentrée, on n’est pas dans un pourcentage suffisant, il y a un risque de reprise, c’est clair. II faut que les gens en prennent conscience."

 

 

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