Le Covid-19 ne décourage pas les apprentis en Limousin

Malgré le contexte économique incertain, la grande majorité des apprentis limousins arrivent à trouver des entreprises pour se former. Seul bémol : l’hôtellerie-restauration.

Un apprenti pâtissier.
Un apprenti pâtissier. © Bruno Levesque/IP3 PRESS/MAXPPP

L’an dernier, le confinement avait logiquement mis un coup d’arrêt à l’apprentissage en France : vingt-cinq mille jeunes, placés en chômage partiel entre le mois de mars et le mois de juin, avaient dû cesser leur travail,  selon l’institut supérieur des métiers.

Les apprentis ont pu retravailler chez leurs patrons dans des commerces ou des restaurants cet été et à la rentrée le nombre d’inscrits n’a pas faibli dans les centres de formation des apprentis (CFA).

« On s’attendait à un tassement mais nos effectifs ont augmenté » indique Michel Caillard, directeur du CFA des Treize vents à Tulle. « On a presque 550 apprentis, jeunes et adultes confondus » précise-t-il.

La formation de coiffure, dont certains ont pu mesurer l’importance de l’activité, lors du premier confinement a attiré du monde. « La petite différence est que les patrons ont davantage besoin de coiffeurs en brevet professionnel (BP), plus expérimentés que les CAP, le premier niveau » explique M.Caillard.

Aides de l’Etat

Pour relancer l’apprentissage, voie d'accès à l'emploi, qui était en plein essor ces dernières années, le gouvernement a décidé de lancer un plan l’an dernier. Une aide de 5000 euros est versée à l’entreprise qui accueille un apprenti, 8000 euros s’il est majeur.

Ces mesures ont pu inciter des chefs d’entreprise à faire confiance à des jeunes, dans les secteurs qui embauchent.

 

L’apprentissage résiste globalement bien pour cette année 2020/2021

Olivier Auroy, directeur du CFA académique du Limousin.

 

“Dans le bâtiment, nous enregistrons une hausse de 20 % des apprentis dans l’académie. Les secteurs technologiques, de la logistique et du tertiaire -médico social, relations clients- se portent bien en France et créent de l’emploi » précise-t-il.

Prolonger des contrats

Toutefois, un secteur est à la peine pour accueillir et former des jeunes dans de bonnes conditions : l’hôtellerie-restauration avec des hôtels désertés et des restaurants fermés.En juillet dernier, 230 offres de contrats d’apprentissage étaient disponibles en Limousin. « La plupart des offres ont été pourvues » assure M.Auroy « mais les apprentis se retrouvent dans un secteur sinistré ».

En Corrèze, « de nombreuses offres ne sont pas pourvues » indique M.Caillard. « Il y a bien la vente à emporter dans des restaurants mais plus de service. Les apprentis s’exercent dans notre restaurant école mais c’est limité ».

Aussi, les contrats seront prolongés d’un an pour permettre aux étudiants de réussir les examens, avec un maximum de pratique. Pour tous les apprentis, le taux d'emploi, c'est à dire la chance d'accéder à un poste sept mois après la fin de la formation, est bien meilleur qu’un cursus scolaire classique. Ce taux est de 84% pour un apprenti qui a obtenu un diplôme de niveau bac, contre 48% seulement pour un élève de même niveau formé par la voie scolaire.

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