Covid 19 : le monde culturel limousin demande une position claire à Roselyne Bachelot

La ministre de la culture recevra bientôt les professionnels du monde du spectacle. En Limousin, artistes et producteurs  sont angoissés pour leur avenir à partir de septembre.
 
Ambiance à Brive Festival !
Ambiance à Brive Festival ! © Stéphanie Para
Le bluesman Bobby Dirninger ne cache pas son inquiétude. S’il a pu limiter les dégâts pendant l’été en jouant quelque peu en extérieur comme sur l’île d’Oléron, il est plus que pessimiste pour la rentrée. Les artistes vont devoir réintégrer leurs salles de spectacle :
 

J’engrange les dates de concert tant qu’on est en plein air. Après, je ne sais pas du tout de quoi sera fait mon avenir, même si les droits des intermittents ont été prorogés jusqu’en 2021.

Bobby Dirninger, bluesman

Bobby Dirninger fait partie de ces musiciens qui cachetonnent beaucoup dans les petits lieux de concert pour pouvoir garder leur statut d’intermittent. Or, ces petites scènes seront les premières à ne pas pouvoir rouvrir à cause des règles de distanciation dues à la Covid 19 :
 

Ces petits lieux à peine rentables et non subventionnés sont tenus par des gens passionnés de musique. Si on impose une réduction de la jauge pour des raisons sanitaires, ce sera très dur pour eux. Et puis c’est la promiscuité qui en faisait tout le charme …

Bobby Dirninger, Bluesman

durée de la vidéo: 03 min 32
Bobby Dirninger en concert

Alors certains artistes commencent à s’énerver, et à s’adresser directement à Roselyne Bachelot, à l’image de Jean Marc Sauvagnargues, dont l’un des producteurs est basé à Limoges. 
 
Message de Jean Marc Sauvagnargues à la ministre de la culture
 

Petits producteurs

Depuis 7 ans, Philippe Labrousse est à la tète de Kanopé productions à Limoges. Il trouve des dates de concert pour ses artistes, et organise lui-même des soirées.
 

En temps normal, je réalise 50% de mon chiffre d’affaire pendant l’été. En juillet-Août, je n’ai pu vendre qu’une vingtaine d’animation dans des bars.

Philippe Labrousse, producteur de spectacles


Philippe Labrousse fait partie de ceux qui demandent plus de clarté à Roselyne Bachelot, la toute nouvelle ministre de la Culture.
 
 

Si tout doit être à l’arrêt pendant 6 mois, qu’on nous le dise clairement. Et que le gouvernement prévoie alors des indemnisations.

Philippe Labrousse, producteur de spectacles


Le 23 octobre prochain, il organise le concert des  Fatals Picards à l’espace Crouzy de Boisseuil. Les règles actuelles l’obligeront à ne pas faire entrer plus de 200 spectateurs dans la salle pour une jauge de 950 personnes. Dans ces conditions, le concert ne peut pas être rentable et devra être annulé.

Car il sera impossible de payer les artistes, les techniciens, la billetterie ou encore la communication autour du spectacle.
 

On travaille depuis plusieurs mois pour des projets qui peuvent être remis en cause du jour au lendemain

Philippe Labrousse, producteur de spectacles
 

Opéra de Limoges

L’opéra de Limoges est largement subventionné. C’est une institution pour qui la catastrophe financière est moins importante que pour les producteurs privés.

Malgré tout, le manque de visibilité lié à la Covid 19 donne des sueurs froides à  Alain Mercier, le directeur.
 

Ma plus grande inquiétude est liée aux répétitions. Si l’un de nos artistes tombe malade, toute la production peut être remise en cause. On ne peut pas mettre un masque aux chanteurs, ni éviter l’effet aérosol des instruments à vent.

Alain Mercier, directeur de l'Opéra de Limoges

Le 1er septembre, l’opéra de Limoges présentera sa nouvelle saison à travers une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Alain Mercier demande des consignes claires à la ministre de la culture.
 

On se prépare à une saison très agitée.

Alain Mercier, directeur de l'Opéra de Limoges


Et puis le public osera-t-il revenir dans un endroit clos en période de Covid 19, même avec un masque. C’est une question à laquelle personne ne peut répondre pour l’instant.
 
L'inquiétude des acteurs de la culture en Limousin
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