Covid en Limousin : la recherche des cas contacts continue

Selon un décompte de la Direction générale de la santé, l’application StopCovid a été téléchargée 2,3 millions de fois, et seulement 72 personnes ont été notifiées de leur contact avec un malade. Un chercheur limougeaud spécialiste de la cryptologie considère que cet échec était prévisible.
 

Selon Olivier Blazy, chercheur à l’Université de Limoges spécialisé en cryptologie, il y a eu un important problème de communication autour de l’application StopCovid.
Selon Olivier Blazy, chercheur à l’Université de Limoges spécialisé en cryptologie, il y a eu un important problème de communication autour de l’application StopCovid. © France 3 Limousin
Même si l’actuel rebond des contaminations pourrait changer la donne, l’application StopCovid ne semble pas rencontrer jusqu’ici un grand succès.

Alors que son efficacité repose sur une large diffusion, seules 1.725 personnes l'ont utilisée pour se déclarer malade alors qu’on compte chaque jours quelques 6.000 nouveaux cas de Covid-19.

Olivier Blazy, chercheur à l’Université de Limoges spécialisé en cryptologie était l’invité de France 3 Limousin ce lundi 31 août pour réagir aux derniers chiffres de l’application StopCovid.
 
"Il y a eu une discordance entre la communauté scientifique et le ministre sur la sécurité de l’application." Olivier Blazy
"Il y a eu une discordance entre la communauté scientifique et le ministre sur la sécurité de l’application." Olivier Blazy © France 3 Limousin


Pour lui, ces résultats ne sont pas surprenants :
 

La raison principale, c’est un problème de communication autour de l’application. Il y a eu une grosse discordance entre la communauté scientifique et le ministre sur la sécurité de l’application.

Olivier Blazy



Selon le chercheur, le doute sur la sécurisation des données était trop grand : "A partir du moment où on dit aux gens que l’application est sûre et complètement anonyme, et que les scientifiques en face disent que ce n’est pas le cas, ça crée un sentiment de doute. Pour une application dont l’efficacité n’est pas prouvée, avoir une intrusion dans la vie privée, ce n’est pas rassurant."
 

Le "Contact tracing "continue


Dans les départements, les équipes de l'Assurance maladie restent mobilisées avec des brigades sanitaires.

Ce suivi concerne les personnes malades et les personnes contacts, avec au minimum 3 appels à J+3, J+9 et J+14 du dernier contact avec le malade.

L'objectif est de rappeler les consignes sanitaires, et de s’assurer de la bonne évolution de l’isolement.
Un accompagnement social ou médico-psychologique peut également être proposé.

 

Une solidarité nationale


En Haute-Vienne, sur les 7 derniers jours, 70 patients ont reçu un diagnostic positif. Ce sont essentiellement des jeunes : 75% ont entre 20 et 30 ans.
Chaque nouveau cas a entrainé une recherche de cas contacts.

Le dispositif mobilise dans le département 14 personnes par jour en semaine, et 8 le week-end.
En tout, 30 personnes formées sont mobilisables.
Mais le contact tracing n'a pas de limites géographiques : ce dimanche, 90 appels en provenance des Pyrennées-Atlantiques ont été traités à Limoges.

Même logique en Corrèze où la CPAM est restée mobilisée tout l'été malgré une forte baisse des contaminations.
Les agents du département ont soutenu leurs collègues de Mayenne, et même de Guyanne.
Désormais le nombre de cas repart à la hausse aussi dans la région, et les brigades sanitaires seront bientôt renforcées.

En tout, depuis le 16 mai, la plateforme de l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle Aquitaine a réalisé 36 625 appels.
 

Vigilance


Véronique Toulouse, la directrice de la CPAM de la Corrèze, remarque un relachement chez les patients contactés, parfois surpris d'avoir l'Assurance maladie au téléphone en plein week-end. 

Face à l'augmentation des contaminations en cours, elle rappelle à la population l'importance du port du masque et du respect des gestes barrières...
 
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