Droits des femmes : la lutte contre les discriminations et les inégalités toujours d'actualité

Depuis le mouvement Metoo, la parole des femmes s'est libérée mais les injustices persistent. Dans le travail, les inégalités entre les hommes et les femmes sont nombreuses : précarité, plafond de verre, sexisme. Ces femmes ont accepté de témoigner. 

© Colyne Rongère - France Télévisions

La discrimination, Magali de son nom d'emprunt, l'a subi de plein fouet, à plusieurs reprises. 
Au début de sa carrière, elle rejoint une équipe, majoritairement masculine. Là, elle conçoit des composants industriels. "Un jour, un collègue s'approche de moi. Je lui pose une question sur une pièce à concevoir, et là il me répond : 'tu n'as qu'à te la mettre dans la chatte'. J'ai été choquée par ça. J'étais jeune. Je ne savais pas réagir face à ça"

►VIDEO. Les témoignages recueillis par Margaux Blanloeil et Colyne Rongère pour France 3 Limousin. 

Condition féminine : la discrimination dans le monde du travail

Plus tard, Magali change de travail et elle est victime de sexisme une nouvelle fois. De la part de son directeur, lors d'une candidature interne. "Il me dit au téléphone 'Écoutez je ne vais pas investir sur une personne à risque. Si vous me demandez une mutation dans votre région pour rapprochement de conjoint, c'est que vous comptez faire un enfant donc hors de question que je vous prenne'. Et là tout s'est écroulé autour de moi. J'ai été choqué par l'aisance de cette personne à me discriminer en tant que femme."

Cette discrimination ralentit les évolutions de carrières des femmes et explique une partie des inégalités salariales. Selon l'OXFAM, les employeurs vont avoir tendance à privilégier l'embauche des hommes pour des postes à responsabilités, notamment du fait de la plus longue absence des femmes en congé maternité (16 semaines pour les femmes contre 28 jours pour les hommes à compter du 1er juillet 2021). 

L'allongement du congé paternité serait selon plusieurs syndicats et associations féministes, un levier pour rétablir ces inégalités. Mais en la matière, la France reste loin derrière ses voisins européens. L'Espagne a un congé parternité de 12 semaines et devrait passer à 16, la Finlande permet aux pères 9 semaines de congés et souhaite les allonger à 7 mois, la Suède offre 480 jours à répartir entre les deux parents dont 60 jours minimum réservés au père. 

Le sexisme peut parfois dépasser la violence psychologique. A Limoges, une mère célibataire, d'origine étrangère en a fait les frais. Un profil plus particulièrement touché par les injustices au travail selon l'Observatoire des inégalités. Aujourd'hui, celle que nous surnommerons Florence, entame une procédure judiciaire contre son responsable dont elle a été victime.  

"Ce jour-là, il voulait me taper, il m'est rentré dedans, il m'a pris par le col, il m'a enfermé dans la salle sans vouloir me laisser sortir. Je suis restée 15 à 20 minutes dedans.  Après, ils m'ont laissé sortir et il s'est moqué de moi."

© Colyne Rongère - France Télévisions


Au-delà de la violence, la discrimination à l'encontre des femmes commence par les salaires. Michèle travaille comme aide à domicile. Un emploi pénible, précaire, sous-payé. Sur 87 familles professionnelles, les femmes se concentrent dans 12. Comme tous ces métiers à prédominance féminine, ils sont souvent dévalorisés socialement et financièrement. "Peut-être qu'on ne devrait pas l'appeler aide à domicile. J'ai réfléchi à ce terme, il est assez handicapant parce que l'aide, ça veut dire qu'on est là un peu pour aider et pas pour travailler, comme si on n'était pas de vrais professionnels en quelque sorte."

Le métier d'aide-soignante fait aussi partie de ces professions dévalorisées. Selon l'OCDE et l'OXFAM, son salaire est parmi les plus bas d'Europe, près de 5% en deça du salaire moyen français. 

© France Télévisions

L'avocat, maître Richard Doudet, spécialiste en droit du travail, dit assister ces dernières années, à un retour des inégalités et de la violence au travail. Les femmes sont selon lui, les premières victimes. "Cette violence à l'égard des plus faibles, donc des femmes seules notamment, c'est le résultat du grignotage du code du travail. Par exemple, l'un des piliers du droit du travail, c'était la cause réelle et serieuse de licenciement. Aujourd'hui, on télécharge une rupture conventionnelle et on la signe sur un coin de table. L'employeur n'a plus à justifier." Il ajoute que "les réformes récentes enlèvent des droits aux plus petits et les petits chefs l'ont bien compris. Ils reviennent en petits dictateurs d'atelier et s'attaque particulièrement aux femmes dont ils savent en situation de fragilité. Pourtant, le droit du travail s'est construit contre ces chefs pour protéger les salariés de leurs comportements. Limoges par exemple, a connu en 1905 des grèves violentes contre les contremaîtres qui pratiquaient le droit de cuissage. Aujourd'hui, on voit le retour de dossiers qu'on n'avait pas vu depuis 20 ans.

Selon l'Insee, en France, les hommes gagnent 30% de plus que les femmes. Elles sont aussi moins présentes sur des postes à responsabilités : 40% des cadres, 29% des PDG. Selon des chiffres de 2019, un million de femmes travaillant à temps partiel voudraient travailler plus. En comparaison, cette situation concerne 386 000 hommes. 

 

 

 

 

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